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48:13

Il fait déjà quelques mois que Kasabian nous envoyait ses dernières folies, de quoi nous faire danser, sauter, chanter, mais surtout de quoi nous surprendre à coup sur.  C’est depuis le succès mondial de leur premier album éponyme en 2004 que Kasabian s’affirme en tant que futur leader de la britpop au Royaume-Unis, un titre qu’ils pourraient bien détenir aujourd’hui.  Mélangeant le rock alternatif, la pop, le glam rock, le psychédélique, l’électronique et même le hip hop, Kasabian a toujours su démontrer un son propre à eux, une énergie particulièrement entraînante.  Le cinquième album studio du groupe est à nouveau écrit par la plume de Sergio Pizzorno, guitariste et réel cerveau derrière cette machine à succès.  On a l’habitude depuis West Ryder Pauper Lunatic Asylum (2009) à devoir s’incliner devant les subtilités d’arrangements du musicien, qui semble savoir exactement comment Tom Meghan pourra transposer l’énergie proposer une fois sur scène.

Sergio prétend livrer ici le meilleur album de Kasabian en carrière, et que se soit vrai ou non, c’est certainement celui-ci et toute la publicité qui l’entoure qui leur permit de s’épanouir en tant que groupe majeur dans les plus grands festivals du Royaume-Unis l’été dernier.  Qu’on aime ou pas, impossible à le nier, Kasabian rejoint aujourd’hui la cours des grands.  Personnellement j’ai été charmé il y a longtemps déjà par Empire, second album du groupe, et plus récemment ces trois dernières années par l’entièreté de leur oeuvre.  Néanmoins, malgré une attente quasi interminable jusqu’à la sortie de 48:13 au Canada, cinq mois plus tard, c’est avec un regard critique que je m’attaquais à l’écoute de cet album.

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DANCE DANCE DANCE : L’électronique en avant-plan.

L’expansion de la musique électronique des dernières années est un sujet qui s’est glissé dans plusieurs de nos précédents articles.  Difficile de passer à côté, les avancés technologiques ont toujours eu un impact direct sur les nouvelles générations de musiciens et les nouveaux genres qui apparaissent chaque année.  Kasabian avait beaucoup fait parler déjà en 2004 avec l’album Kasabian, dans un contexte ou le indie rock commençait à connaître une expansion phénoménale, qui ne s’arrêta d’ailleurs jamais. Aujourd’hui, peut on encore parler de rock indépendant?

C’est avec une approche très différente que le groupe mise à nouveau sur des synthétiseurs au premier plan pour marche sur les traces de leur premier album 10 ans plus tard.  Un désir de revenir aux sources, de rendre un hommage à l’album qui leur ouvrit la route vers le succès?  Je serais prêt à dire que Kasabian est allé encore plus loin que tout ce qu’ils ont tenté jusqu’à présent.  L’électronique est tout au long de l’album au premier plan, ce qui n’est pas pour déplaire, permettant au groupe de créer précisément l’ambiance désirée, appuyant les riffs de bass de Chris Edwards, ce qui les fait ressortir davantage, notamment dans Bumblebeee, Stevie et Doomsday.  On y retrouve plusieurs avantages, mais également des points négatifs.  Sur certains morceaux, l’ajout de beat électronique semble être abusif, voir inutile.  Sur Explodes par exemple, une pièce que j’ai pris particulièrement d’affection, qui malheureusement se voit à mon avis trop submergé par ces riffs très lourd qui sont apportés par un Sergio plein de bonnes intentions, on en perd l’essence de la pièce.

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48:13 LIVE : Une machine à succès.

Qu’on parle de Bumblebeee, Stevie, Doomsday, Treat ou Clouds, on peut tout de suite voir comment cet album sera transmis sur scène.  Et c’est le cas de l’entièreté de cet album, qui heureusement ne se résume pas qu’à des pistes et beat sans fin.  Malgré que c’est ce quoi on retient particulièrement, il n’en demeure pas moins que Kasabian ne se réinvente pas totalement.  Glass, Clouds, Bow et S.P.S. viennent nous rappeler à quel groupe nous avons à faire.  Des pièces qui rappelleront sans doute leur précédent opus, Velociraptor!.

Je vous conseille de jeter un oeil sur Youtube, le spectacle de Kasabian au Glastonbury, peu de temps après la sortie de 48:13, un spectacle qui vous convaincra sans doute de l’énergie dégagée par le groupe sur scène.  On avait eu droit en 2011 à un show live enregistré au O2 à Londres, un spectacle que je ne me lasse pas de réécouter chaque mois, si ce n’est pas plus souvent. Une version live de la tournée 48:13 sera disponible dans peu de temps au Canada, en espérant une version blu-ray, j’ai plutôt hâte de voir ce qu’il en ressortira.

En 2004 les critique étaient unanimes, Kasabian irait loin, marchant sur les traces de Oasis et de Blur à la recherche du succès.  Ce n’est un secret pour personne, l’ego démesuré de Sergio Pizzorno l’obligeait à ne viser qu’une seule chose, la gloire.  Son arme pour y arriver?  Tom Meighan.  Le chanteur plus que charismatique du groupe a tout pour plaire au public, l’attitude et le style, accompagné d’un guitariste à la coiffure impressionnante.

Succéder à Velociraptor!?  It’s Eez-Eh.

Encore aujourd’hui je suis d’avis que le précédent album du groupe, Velociraptor! (2011), constitue l’oeuvre la plus accomplie du groupe.  Par des pièces tel que Days Are Forgotten, La Fée Verte et Switchblades Smiles, Kasabian avait su offrir quelque chose d’une extrême qualité.  Malgré la grande différence entre 48:13 et son prédécesseur, on y ressent une énergie très similaire sur plusieurs morceaux, et c’est ce qui vient sauver les points négatifs de l’album.  Je crois que le groupe avait besoin d’offrir quelque chose de différent, pour s’ouvrir à de nouveaux horizons.  Je l’ai dit à plusieurs reprises, je respecte énormément ces groupes qui osent prendre des risques plutôt que de s’asseoir sur ce qu’ils ont déjà établi.

Kasabian nous a prouvé qu’il est toujours possible de nous offrir des morceaux d’une grande qualité, des morceaux énergiques avec une touche de psychédélique qui nous fait encore plus aimer le groupe.  En somme, 48:13 est un album qui effectue un excellent récapitulatif de la carrière du groupe, on y reconnaît par-ci par-là des touches qui font penser aux précédents opus, dans une ambiance propre à cet album ci.  Je ne peux pas dire que 48:13 est pour moi un album coup de coeur.  Cependant, après plusieurs écoutes j’en viens à croire qu’il permettra au groupe de s’épanouir encore davantage sur la scène internationale.  Sergio Pizzorno a déjà annoncé que le prochain album était presque écrit entièrement, je ne doute pas qu’il saura nous surprendre encore une fois.

LE FRÈRE

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