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Pop et prises de becs.

La nouvelle fut annoncée récemment que le très populaire Ed Sheeran, qui devait prendre d’assaut le gigantesque Wembley Stadium de Londres en juillet pour un soir, ajoute deux dates consécutives à la première suite à une trop forte demande populaire. On sait qu’en 2007 ainsi qu’en 2011, Muse, également formation britannique, parvint à remplir le Wembley deux soirs enchaînés. Cependant, c’est la première fois que ce record a la chance d’être battu, cette fois par une popstar maintenant mondialement reconnue en ce jeune rouquin de talent.

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Néanmoins, là n’est pas le sujet de mon article, car je ne souhaite pas traiter de ma grande passion pour Ed Sheeran, semble-t-il qu’elle ait été égarée quelque part avant même de s’être emprise de moi. Ce qui m’a davantage intéressé dans cette histoire, c’est le commentaire de Noel Gallagher, qui n’a pas besoin de présentations, au sujet de ces trois méga-concerts dans une salle, souvenons-nous, à la capacité faramineuse de 80, 000 places.

D’un ton comme on le connaît railleur, le légendaire ex-leader d’Oasis s’est attaqué à Sheeran à l’aide de cette déclaration : «I don’t think I can live in a world where that’s even possible. When you hear that kind of polished pop and then there’s a ginger guy with a fucking guitar it seems subversive, but it’s fucking not. » Vu le succès qu’a remporté Oasis à ces heures de gloire, on ne peut attribuer ce commentaire à de la jalousie de la part de Gallagher. Par contre, il est possible de se demander si cette frustration n’est pas une forme de représailles due au fait que Sheeran avait finalement laissé tomber Gallagher pour un cocert-bénéfice pour le cancer il y a environ deux ans.

Cette petite querelle n’est pas la première qu’aura provoquée l’arrogant musicien. Celle-ci n’est d’ailleurs qu’un lien avec la question que m’a soulevé cette déclaration. Dans la citation plus haut, Gallagher parle de polished pop, en bon français de musique populaire polie. Semble-t’il qui considère qu’une trop grande attention est offerte à une musique qui s’apparente davantage à une industrie qu’à une volonté d’exprimer sa créativité par des mélodies. Le sous discours nous offre déjà plein de noms sur un plateau d’argent, je n’ai qu’à nommer les Taylor Swift, One Direction ou Ariana Grande de ce monde pour vous faire venir d’autres noms de pop stars à l’esprit.

Malgré le ridicule de la querelle, êtes-vous d’accord avec Gallagher? Êtes-vous de ceux qui croient que la pop bonbon qui régit nos plus populaires stations de radio constitue le principal mur qui bloque les multiples productions indie à se faire connaître. Il est du moins de mon avis que la tâche n’est certes pas facile pour ceux qui veulent faire de la musique différemment de s’affirmer sur une scène où on apprécie davantage la prévisibilité des structures musicales et la récurrence dans les mélodies.

Je terminerai néanmoins sur une note positive en disant qu’il est agréable de voir que, malgré le raz-de-marée de l’industrie de la musique pop ultra-radiophonique, la scène alternative nous offre chaque mois de nouveaux groupes et de nouveaux albums qui nous permettent de constater qu’il se fait encore, ici et à l’étranger, de l’excellente musique.

LE PARLEUR

Pour en apprendre un peu plus sur cette prise de bec entre les deux britanniques, voici quelques liens du magazine NME :

http://www.nme.com/news/noel-gallagher/82202

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/69386

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/82209?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=districts

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Dumas, éponyme pour une deuxième fois.

Il y a déjà plus de dix ans que l’auteur-compositeur-interprète Dumas a remporté le prix du festival de la chanson de Granby. Depuis, le Victoriavillois est parvenu à se réinventer à chaque parution dans une signature musicale bien à lui.

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Auparavant, j’avais accordé une attention passagère à Dumas, sans pour autant me plonger dans son œuvre avec la volonté d’approfondir celle-ci. C’est après l’avoir vu en spectacle à la Saint-Jean-Baptiste que je finis par décider de me concentrer un peu plus sur cet artiste déjà depuis longtemps respecté dans le milieu. Convaincu d’avance, je me suis donc procuré il y a quelques semaines, son plus récent album, deuxième parution éponyme pour le chanteur.

