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Chocolat au Zénob de Trois-Rivières; pour l’amour de la musique.

La sloche recommence à joncher les rues, le stress du temps des fêtes se fait sentir sur le visage des passants, mais ce soir là, on s’en fout. À quelques jours du spectacle, on avait vu passer sur la page facebook du Zénob l’annonce d’une veillée en compagnie de Chocolat. Si le nom vous sonne une cloche, c’est sans doute que vous vous êtes intéressés à Jimmy Hunt dans les dernières années.

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Une fois bien assis à une table un peu en retrait, on attend tranquillement, en sirotant une bière ou deux, ou trois… que commence Corridor, qui lancent le bal avant Chocolat. Dès les quelques minutes de tests de son, on remarque que Corridor fait dans un type de musique qui s’apprécie très bien dans la salle de spectacle qui n’en est pas une du Zénob. Particulièrement axée sur la relation entre les deux guitares, la musique de Corridor a tout pour ne jamais passer à la radio, mais n’est-il pas agréable de tomber en décalage quelques fois? Déjantée, leur performance de l’intégrale de l’album Un magicien en toi est davantage parvenue à m’accrocher à sa deuxième moitié. Était-ce par l’accoutumance de mon oreille à ce son hors de l’ordinaire ou parce que la progression de l’album se constitue de manière à laisser un souvenir plus prenant sur leur musique? Dur à dire. Reste cependant que Corridor est un groupe qui fait dans la différence et qu’on aime ça ainsi.

Après une période d’attente très raisonnable, Chocolat entre en scène d’une manière des plus intéressantes. En effet, aucune arrivée officielle du band ne peut créer de surprise quand, quelques minutes avant le spectacle, le groupe est au bar à deux mètres de tout le monde dans la salle vu la taille de celle-ci. Ainsi, un dernier test de son, finissant par se transformer en jam se métamorphose devant nous en l’introduction sans présentation à un spectacle où rien d’autre ne sera important que la musique.

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J’avais déjà fait à plusieurs reprises l’écoute du dernier album de Chocolat. Tss Tss, m’avait laissé sur une émotion très positive. Le rock psych-prog-glauque, sur album ne venait pas s’éloigner de la touche magique de Jimmy Hunt, mais s’affirmait malgré tout comme pourvu d’une grande liberté d’expression sonore. En spectacle, il est clair que cette volonté d’émancipation musicale est assumée à 110% par Hunt et ses comparses. Très souvent instrumentales, les musiques seront construites autour de chacun des musiciens de sorte que l’on puisse sentir émaner de l’ensemble rythmique le plaisir et la cohésion de musiciens honnêtes avec eux-mêmes. Intéressant d’ailleurs de voir Hunt prendre le lead à la guitare lorsque nous sommes pourtant habitués d’écouter Emmanuel Ethier, le guitariste à qui on doit le travail de six cordes sur Maladie d’Amour, nous impressionner avec sa Rickenbacker noire. Ysaël Pépin, c’est le nom d’un bassiste qui, pour se spectacle était tout sauf le cliché du bassiste en retrait. Bien plus que sur l’album l’accent est mis sur la basse à l’avantage du groove et du rythme.

Rapidement, on se met à oublier l’album, on assiste à une sorte de gros jam qui ne s’arrête plus de gagner en intensité. La structure est dans la symbiose musicale entre les membres de Chocolat, si forte que j’en oublie mon verre de bière, tous mes autres sens sont engourdis au profit de mon ouïe qui jubile de plaisir d’entendre un spectacle qui surpasse mes attentes. L’ambiance underground de la musique se prête bien à la renommée Zénob. Corridor et Chocolat ne sont pas les premiers représentants de la contre-culture à y mettre les pieds. À deux reprises, on a droit à une grotesque scène de bodysurf par Jimmy Hunt lui-même, qui supporté par une foule de parterre d’une dizaine de personne, montre qu’il n’en a absolument rien à foutre des grandes salles et de ses deux Félix qu’il a gagné à l’Autre gala de l’Adisq. D’ailleurs, quelle meilleure manière de se balancer des conventions que de partir en tournée avec un groupe comme Chocolat quand il serait de toute évidence possible pour le gentleman rockeur de continuer de mousser les ventes de Maladie d’Amour avec une autre tournée solo.

