Tag Archives: Montréal

Je suis allé voir Streetlight Manifesto.

Je l’ai déjà mentionné souvent par le passé, le genre musical qui m’a toujours attiré particulièrement restera sans aucun doute le punk. Bien que je me considère assez diversifié, fondamentalement, au fond de moi-même je suis un Punk. Dès qu’on rentre dans cette catégorie, on a pas le choix d’un jour tombé dans l’univers du Ska, les Reel Big Fish, Less Than Jake, Goldfinger, Mad Caddies et évidemment Streetlight Manifesto de ce monde! Comment ne pas être charmé par la nature festive de cette musique, par cette sensation qui s’empare de nous quand on entend le premier solo de sax baryton. Personnellement je n’y peux rien, la magie du ska s’empare de moi.

streetlight-manifesto-tickets_10-20-15_17_556f580344f49

C’était donc samedi dernier, 17 octobre, après une magnifique journée à manger de délicieuses bouchées à la foire culinaire complètement courge d’Hochelaga-Maisonneuve, que je me dirigeai non sans hâte au Metropolis de Montreal. J’ai attendu assez longtemps pour enfin me rendre à un show de Streetlight Manifesto, moi qui les suit depuis mon adolescence, je rêvais depuis longtemps de les voir sur scène. C’est sans trop se faire attendre que le groupe prend place sur scène, ouvrant sur la pièce With Any Sort Of Certainty, tiré de leur plus récent album The Three Of Us. L’ambiance s’installe très rapidement, les gens connaissent le groupe, connaissent les albums, et le Metropolis affiche complet, que demander de mieux?

Streetlight Manifesto offre un spectacle très friendly, une simple toile d’un lampadaire de rue en guise de background et quatre micros au devant de la scène près à accueillir guitare, saxophones, trompette et trombone. Nombreux classiques du groupe sont présent tout au long de la soirée, dont plusieurs tiré de leur premier album. On sent néanmoins que Keasby Nights est quelque peu délaissé. Même s’il s’agit pour moi d’un incontournable, je ne suis pas déçu d’entendre A Better Place, A Better Time, un des moments forts de la soirée il faut se le dire.

Impossible de passer à côté, A Moment Of Silence et A Moment Of Violence resteront à jamais gravé dans ma mémoire, la foule y était, l’ambiance était démesuré. Il faut dire que Tomas Kalnoky sait y faire, les moments calmes ou il joue en solo, puis quand les cuivres reprennent possession du terrain sont tout à fait magnifiques. Le groupe offrira également The Big Sleep en guise de dernière pièce avant de revenir pour deux supplémentaires.

Le dernier album du groupe n’est malgré tout pas laissé de côté, bien que l’accent ait été mis sur Everything Goes Numb et Somewhere In The Between, on a droit à plusieurs titres de leur dernier opus, qui ne sont absolument pas déplaisant. Mention spéciale à Toe to Toe, ballade ska parfaite. C’est sans arrêt qu’on aura pu admirer des dizaines de fans faire du body-surfing et des moshpit un peu partout dans la salle, très apprécié de voir autant de personne vivre le show à fond! Selon moi certains titres manquaient à l’appel mais je reste amplement satisfait de cette performance de plus de 90 minutes de groupe. J’espère bien pouvoir y refaire un tour à leur prochaine visite. Peace!

LE FRÈRE

Advertisements

À Paradis City en toute honnêteté avec Jean Leloup.

Un peu plus d’une semaine, c’est ce qu’il me fallait pour prendre un peu de recul et pouvoir poser un regard critique sur À Paradis City, le plus récent album de Jean Leloup. Il est de ces artistes qui, avant même d’avoir présenté du nouveau matériel, semblent déjà convaincre leur auditoire de la qualité de la chose. Pour ma part, il va de soi que le Wolf s’immisce dans cette catégorie. Ainsi, je me dois, avant de me prononcer, de mettre de côté mes émotions et de m’imposer un regard comparatif face à cette nouvelle œuvre de cette figure de proue de la chanson québécoise.