Vaudou, c’est ainsi que s’intitule la première pièce de celle album dont la pochette cama à saveur 8bit a tout pour se faire remarquer dans le présentoir à disques. Les musiques qui nous introduisent à ce dernier opus nous montrent que Dumas est en plein dans l’air du temps et parvient à exploiter des sonorités électroniques toutes sauf abusives.

Il va de soi, à l’écoute de l’album, que Dumas, malgré la réputation qu’il a de s’enfermer hermétiquement en studio lorsque vient le temps de réaliser un disque, n’ignore pas ce qui se fait ailleurs qu’au Québec. À mon avis personnel, cet album démontre, d’une autre manière que Jimmy Hunt ou Nevsky, qu’il est possible de faire de la musique en français tout en explorant le style musical qui nous plait. En fait, 2014 en musique au Québec ne peut qu’annoncer cette émancipation que la musique francophone affirmera avec encore plus de force en 2015. Forêt, Hôtel Morphée, Dead Obies, Misteur Valaire et bien d’autres artistes et groupes d’artistes constituent les meilleurs exemples de l’unicité musicale au Québec. Avec plus d’expérience derrière la cravate, Dumas surfe sur cette vague allégrement et cet album s’assume à mon avis comme un album pleinement ancré en 2015 malgré sa date de sortie. Du moins, il ne sortira pas de mes listes de lectures de sitôt.

Enregistré aux Studio B et Studio Victor à Montréal, l’album est fièrement enraciné dans ce milieu culturellement bouillonnant. Néanmoins, c’est dans nulle autre ville que Londres que fut mixé Dumas par Stephen Sedgwick qui a entre autres travaillé avec l’excellent Damon Albarn. à l’écoute de pièce comme Anne Peebles, La nuit (amateur des 80’s, retenez ce titre) ou encore Sa Chambre, on ne peut que confirmer que cet album se devait d’être mixé par un britannique. Les sonorités fortement influencées par la brit-pop officient qu’il est possible de faire une musique bien québécoise tout en pigeant dans un répertoire d’influences international.

Les textes, écrits par Dumas lui-même accompagné d’Alexandre Soublière, vont en concordance avec ce qu’on est habitués d’entendre chez Dumas. Cependant, il me semble, à l’écoute de pièces telle que Silence Radio qu’une nouvelle honnêteté transparaît à travers la voix chanteur qui nous offre quelques lignes léchées toutes en poésie. Autant Dumas a travaillé sa musique de manière minimaliste que les textes peuvent parfois prendre d’étonnantes directions d’une sensibilité renversante qui n’ignorent certes pas certaines traditions de la chanson française.

Au final, c’est donc avec un album tout sauf fermé sur le monde que Dumas repartira en tournée. D’ailleurs, il est de mon impression que grâce à l’attention portée aux claviers sur cette deuxième parution éponyme, certaines chansons se feront très festives lors des spectacles. Bonne écoute, et bonne année 2015!

LE PARLEUR

Quelle est la pertinence d’un nouvel album de Pink Floyd en 2014?

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Petite mise en contexte

On peut déjà les entendre, les puristes comme ceux qu’on nomme les haters, se délecter de la récente sortie du dernier album studio de Pink Floyd, The Endless River, pour lancer sur les réseaux sociaux leurs opinions au sujet de cette parution. Comme j’en avais parlé dans un article précédent, je crois que l’on devait s’attendre à ce genre de commentaires. Les raisons sont simples. D’un côté, on a les puristes qui croient que Pink Floyd n’existait déjà plus après la sortie de Piper at the Gates of Dawn. Sous un autre angle, on retrouve des mélomanes qui, sans renier le reste de l’œuvre de Pink Floyd, ne l’ont jamais tant approfondie et rangent le nouvel opus du groupe dans le même tiroir que les comebacks de groupes tels que Kiss ou Aerosmith qui malheureusement, ne se sont pas tellement renouvelés avec leurs nouveaux albums studio.