C’est pour le plaisir d’une musique sans compromis que je vous suggère fortement d’aller assister à une performance de Chocolat s’ils passent par chez vous.

LE PARLEUR

https://www.facebook.com/pages/Chocolat/10242781415?fref=ts

http://chocolatmtl.bandcamp.com/

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Echo Champs, une musique immergente

Ça fait quelques jours que j’ai pas pris quelques minutes pour mettre quelque chose en ligne sur Correspondances.  Cependant j’avais hâte de vous partager à nouveau la musique qui me fait tripper!  Les sujets sont par milliers, déjà j’ai promis de parler du nouvel album de Julian Casablancas, je prévois également écrire sur El Pintor, nouveau bijoux d’Interpol!  Mais voilà, je m’attarde plutôt sur un artiste émergent, un étudiant en Arts visuels qui a décidé de transformer sa vision en musique.  Il se fait appeler Echo Champs, et sa musique, je vous avoue que je ne sais pas comment l’appeler!

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Son EP s’intitule Awakening et déjà par la pochette on peut s’attendre à une ambiance relaxante, une connexion avec la nature par une musique tout sauf naturelle.  Awakening c’est à mon avis la mince ligne qui sépare la musique électronique de notre folk tant aimé.  Bien que se soit un son purement électronique, il est amené d’une manière à nous faire oublier qu’il en est ainsi.  Le EP s’ouvre sur la pièce Nawi, une introduction très bien orchestrée qui nous met tout de suite dans une ambiance qui sera tenue les quelques 20 minutes d’Awakening.  Déjà qu’on sentait un son très Jazz sur la première piste, ce son prend toute son ampleur sur Amazon Leaf.  Un petit tour sur la page facebook de l’artiste me permet d’ailleurs de constater qu’il est à la base un batteur de type Jazz, ce qui n’étonne alors pas du tout!  Sons de branches, d’oiseaux, de vent et même parfois d’eau, tout ce qu’il faut pour s’immerger totalement dans cette forêt qu’on nous présente.

Il est très intéressant de voir comment cet artiste transmet sa vision de l’art dans sa musique.  C’est en effet une musique très imagée, et le titre des pièces ne nuisent pas à clarifier cette image.  Hidden Paradise n’en fait pas exception.  Les pièces s’enchaînent très bien à travers cet univers secret que désire nous faire découvrir Echo Champs.  C’est la pièce Anything qui attire particulièrement mon attention.  On sent un grand pas entre celle-ci et la précédente, une ambiance très old school, à la Daft Punk ou Disclosure.  Décidément, j’en aurais pris davantage comme celle-là!

Awakening est un EP très intéressant d’un artiste du Québec, à mi-chemin entre une musique électronique d’ambiance et des beats très Jazz.  De plus, il est disponible gratuitement sur le site personnel d’Echo Champs.  Il est toujours très agréable de découvrir de nouveau nom de chez soi, et par les temps qui courent, de nouveaux sons électroniques se n’est pas ce qu’il manque.  Echo Champs réussit malgré tout à offrir un son différent, qui visera forcément un public différent également.  Un petit pas vers une musique qui a le potentiel de prendre encore beaucoup d’ampleur au sein de l’industrie.  Que l’on aime ou pas cette nouvelle vague électronique, on ne peut pas l’ignorer, et personnellement, j’aime beaucoup ce qu’il en ressort.

LE FRÈRE

Site web d’Echo Champs: http://echochamps.bandcamp.com/releases

Facebook d’Echo Champs: https://www.facebook.com/champsecho?fref=ts