Leloup

Avec À Paradis City, il me semble, malgré l’orientation quelque peu mélancolique et nihiliste que peuvent prendre certains textes, particulièrement celui de Willie, que se présente devant nous un Jean Leloup à l’esprit bien plus éclairé que celui qui nous avait présenté Mille excuses Milady en 2009. Ce dernier, qui s’est installé comme un de mes favoris dans l’œuvre de Leloup, m’apparaît malgré tout comme un flot de boucane continue. Sur Mille excuses, l’art contrôle l’artiste tandis que sur Paradis City, l’auteur-compositeur-interprète contrôle son art et l’éclatement psychique qui fait de lui ce qu’il est.

Ce qui est intéressant avec ce dernier disque, c’est que Jean Leloup revient aux sources de sa composition. Il teinte ses textes de sa propre philosophie plus pure qu’elle ne le fut présentée auparavant. Également, il parvient à épurer les arrangements de sorte que l’on puisse se concentrer sur les textes sans pour autant en venir à oublier la musique qui les porte. Nous le savons, par le passé, Leloup, entre autres sous le pseudonyme de Johnny Guitare, était parvenu à nous démontrer quel excellent guitariste il est. Cependant, c’est sans dentelle et sans ornement qu’il concentre cette fois À Paradis City sur la force de ses compositions plutôt que sur les prouesses guitaristiques. Il est aussi important de noter que l’album n’a pas été conçu dans cette optique. Tout d’abord, les chansons avaient été arrangées d’un son plus contemporain, un son électronique. Puis, Leloup l’expliquait en entrevue, c’est à partir de ces arrangements que l’album fut retravaillé avec des musiciens pour en venir à ne garder que le nécessaire des arrangements électroniques. Par le nécessaire j’entends ici cette petite touche qui donne son unicité à l’album, je pense par exemple à la chanson Petit Papillon et à la présence dans celle-ci de claviers qui sonnent comme une voix distortionnée et qui ne peuvent que soutenir à merveille la triste histoire que nous raconte Jean Leloup.

À Paradis City est à mon avis un amalgame de chansons toutes plus appréciables les unes que les autres. Pour ma part, j’ai adoré Les Flamant Roses, mais c’est avec un sourire que j’ai particulièrement arrêté mon attention sur Voyageur. Ceux qui auront assisté au spectacle La Nuit des Confettis en 2013 s’en souviendront peut-être, Leloup agrémentait entre quelques chansons une ligne qui m’était restée longtemps dans la tête après ce spectacle : « Sombre est ta solitude voyageur/ pauvre guerrier sans pleur » Ces vers semblent s’être transformés peu à peu pour s’introduire magnifiquement vers la fin de Paradis City.

Je lève également mon chapeau à l’idée de Leloup d’ajouter à l’intérieur du cahier de textes de son album chacun des accords utilisés pour interpréter toutes les pièces de ce dernier opus. Peut-être cette tentative aura-t-elle déjà fait ses preuves chez d’autres artistes, c’est néanmoins la première fois que je peux en faire la constatation à l’achat d’une copie physique. Qu’il est agréable d’entendre le Wolf dire en entrevue qu’il préfère croire que les gens joueront ses chansons plutôt que de les écouter. S’il en est un qui a compris quelque chose à son art et qui nous l’offre chaque fois avec l’honnêteté d’être celui qu’il est, c’est bien Jean Leloup.

Bonne écoute!

LE PARLEUR

Elephant Stone : le psychédélique oriental à son meilleur.

Comme mon collaborateur sur Correspondances j’ai décidé de me prêter au jeu de rédiger une critique durant l’écoute de l’album, à frette, comme dirait l’autre.

J’ai déjà entendu le groupe Elephant Stone l’an dernier lorsque j’avais fait l’écoute de leur album éponyme paru en 2013, qui était lui-même précédé de The Seven Seas (2009). J’ai ensuite eu la surprise de pouvoir entendre un solo de sitar de Rishi Dhir, chanteur, bassiste et sitariste du groupe durant le spectacle des Temples au cabaret du Mile-End l’automne dernier. Grâce à Poulet Neige, The Three Poisons, plus récent opus du groupe montréalais fait maintenant partie de ma bibliothèque musicale Itunes. Je m’attaque donc à une critique spontanée de celui-ci.