Cependant, il ne faut surtout pas oublier que The Endless River reste assez inclassable puisque les enregistrements, particulièrement ceux des claviers, datent des sessions de l’album Division Bell, c’est donc de dire que l’écoute ne peut se faire dans la même optique que celle d’un comeback. De plus, David Gilmour et Nick Mason ont été limpides à ce sujet, il n’y aura pas de tournée pour cet opus. Gilmour a d’ailleurs mentionné qu’il n’avait pas de temps pour ramener Pink Floyd dans sa vie.

The Endless River, est un album en majeure partie instrumental qui se propose à nous comme une expérience d’écoute qui poursuit la ligné de Momentary Lapse of Reason et de Division Bell. De ce fait, il n’est donc pas étonnant d’entendre les fortes influences de cette phase de Pink Floyd lorsqu’on en fait l’écoute. Bien sur, on ne retrouvera pas de chansons légendaires telles que Breathe, Comfortably Numb ou encore Echoes sur cet album, car là n’était pas le but. Nous savons que le claviériste Richard Wright est décédé en 2008. The Endless River, c’est un dernier hommage à ce membre pilier du groupe britannique.

Un brin d’histoire

Pink Floyd, à travers les années, se constitue à mon avis de phase que l’on peut distinguer selon les albums. On retrouve tout d’abord la phase déterminante à l’avenir du groupe, celle qui va définir jusqu’à Wish you Were Here en 1975, l’inspiration principale du groupe. Cette phase, aussi courte fut-elle, c’est celle de Syd Barrett. Elle se forme majoritairement autour des origines jusqu’au départ officiel de Barrett au moment de l’album Saucerful of Secrets sur lequel il n’interprète qu’une seule chanson Jugband Blues dont les paroles signent sont départ.

Ensuite, c’est la période de recherche pour Pink Floyd. Cette recherche sonore nous offrira des albums que j’apprécie particulièrement pour leur importance dans ce qui définira la suite. Ainsi, on peut retrouver dans cette deuxième phase la bande sonore du film More, l’album aux arrangements classiques et audadieux Atom Heart Mother, ou encore le très expérimental Ummagumma. Plus difficiles d’écoute, ces albums représentent malgré tout à mon avis un point tournant important dans la carrière du groupe.

Pink floyd pompei

Puis, on entre dans ce que je nommerai ici la phase de symbiose sonore, celle où les membres de Pink Floyd, et ils l’admettent eux-mêmes, sont sur une longueur d’onde similaire. Chacun fait ce qu’il a à faire du mieux qu’il le peut. Ainsi, Gilmour aux guitares et au chant, assume complètement son importance dans le groupe. Roger Waters se découvre comme un parolier d’exception. Les claviers de Rick Wright gagnent en importance et la batterie de Mason gronde comme jamais auparavant. Cette symbiose parait à prime abord sous le nom de Meddle. C’est cet album qui contient la mythique Echoes, morceau inoubliable qui est encore à ce jour encensé dans le monde culturel. Cette phase comprend également le tournage du fantomatique film Live at Pompeii, un immanquable pour les vrais fans du groupe. Ce moment d’unicité que connaît Pink Floyd prend sa catharsis avec l’album Dark Side of the Moon, dont je n’ai certainement pas besoin de faire l’éloge ici. Je tiens malgré tout à vous rappeler que ce long-jeu à la pochette si efficace est resté au billboard durant les 14 ans qui suivirent ça sortie.

Suite à Dark Side of the Moon, on commence à sentir certains conflits au sein du groupe, qui malgré tout, nous offriront Wish You Were Here, un album qui cautérise la plaie qu’avait laissée ouverte Barrett lors de son départ plusieurs années auparavant. L’album, construit autour de ce membre initial de Pink Floyd se veut, autant dans sa musique que dans ses textes, émotionnellement très rattaché au « diamant fou » que représente Syd pour le quatuor. Suite à la parution de Wish You Were Here, on entre dans la grande épopée de la phase Roger Waters qui nous offrira plus particulièrement les très intéressants Animals et The Wall. Ils restent à ce jour très haut placés sur mes étagères de disques. The Wall devient à cette époque la quintessence de l’album concept. Malgré tout, c’est dans cette phase que s’établiront les plus fortes tensions au sein du groupe. Mason et Gilmour n’ont plus de plaisir à jouer avec Waters, qu’ils considèrent un peu trop tyrannique. L’âge d’or de Pink Floyd s’émoussera donc tranquillement jusqu’à la sortie de The Final Cut, le douzième album du groupe en 1983.

