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Vue d’ensemble sur “Panorama”

Ma première critique sur Tire Le Coyote. En fait, ma première critique sur ce blog et même… Ma première critique à vie. D’ailleurs, la première fois que la voix et la musique de Tire Le Coyote a percuté mes oreilles, je m’en suis trouvé déstabilisé, voire un peu méfiant. Je crois même m’être passé la réflexion que je n’allais pas donner suite à une seconde écoute. Des textes de très haut niveau et un son peu ordinaire auquel on s’attache vite, finalement… Son premier EP et Le fleuve en huile, disques sur lesquels j’ai pu mettre la main (on ne me surnommera pas « Le Ramasseux » pour rien) sont remplis de perles tant au niveau littéraire que musical. Et je ne me mettrai pas à jaser du chef-d’oeuvre Mitan, j’en aurais trop long à dire… Un de mes classiques à vie. Voilà. On y va !

L’album fait honneur à son auditeur en ouvrant avec une superbe pièce instrumentale garnie de clarinette, instrument qui vient côtoyer pour la première fois la musique de Benoit Pinette, et c’est alors que Ma révolution tranquille commence à tourner, une chanson imagée, authentique et texturée de country-blues-rock comme seul Tire Le Coyote sait les écrire. Les fans assidus s’y trouveront déjà charmés.

L’album se poursuit ensuite, oscillant entre country façon rétro et blues-rock soutenu par son acolyte Shampouing. Ces deux styles apprivoisant l’écriture métaphorique, unique et bien québécoise de l’auteur-compositeur-interprète participent à la création d’un climat particulier et enveloppant, propre à l’artiste. S’enchaînent de remarquables chansons telles que Rapiécer l’avenir, Ma filante ou La fille de Kamouraska.

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Et là, soudainement, sans prévenir, se pointe la chanson Jolie Anne, figurant maintenant parmi mes favorites. Des lignes comme « Ton silence de monastère évoque la bombe atomique, les angoisses du triangle dans un orchestre symphonique », « Laisse-moi mettre de l’espoir dans ta tink à méfiance » ou encore « Y’a aucune douane su’l chemin d’la liberté » démontre qu’en écoutant cette musique, nous avons ici affaire à un artisan des mots et des idées. Un auteur, un vrai. De plus, le tout se voit accompagné d’une guitare simple, mélancolique et efficace ainsi que d’une charmante clarinette qui vient encore une fois, grandement ajouter à l’oeuvre.

Comme si ce n’était pas assez, la piste suivante, Les miracles se vendent à rabais, m’a aussi énormément plu. Six minutes bien investi : De la guitare acoustique folk qui s’alterne avec une autre électrique et solide, un rythme énergique et pour la première fois, il me semble, une prise de partie politique. La route musicale se termine ensuite par une très courte instrumentale qui rappelle la pièce d’introduction, une excellente façon de clore l’album en douceur.

Je termine en souhaitant mes meilleurs vœux d’avenir à cet artiste honorable qui se trace un chemin dans l’univers de la musique francophone à grand coup d’intégrité, d’honnêteté et d’humanité.

LE RAMASSEUX

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