Elephant-Stone

Première pièce qui nous introduit au son du groupe, tout basé sur le sitar de Rishi, Motherless Child (Love’s not for war), ne peut en aucun cas m’empêcher de penser à George Harisson. Tant dans la construction de textes ésotériques que dans le pop-psychédélique de la pièce, il est possible de déceler que c’est dans le même mouvement musical que la période Revolver des Beatles que vient s’inscrire cette pièce. Le tout est cependant maîtrisé avec une oreille moderne qui nous permet d’oublier, surtout lorsqu’on a entendu les autres albums du groupe, que le sitar ne fait pas que rappeler Harisson, mais qu’il est plutôt un instrument à l’histoire bien plus profonde.

Knock You Fron Yr Mountain débute ensuite dans une ambiance bien différente de la première chanson. Si la voix de Rishi reste la même, l’esssence de la chanson puise davantage dans le blues et dans le Rock n’ Roll tout en baignant dans un psychédélisme qu’il est impossible de dénier chez Elephant Stone. Pour ne pas parler que du sitar, instrument que j’affectionne particulièrement, je dirai plutôt que ce sont les vois féminines sur cette pièce qui viennent soutenir et donner le sens à cette pièce et aux très efficaces « Yeah » de Rishi lors du refrain. L’assise principale de la chanson se constitue à travers la solide basse accompagnée d’un fuzz directement sortie des 70’s.

Les premiers accords de All is Burning annoncent, suivis d’accrocheuses lignes vocales un chanson qui, sans faire dans le pastiche, me rappelle les mélodies de Temples dont j’ai parlé plus tôt. À la moitié du morceau, on semble cependant creuser plus profondément dans le psych et c’est finalement l’héritage de Syd Barett qui transparaît à travers une langueur quant à elle bien propre au son d’Elephant Stone.

Un vrai salut pour les claviers planants et bien vintage en ce qui attrait à Worlds dont’ Begin and End with You nous réserve un morceau teinté d’une pop extrêmement efficace. Un refrain romantique bien travaillé comme nous les aimons nous laisse sur une impression de légèreté loin d’être désagréable. Si ce n’était du peu d’intérêt que portent les radios aux groupes émergents, il est certain que ce morceau pourrait se retrouver au top des listes. Les dissonances parfois apportées par la guitare et les synthétiseurs suffisent à nous convaincre que la pop n’a aucun besoin d’être polie pour convaincre.

Arrivé à Wayward Son, je ne peux qu’être déjà convaincu du reste de l’album. Les morceaux sont jusqu’à présent écrits pour être réécoutés. L’expérience de Rishi auprès de grosses pointures comme Beck ou encore Brian Jonestown Massacre prend tout son sens dans la forte cohésion d’accroche de The Three Poisons. Wayward Son est une ballade légère et agréable qui souffle un vent frais d’été d’une oreille à l’autre et nous porte du début à la fin presque trop rapidement à mon goût.

Ensuite, coups de théâtre, Intermediate State nous sort de la légèreté occidentale de la pièce qui précédait pour nous transporter vers Child Of Nature (Om Namah Shivaya). D’un rock psychédélique bien dur au tourment d’une lourdeur très pertinente, cette pièce vient équilibrer l’album par rapport à ce qui y avait été inséré auparavant et nous ramène aux ascendances musicales du groupe.

three-poisons

Je suis un fan de Tame Impala, et cette autre pièce qui se présente à mes oreilles, intitulée Living For Something ne peut que venir faire un petit clin à cet amour que j’ai pour les rois du psychédélique australien. Je m’imagine déjà Elephant Stone sous un soleil d’été dans un festival tel qu’Osheaga porter doucement le public avec cette chansons aux paroles dignes de Lennon, dont la voix de Rishi, je dois le mentionner, ne peut s’éloigner. Voilà, c’est fait, j’ai déjà trop parlé des Beatles.