Quatre ans plus tard, Pink Floyd remet ses pendules à l’heure, malheureusement sans Roger Waters pour offrir à son public le très différent Momentary Lapse of Reason. Avec cet album qui redonne une raison d’être au groupe, on entre dans la phase David Gilmour. Cette phase s’ancre profondément dans le son lui-même des albums Momentary Lapse of Reason et Division Bell qui se concentrent majoritairement vers un rock ambiant, certes progressif à sa façon où les voix de Wright et de Gilmour son mises de l’avant tout comme leurs instruments respectifs. À cette mêmme époque, Pink Floyd filme un spectacle au Earl’s Court de Londres ainsi qu’à Venise sur une scène flottante. À nouveau, le monde se focalise un peu plus sur cette musique intemporelle.

Pourquoi The Endless River?

rick

Vous remarquerez que ce bref résumé historique n’inclut aucune phase associée à Richard Wright en soi. Il est de mon avis que la raison principale de cette exclusion est due au fait que l’importance du claviériste s’est faite sentir autant lord de Piper at the Gates of Dawn que lors de la tournée The Wall, durant laquelle celui-ci n’était, fait plutôt cocasse, pourtant qu’un pigiste. Comme les membres du groupe, les véritables admirateurs de Pink Floyd savent malgré tout reconnaître l’importance capitale de l’apport de Wright au son du groupe. Ses claviers éthérés apportent cette cohésion qui n’aurait peut-être jamais été présente sans le silencieux musicien. Ainsi, sans pour autant venir critiquer The Endless River dans une formule classique, je souhaite simplement mentionner qu’il peut constituer un hommage posthume à l’importance de Wright. Par le grand respect que portent Mason et Gilmour à leur défunt collègue, il était capital de boucler la boucle de manière à comprendre que la phase Richard Wright s’est étendue de 1967 jusqu’à aujourd’hui pour continuer de couler comme une rivière sans fin plus forte que les mots.

« It’s louder than words

This thing that we do »

LE PARLEUR

Temples au Cabaret du Mile-End : Symbiose et Mélodies

Temples mile end

Plusieurs longues semaines d’attente s’étaient maintenant écoulées depuis la date d’achat des billets pour Temples au Cabaret du Mile-End et la soirée fatidique était enfin arrivée. C’est un peu à l’avance, comme à chaque soir de spectacle, que nous avons pu tâter le pouls du Mile-End, mes amis et moi.

Une bonne heure avant l’entrée en scène de la première partie The Districts, on entendait déjà quelques admirateurs de Temples siffloter The Golden Throne devant des portes toujours verrouillées. Il plait toujours de constater cette connexion entre des gens qui ne se connaissent même pas, mais qui savent communier entre eux grâce à ce fabuleux intermédiaire qu’est la musique. Le genre importe peu, l’endroit importe peu. Ce soir là, c’était simplement la musique et le plaisir qui importaient et on pouvait le sentir.

Le Mile-End était assez vide à l’approche du spectacle. Cependant, c’est lorsque The Districts sont montés sur scène qu’on a rapidement pu constater que la salle se remplissait de plus en plus rapidement.

The Districts, c’est un groupe de Lititz en Pennsylvanie qui s’est avéré, pour ma part, une découverte certes positive. La performance qui nous fut offerte par ce groupe émergent était à la fois empreinte d’une énergie mélancolique très bien travaillée par les chansons, que d’une bonne dose d’adrénaline apportée par la présence scénique des musiciens, et plus particulièrement du chanteur. On sent que ce groupe se construit autour de chansons sensibles elles-mêmes élaborées dans un style qui mélange à merveille blues, grunge, folk et shoegaze avec une naïveté qui n’est pas du toute désagréable.

