Tag Archives: pop

Pop et prises de becs.

La nouvelle fut annoncée récemment que le très populaire Ed Sheeran, qui devait prendre d’assaut le gigantesque Wembley Stadium de Londres en juillet pour un soir, ajoute deux dates consécutives à la première suite à une trop forte demande populaire. On sait qu’en 2007 ainsi qu’en 2011, Muse, également formation britannique, parvint à remplir le Wembley deux soirs enchaînés. Cependant, c’est la première fois que ce record a la chance d’être battu, cette fois par une popstar maintenant mondialement reconnue en ce jeune rouquin de talent.

gallagher

ED_SHEERAN_PUB1_CREDIT_BEN_WATTS.JPG

Néanmoins, là n’est pas le sujet de mon article, car je ne souhaite pas traiter de ma grande passion pour Ed Sheeran, semble-t-il qu’elle ait été égarée quelque part avant même de s’être emprise de moi. Ce qui m’a davantage intéressé dans cette histoire, c’est le commentaire de Noel Gallagher, qui n’a pas besoin de présentations, au sujet de ces trois méga-concerts dans une salle, souvenons-nous, à la capacité faramineuse de 80, 000 places.

D’un ton comme on le connaît railleur, le légendaire ex-leader d’Oasis s’est attaqué à Sheeran à l’aide de cette déclaration : «I don’t think I can live in a world where that’s even possible. When you hear that kind of polished pop and then there’s a ginger guy with a fucking guitar it seems subversive, but it’s fucking not. » Vu le succès qu’a remporté Oasis à ces heures de gloire, on ne peut attribuer ce commentaire à de la jalousie de la part de Gallagher. Par contre, il est possible de se demander si cette frustration n’est pas une forme de représailles due au fait que Sheeran avait finalement laissé tomber Gallagher pour un cocert-bénéfice pour le cancer il y a environ deux ans.

Cette petite querelle n’est pas la première qu’aura provoquée l’arrogant musicien. Celle-ci n’est d’ailleurs qu’un lien avec la question que m’a soulevé cette déclaration. Dans la citation plus haut, Gallagher parle de polished pop, en bon français de musique populaire polie. Semble-t’il qui considère qu’une trop grande attention est offerte à une musique qui s’apparente davantage à une industrie qu’à une volonté d’exprimer sa créativité par des mélodies. Le sous discours nous offre déjà plein de noms sur un plateau d’argent, je n’ai qu’à nommer les Taylor Swift, One Direction ou Ariana Grande de ce monde pour vous faire venir d’autres noms de pop stars à l’esprit.

Malgré le ridicule de la querelle, êtes-vous d’accord avec Gallagher? Êtes-vous de ceux qui croient que la pop bonbon qui régit nos plus populaires stations de radio constitue le principal mur qui bloque les multiples productions indie à se faire connaître. Il est du moins de mon avis que la tâche n’est certes pas facile pour ceux qui veulent faire de la musique différemment de s’affirmer sur une scène où on apprécie davantage la prévisibilité des structures musicales et la récurrence dans les mélodies.

Je terminerai néanmoins sur une note positive en disant qu’il est agréable de voir que, malgré le raz-de-marée de l’industrie de la musique pop ultra-radiophonique, la scène alternative nous offre chaque mois de nouveaux groupes et de nouveaux albums qui nous permettent de constater qu’il se fait encore, ici et à l’étranger, de l’excellente musique.

LE PARLEUR

Pour en apprendre un peu plus sur cette prise de bec entre les deux britanniques, voici quelques liens du magazine NME :

http://www.nme.com/news/noel-gallagher/82202

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/69386

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/82209?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=districts

Advertisements

Temples au Cabaret du Mile-End : Symbiose et Mélodies

Temples mile end

Plusieurs longues semaines d’attente s’étaient maintenant écoulées depuis la date d’achat des billets pour Temples au Cabaret du Mile-End et la soirée fatidique était enfin arrivée. C’est un peu à l’avance, comme à chaque soir de spectacle, que nous avons pu tâter le pouls du Mile-End, mes amis et moi.

Une bonne heure avant l’entrée en scène de la première partie The Districts, on entendait déjà quelques admirateurs de Temples siffloter The Golden Throne devant des portes toujours verrouillées. Il plait toujours de constater cette connexion entre des gens qui ne se connaissent même pas, mais qui savent communier entre eux grâce à ce fabuleux intermédiaire qu’est la musique. Le genre importe peu, l’endroit importe peu. Ce soir là, c’était simplement la musique et le plaisir qui importaient et on pouvait le sentir.

Le Mile-End était assez vide à l’approche du spectacle. Cependant, c’est lorsque The Districts sont montés sur scène qu’on a rapidement pu constater que la salle se remplissait de plus en plus rapidement.