Mes tergiversations continuent à mesure qu’avance l’album avec la pièce titre Three Poisons. La guitare électrique fait ici le travail du sitar. L’apport des pédales tend à moderniser cette tradition de la musique orientale qu’exploite à fond le groupe depuis ses débuts. Les textes, dotés d’une captivité vaporeuse, chantés à la manière de Rishi, ont sur moi l’effet d’une espèce de long mantra. De toute évidence, Elephant Stone ne laisse pas de côté ses textes au profit de la musique. Chaque petit détail est, non pas réfléchi, mais senti par chaque membre du groupe.

Couplet pop et accrocheurs, les refrains d’Echo & the Machine laisse place à un refrain travaillé avec un son psychédélique bien classique. Avec un clavier qui me rappelle Tom Sawyer de Rush, cette avant-dernier morceau de l’album est l’un de deux qui m’accrochèrent le plus tout au long de l’écoute. Cette pièce invente un The Tea Party plus moderne. On réalise dès lors que parmi les groupes qui travaillent les gammes orientales, c’est l’éclatement, avec des incroyables talents comme ceux d’Elephant Stone et Temples, on sait que ce type de musique possède une relève.

The Three Poisons se conclut avec Between the Lines. La première minute nous fait planer jusqu’à la batterie qui nous offre un rythme bien simple qui vient soutenir la philosophie que chante Rishi. Cet au revoir nous laisse sur des questions par rapport à notre place en tant qu’humains et me laisse avec cette impression que malgré la courte durée de l’album (environ 34min), il était maintenant temps de terminer ce premier voyage avec Elephant Stone. Il va cependant de soi que cet album viendra prendre une place de choix parmi mes autres possessions en psychédélique. Malgré le modernisme d’Elephant Stone, c’est en vinyle que je me procurerai leur plus récente parution, car il me semble que le cachet vintage du groupe s’y accole beaucoup mieux.

D’un point de vue davantage personnel, The Three Poisons constitue jusqu’à présent une de mes découvertes favorites de la liste Poulet Neige que j’ai eu l’occasion de commencer à écouter au début du mois de janvier. Bonne écoute à tous!

LE PARLEUR

Dumas, éponyme pour une deuxième fois.

Il y a déjà plus de dix ans que l’auteur-compositeur-interprète Dumas a remporté le prix du festival de la chanson de Granby. Depuis, le Victoriavillois est parvenu à se réinventer à chaque parution dans une signature musicale bien à lui.

cover_Dumas

Auparavant, j’avais accordé une attention passagère à Dumas, sans pour autant me plonger dans son œuvre avec la volonté d’approfondir celle-ci. C’est après l’avoir vu en spectacle à la Saint-Jean-Baptiste que je finis par décider de me concentrer un peu plus sur cet artiste déjà depuis longtemps respecté dans le milieu. Convaincu d’avance, je me suis donc procuré il y a quelques semaines, son plus récent album, deuxième parution éponyme pour le chanteur.

Vaudou, c’est ainsi que s’intitule la première pièce de celle album dont la pochette cama à saveur 8bit a tout pour se faire remarquer dans le présentoir à disques. Les musiques qui nous introduisent à ce dernier opus nous montrent que Dumas est en plein dans l’air du temps et parvient à exploiter des sonorités électroniques toutes sauf abusives.

Il va de soi, à l’écoute de l’album, que Dumas, malgré la réputation qu’il a de s’enfermer hermétiquement en studio lorsque vient le temps de réaliser un disque, n’ignore pas ce qui se fait ailleurs qu’au Québec. À mon avis personnel, cet album démontre, d’une autre manière que Jimmy Hunt ou Nevsky, qu’il est possible de faire de la musique en français tout en explorant le style musical qui nous plait. En fait, 2014 en musique au Québec ne peut qu’annoncer cette émancipation que la musique francophone affirmera avec encore plus de force en 2015. Forêt, Hôtel Morphée, Dead Obies, Misteur Valaire et bien d’autres artistes et groupes d’artistes constituent les meilleurs exemples de l’unicité musicale au Québec. Avec plus d’expérience derrière la cravate, Dumas surfe sur cette vague allégrement et cet album s’assume à mon avis comme un album pleinement ancré en 2015 malgré sa date de sortie. Du moins, il ne sortira pas de mes listes de lectures de sitôt.