Puis, après une attente plus longue que les minutes elles-mêmes, par cette froide soirée qui berçait les rues de Montréal, c’est sans introduction que sont entrés les quatre britanniques de Temples. En ce 22 octobre, nous étions chanceux, car nous avons eu droit à deux pièces qui ne se trouvent pas sur leur premier album Sun Structures, c’est-à-dire Prisms et Ankh, respectivements B-Sides de Shelter Song ainsi que de Colours to Life. Il est agréable d’aller voir de bons groupes avant que ceux-ci ne soient significativement connus par ici puisque c’est ce qui nous permet d’avoir droit à un spectacle plus intime, mais aussi à des chansons que nous n’aurons peut être plus la chance d’entendre dans le futur, mais ça, personne ne peut le savoir.

Sur scène, les membres de Temples nous exécutent leurs chansons avec un professionnalisme renversant. Il est clair, dès les premiers résonnements de leurs guitares Fender et Grestch, que les musiciens devant nous sont des compositeurs et interprètes d’un talent remarquable. Le leader James Bagshaw honore tout de Sun Structures avec sa voix haut perchée et cristalline. Cependant, je ne pouvais écrire cet article sans glisser un mot sur les harmonies vocales époustouflantes de Thomas Edison Warmsley à la basse et d’Adam Smith, quand à lui claviériste et deuxième guitariste du groupe.

Au-delà de l’aspect accrocheur et bien écrit des chansons, on sent une symbiose musicale se produire entre les membres du groupe qui amènent, chacun à sa manière, une touche unique au son de ce groupe également assez unique. La batterie assez jazzée de Sam Toms vient avec brio se mélanger au travail de basse à la fois rythmé, mélodique et complexe de Thomas Edison Warmsley.

Écouter Temples sur disque et les voir en spectacle nous plonge dans un univers assez similaire, mais il reste cependant qu’en spectacle, on plonge bien plus profondément dans l’onirisme et la spiritualité de cette musique enivrante. Ce que j’ai apprécié avant tout, c’est la lourdeur de ce rock psychédélique que la bande de Bagshaw parvient à mettre de l’avant en live sans pour autant dénaturer quoi que ce soit de leur son très travaillé.

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D’un point de vue davantage esthétique, on sent également une forte cohésion dans le choix des costumes. Véritables personnages, les membres de Temples sont tous vêtus d’une manière très britannique et arborent des vêtements de friperies sortis d’une autre époque, le tout à une sauce extrêmement moderne. De plus, le look androgyne des clairement assumé chez certains membres du groupe, autant dans leurs vêtements que leur aise à porter du maquillage et des bijoux féminins. De ce côté, c’est Adam Smith qui fut le plus intéressant à regarder sur une scène. Son attitude désinvolte presque malaisée nous démontre que c’est avant tout la musique qui siège en maîtresse en lui. Cet excellent musicien est, je vous l’assure, assez fascinant à regarder aller sur une scène.

Le spectacle va donc bon train et nous mène à son point culminant plus rapidement qu’on ne l’aurait souhaité. Après de longues minutes d’attente durant lesquelles Temples se laissent désirer (ils n’avaient pas encore joué leurs hits Shelter Song et Sun Structures), les quatre musiciens finissent par remonter sur scène pour le bon plaisir des spectateurs.

Coup de théâtre et moment clou du spectacle, un joueur de Sitar monte sur la scène pour interpréter avec le groupe la très orientale Sun Structures. Le morceau fut d’ailleurs allongé de bien des mesures pour nous laisser apprécier ce mythique instrument que le rock s’approprie parfois si bien.

La tête pleine de musique, je suis sorti du Cabaret du Mile-End satisfait d’un spectacle qui s’apprécie magnifiquement dans ce genre de petites salles. Je suis d’autant plus content d’avoir été de ceux qui virent Temples ce soir là au Mile-End, car c’est certainement dans une plus grande salle que nous aurons l’occasion de les revoir au Québec.

LE PARLEUR

PS: Je vous laisse ici avec une performance de Prims qui ne provient pas su spectacle du Mile-End.

Folk : des racines traditionnelles à la diffusion moderniste.

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Dans les topos précédents, j’ai fait quelques courtes allusions à la diffusion du folk par internet et j’ai à un moment parlé des sessions d’enregistrement qu’on peut visionner directement sur youtube.