The Districts, c’est un groupe de Lititz en Pennsylvanie qui s’est avéré, pour ma part, une découverte certes positive. La performance qui nous fut offerte par ce groupe émergent était à la fois empreinte d’une énergie mélancolique très bien travaillée par les chansons, que d’une bonne dose d’adrénaline apportée par la présence scénique des musiciens, et plus particulièrement du chanteur. On sent que ce groupe se construit autour de chansons sensibles elles-mêmes élaborées dans un style qui mélange à merveille blues, grunge, folk et shoegaze avec une naïveté qui n’est pas du toute désagréable.

Puis, après une attente plus longue que les minutes elles-mêmes, par cette froide soirée qui berçait les rues de Montréal, c’est sans introduction que sont entrés les quatre britanniques de Temples. En ce 22 octobre, nous étions chanceux, car nous avons eu droit à deux pièces qui ne se trouvent pas sur leur premier album Sun Structures, c’est-à-dire Prisms et Ankh, respectivements B-Sides de Shelter Song ainsi que de Colours to Life. Il est agréable d’aller voir de bons groupes avant que ceux-ci ne soient significativement connus par ici puisque c’est ce qui nous permet d’avoir droit à un spectacle plus intime, mais aussi à des chansons que nous n’aurons peut être plus la chance d’entendre dans le futur, mais ça, personne ne peut le savoir.

Sur scène, les membres de Temples nous exécutent leurs chansons avec un professionnalisme renversant. Il est clair, dès les premiers résonnements de leurs guitares Fender et Grestch, que les musiciens devant nous sont des compositeurs et interprètes d’un talent remarquable. Le leader James Bagshaw honore tout de Sun Structures avec sa voix haut perchée et cristalline. Cependant, je ne pouvais écrire cet article sans glisser un mot sur les harmonies vocales époustouflantes de Thomas Edison Warmsley à la basse et d’Adam Smith, quand à lui claviériste et deuxième guitariste du groupe.

Au-delà de l’aspect accrocheur et bien écrit des chansons, on sent une symbiose musicale se produire entre les membres du groupe qui amènent, chacun à sa manière, une touche unique au son de ce groupe également assez unique. La batterie assez jazzée de Sam Toms vient avec brio se mélanger au travail de basse à la fois rythmé, mélodique et complexe de Thomas Edison Warmsley.

Écouter Temples sur disque et les voir en spectacle nous plonge dans un univers assez similaire, mais il reste cependant qu’en spectacle, on plonge bien plus profondément dans l’onirisme et la spiritualité de cette musique enivrante. Ce que j’ai apprécié avant tout, c’est la lourdeur de ce rock psychédélique que la bande de Bagshaw parvient à mettre de l’avant en live sans pour autant dénaturer quoi que ce soit de leur son très travaillé.

templesmag970

D’un point de vue davantage esthétique, on sent également une forte cohésion dans le choix des costumes. Véritables personnages, les membres de Temples sont tous vêtus d’une manière très britannique et arborent des vêtements de friperies sortis d’une autre époque, le tout à une sauce extrêmement moderne. De plus, le look androgyne des clairement assumé chez certains membres du groupe, autant dans leurs vêtements que leur aise à porter du maquillage et des bijoux féminins. De ce côté, c’est Adam Smith qui fut le plus intéressant à regarder sur une scène. Son attitude désinvolte presque malaisée nous démontre que c’est avant tout la musique qui siège en maîtresse en lui. Cet excellent musicien est, je vous l’assure, assez fascinant à regarder aller sur une scène.

Le spectacle va donc bon train et nous mène à son point culminant plus rapidement qu’on ne l’aurait souhaité. Après de longues minutes d’attente durant lesquelles Temples se laissent désirer (ils n’avaient pas encore joué leurs hits Shelter Song et Sun Structures), les quatre musiciens finissent par remonter sur scène pour le bon plaisir des spectateurs.

Coup de théâtre et moment clou du spectacle, un joueur de Sitar monte sur la scène pour interpréter avec le groupe la très orientale Sun Structures. Le morceau fut d’ailleurs allongé de bien des mesures pour nous laisser apprécier ce mythique instrument que le rock s’approprie parfois si bien.

La tête pleine de musique, je suis sorti du Cabaret du Mile-End satisfait d’un spectacle qui s’apprécie magnifiquement dans ce genre de petites salles. Je suis d’autant plus content d’avoir été de ceux qui virent Temples ce soir là au Mile-End, car c’est certainement dans une plus grande salle que nous aurons l’occasion de les revoir au Québec.

LE PARLEUR

PS: Je vous laisse ici avec une performance de Prims qui ne provient pas su spectacle du Mile-End.