Ces sessions sont en effet de plus en plus populaires comme médiums de diffusion d’une musique qui ne demande pas trop d’équipement pour la reproduire. Ainsi, souvent on peut visionner de très talentueux artistes folk interpréter une ou plusieurs de leurs compositions dans la forêt, dans un parc ou encore dans un champ. Parfois, certaines session sont même filmées en plein milieu de la ville et les micros utilisés laissent passer le boucan de la ville. Dans certains cas, on peut se dire que c’est désagréable, mais souvent, le caractère humain de la performance en ressort grandi, ce qui est tout à l’avantage de certaines chansons. L’idée est en fait intéressante lorsque l’équipe de production choisit un endroit qui sied parfaitement à l’artiste.

Il me serait ici impossible de rendre compte de toutes ces sessions filmées, puis diffusées sur internet. Il y a de quoi s’y perdre! Ainsi, il est plutôt intéressant d’aborder le concept en général. De toute évidence, l’idée de base est de permettre aux internautes de découvrir des artistes qui ont peut être parfois un peu de difficulté à s’illustrer hors de leur milieu d’origine. Ici, je pense par exemple à Tom Klose, un auteur-compositeur-interprète allemand d’un talent indéniable qui joue un folk bien senti qui se fait héritage de Bob Dylan. Pour ma part, j’ai découvert Tom Klose grâce aux Berlin Sessions, des sessions d’enregistrement et de tournage qui ne font plus dans l’amateur; on est ici dans la quintessence de ce type de productions. J’utilise ici en exemple Tom Klose, mais grâce à ce canal youtube, j’ai également découvert d’autres groupes ou artistes qui pour certains, font maintenant partie de ma bibliothèque musicale.

Ce qui est aussi agréable à voir, c’est qu’une fois qu’un canal youtube de ce genre gagne en popularité, il utilise cette notoriété pour aller chercher des artistes un peu plus connus. Ceci qui leur permet d’augmenter significativement leur nombre de clics et ensuite permettre à encore plus de gens de découvrir des artistes émergents qui peut-être, sans ces sessions d’enregistrement, ne seraient pas parvenus à percer ailleurs que dans leur pays.

Certains canaux youtube comme celui des Berlin Session ou encore des Cardinal Sessions, étant donné leurs moyens clairement plus significatifs, sont également dotés d’un site web ou on peut aussi lire l’actualité musicale des artistes qui passent sous l’objectif de leurs caméras et on peut y lire des bloggeurs qui s’intéressent aux genres diffusés par chacun des canaux pour lesquels ils écrivent. D’un point de vue qualité, c’est extrêmement encourageant de voir que ce genre de site spécialisé existe, car le tri n’est même pas nécessaire, on saisit rapidement la touche unique de chacun de ces canaux de sessions pour décider de suivre un tel ou tel autre.

Il reste cependant que le meilleur moyen de faire des découvertes et de suivre un canal qui nous ressemble, c’est d’en explorer quelques uns. Je vous laisse donc ici avec quelques liens de performances que j’affectionne particulièrement, vous pourrez ainsi vous faire une idée de la chose. Bonne écoute!

LE PARLEUR

Cardinal Sessions

Enregistrées en Europe, les Cardinal Sessions font pas mal promener l’équipe de tournage puisque les points d’enregistrements sont souvent assez variés. C’est une maison de production qui se veut assez populaire dans ce genre de réalisations. Le folk est bien sur sa spécialité. Les Cardinal Sessions nous offrent de très bons rendus techniques qui nous permettent de coller une ambiance visuelle assez agréable à des musiques qui le sont tout autant.

Ici, vous pouvez écouter et regarder une performance extrêmement sensible de Keaton Henson qui nous interprète 10 am Gare du Nord de manière très épurée sur une magnifique guitare Guild à douze cordes :

Mahogany Sessions

Sur ce canal, on a droit à énormément de variété. Les sessions ne se concentrent pas uniquement sur le folk, mais sur les performances acoustiques en général. Une bonne occasion d’assister à des versions épurées de vos artistes favoris, puisque des gros noms tel que Passenger passent parfois par les Mahogany sessions.

Une de mes découvertes de l’année 2014, Rachel Sermanni. Merci aux Mahogany Sessions qui m’ont permis d’entendre cette auteure-compositrice écossaise qui se veut à la fois une excellente parolière et une guitariste au talent évident :

Berlin Sessions

On a ici droit à des productions allemandes de qualité qui nous montrent que les Allemands sont fiers du folk qui se fait chez eux. On peut aussi visionner des captations live d’artistes qui passent par Berlin. Par contre, c’est vraiment pour découvrir ce qui se fait en Allemagne que je vous suggère ce canal.

Les Berlin Sessions m’ont permis de découvrir énormément d’artistes, j’ai plus tôt parlé de Tom Klose, mais je vous laisse ici le lien vers une performance d’un groupe de folk assez traditionnel, Ewert and the Two Dragons :

 

Gondola Sessions

Un concept à coup sur unique. Chaque performance filmée sur ce canal se veut réalisée dans une cabine de téléphérique. Des artistes d’un peu partout, bien des styles de folk. Je vous laisse ici avec James Bay, qui sait bien mélanger folk, blues et country :

Tabarnakoustic

En terminant, des sessions bien d’ici pour des artistes également d’ici, on ne peut donc pas trop en envier aux Européens, puisqu’on a également notre médium de découvertes musicales de ce genre ici, au Québec!

Le lyrisme idyllique de Nick Drake.

 

Artiste:Nick Drake

Albums:
– Five Leaves Left
– Bryter Layter
– Pink Moon

Pour découvrir l’artiste :
– Northern Sky
– Things Behind The Sun
– Cello Song
– Pink Moon
– Hazey Jane I & II

Nick Drake livre

C’était l’hiver dernier, quand la folie de la fin de session universitaire commençait trop tôt à s’emparer de moi.
Nonchalamment, comme à chaque moment angoissant de ma vie, j’ai décidé d’aller m’acheter un disque, question de me donner une raison pour m’asseoir et faire mes travaux déjà trop procrastinés. C’est quand t’as pas trop d’argent et que tu veux quand même ramener un disque chez toi que tu décides de fouiller dans le bac de CD’s à 5$. Cette journée là, c’est la rétrospective Way to Blue (an Introduction to Nick Drake). Je n’avais alors strictement aucune idée de ce que je tenais entre mes mains, c’est toujours assez amusant de faire un achat à l’aveugle.

Ainsi, je reviens tout bonnement chez moi ma curiosité déjà éveillée par le nom des chansons que je peux lire derrière la pochette : River Man, Things Behind the Sun ou Pink Moon. Étrangement, ces seuls titres de chansons m’appellent énormément, comme si cette musique, mais lorsqu’elle n’est pas jouée, se voulait entourée de bonnes augures.
Aussitôt arrivé, je déballe le disque et l’insère dans le lecteur. À partir du moment où j’appuie sur play, tout s’explique. Dès les premières notes de Cello Song, je comprends avoir à faire avec un folk unique en son genre. Le jeu de guitare de Drake en open tuning à peu près impossible à déchiffrer sort clairement du cœur et de l’âme d’un artiste qui ne se base que sur lui-même pour écrire des musiques et des textes extrêmement prenants.
L’écoute de la compilation se poursuivit dans le calme et l’étonnement. Impossible pour moi à ce moment de faire quoi que ce soit d’autre que de m’asseoir et profiter de ces précieuses mélodies. La musique de Nick Drake vient mélanger à la perfection folk, jazz, blues et musique classique dans une poésie si mélancolique qu’on se surprend à y ressentir toute la tristesse de son auteur.

Cette tristesse je ne faisais que me la supposer, me figurer une émotion qui semblait transparaître dans cette musique qu’est celle de Nick Drake. Par contre, c’est quand j’ai fait quelques recherches un peu plus tard cette journée que j’ai compris que l’œuvre de Nick Drake est une plonge dans l’intimité même de cet artiste d’exception décédé en 1974.
Drake personnifie effectivement la figure du poète maudit dont l’œuvre se veut le reflet d’une profonde détresse intérieure. J’avais alors l’impression de pouvoir comparer sa tragédie à celle de Jim Morisson, de Kurt Cobain, d’André Fortin, etc. Cependant, ce qui vient éloigner Nick Drake de tous ces héros des temps modernes, c’est l’aspect « notoriété ». Contrairement à bien des « artistes déchus » tels que ceux que je viens de nommer plus haut, Nick Drake n’était en fait pas vraiment connu. Du moins, il ne l’était pas de son vivant.

Premièrement, Drake n’est pas arrivé à faire vendre beaucoup de copies de ses trois albums (Five Leaves Left, Bryter Layter et Pink Moon) pour deux raisons majeures. Nick Drake était un homme dépressif et asocial qui refusait de donner des entrevues et qui ne donnait que très peu de spectacles. Ainsi, il ne put s’attirer les faveurs des médias britanniques de l’époque.

Malgré tout, le temps fait parfois bien les choses et la musique de Nick Drake, décédé en 1974 deux ans après la sortie du maintenant mythique Pink Moon a su garder vivante la légende d’un artiste à la carrière éphémère. Il est d’ailleurs aujourd’hui cité par bien des artistes comme une influence majeure, on peut par exemple nommer ici Peter Buck de R.E.M ou encore Robert Smith de The Cure. Il faut parfois savoir faire la part des choses entre la vie et l’œuvre d’un artiste. Par contre, pour Nick Drake je vous suggère fortement d’aller en lire un peu sur l’homme lui-même, car sa musique, comme je l’ai mentionné plus tôt, se veut d’une profonde intimité et constitue une histoire magnifique d’une profonde tristesse.
Pour ma part, la musique intemporelle de Nick Drake reste aujourd’hui accrochée à moi comme une musique confidente qui s’écoute le matin lorsque tout est encore possible. Autant par journée de pluie que de soleil, les chansons de Nick Drake se justifient d’elles-mêmes par le jeu de guitare et la voix de celui qui les a écrites comme des chansons chantres de la nature et du temps qui, et Nick Drake nous le fait très bien comprendre, bouge parfois peut être un peu trop rapidement.

LE PARLEUR

Roger Waters’ The Wall live immortalisé sur film.

Roger Waters The  Wall

L’annonce est maintenant faite! Tous ceux qui avaient fait le vœu de pouvoir voir et revoir sans arrêt le spectacle de l’épique tournée The Wall de Roger Waters, sachez que nous aurons finalement droit à un DVD/ documentaire de ce concert à grand déploiement.

Bien des fans québécois savent que la portion nord-américaine de cette tournée s’était terminée le 21 juillet 2012 sur les plaines d’Abraham devant plus de 75 000 fans déjà plus que convertis à cette musique. Pour ma part, je me souviens avoir battu mon record d’attente avant un spectacle en me plantant les pieds près de Grande-Allée durant 12 heures et demie (et je n’étais pas le premier sur place). Nous avions eu droit à un spectacle plus grand que nature où tout était encore plus grandiloquent qu’en salle de concert; c’était tout simplement sublime.

Étant donné l’aspect unique qu’avait apporté ce spectacle sur les plaines d’Abraham, on ose maintenant espérer que certaines portions du film maintenant annoncé seront consacrées à cette finale nord-américaine absolument mémorable.

Il faut aussi avouer que c’est assez drôle de voir que Pink Floyd annonce la sortie de The Endless River pour rapidement se faire suivre par une autre annonce « Pinkfloydesque » de la part de l’ex-membre qu’est Roger Waters. Le groupe n’est peut-être plus complet, mais il reste cependant que l’automne se voudra très lucratif pour la marque commerciale qu’est Pink Floyd. Est-ce un hasard? À vous de voir! Parlant profit, sachez d’ailleurs que la tournée The Wall avait rapporté plus de 428 000 000 de dollars, des chiffres qu’on ne peut omettre de mentionner lorsqu’on pense à la grosse machine qu’est aujourd’hui devenue Pink Floyd. Reste cependant que la qualité de leur musique ne s’en est jamais faite ressentir, ce qui fait du bien à savoir dans un monde où la musique devient davantage un produit de consommation chez le grand public plutôt qu’une production artistique.

Nous suivrons très certainement les développements du côté de monsieur Waters autant que de la sortie prochaine de The Endless River.

Sachez que le film en question ici fera sa première au Festival International du Film de Toronto.

À suivre…

LE PARLEUR