Enregistré aux Studio B et Studio Victor à Montréal, l’album est fièrement enraciné dans ce milieu culturellement bouillonnant. Néanmoins, c’est dans nulle autre ville que Londres que fut mixé Dumas par Stephen Sedgwick qui a entre autres travaillé avec l’excellent Damon Albarn. à l’écoute de pièce comme Anne Peebles, La nuit (amateur des 80’s, retenez ce titre) ou encore Sa Chambre, on ne peut que confirmer que cet album se devait d’être mixé par un britannique. Les sonorités fortement influencées par la brit-pop officient qu’il est possible de faire une musique bien québécoise tout en pigeant dans un répertoire d’influences international.

Les textes, écrits par Dumas lui-même accompagné d’Alexandre Soublière, vont en concordance avec ce qu’on est habitués d’entendre chez Dumas. Cependant, il me semble, à l’écoute de pièces telle que Silence Radio qu’une nouvelle honnêteté transparaît à travers la voix chanteur qui nous offre quelques lignes léchées toutes en poésie. Autant Dumas a travaillé sa musique de manière minimaliste que les textes peuvent parfois prendre d’étonnantes directions d’une sensibilité renversante qui n’ignorent certes pas certaines traditions de la chanson française.

Au final, c’est donc avec un album tout sauf fermé sur le monde que Dumas repartira en tournée. D’ailleurs, il est de mon impression que grâce à l’attention portée aux claviers sur cette deuxième parution éponyme, certaines chansons se feront très festives lors des spectacles. Bonne écoute, et bonne année 2015!

LE PARLEUR

Un album, une critique #2

a0019622640_2

Je commence l’année avec un retour de mon petit jeu, un album, une critique.  L’idée est de choisir un album qui nous est inconnu et de le critiquer après seulement une écoute.  Sans plus d’attente, les grands gagnants sont aujourd’hui le band Solids et leur album Blame Confusion paru en 2013!  C’est à nouveau grâce à Poulet Neige que je me suis procuré leur album. Je ne connais aucunement ce groupe, mais déjà la première pièce prévoit quelque chose d’intéressant!  Solids a tout pour rappeler des groupes tel que Pink Mountaintops, The Black Lips ou encore Wavves.  Dans un genre Garage Rock, la guitare dite sale est assurément leur arme de prédilection.  Personnellement c’est un genre de musique que je prend toujours beaucoup de plaisir à revoir, un son assumé dans une imperfection resplendissante.

C’est en écoutant les premières pièces de l’album que je me permet de vaguer sur les internets à la recherche d’informations à leurs sujets, déjà que je connais assez bien le genre de musique qu’exploite Solids.  Over The Sirens, Off White et Traces livrent parfaitement ce à quoi  on peut s’attendre d’un album Garage Rock, un son lourd qui permet de se vider l’esprit le temps d’un album.  C’est sur Haze Away que je fut particulièrement intéressé, un petit côté rock alternatif qui me rappela Balance and Composure.  C’est d’ailleurs dans cette optique que se poursuit l’album Blame Confusion dans sa pièce éponyme et sur la pièce Laisser Faire.  Tout en gardant sa sonorité de band de garage, Solids nous montre une autre facette de sa personnalité.  Plus définie et plus relaxant, l’album semble déjà bien travaillé et contenir plusieurs variétés.

J’ai particulièrement aimé la dernière partie de l’album, un côté plus agressif, très pesant mais aussi plus défini. La pièce Cold Hands offre un excellent moment instrumental, un jam parfait qui démontre la connexion entre les musiciens.  Through The Walls se poursuit sur cette magnifique lancée, l’énergie dégagée est tout simplement parfaite, il est très facile de se laisser emporter par le rythme offerts par le band.  L’album se conclura sur Terminal, une pièce très bien choisir pour fermer la boucle de Blame Confusion, une pièce qui fait assurément partie de mes coups de coeur de l’album.

C’est ce qui conclut cette critique de Solids, après seulement une écoute de Blame Confusion je suis déjà sous l’emprise du groupe.  Vous me verrez certainement en reparler en format critique live ou s’ils sortent un nouvel album cette année!  Encore une fois, un album, une critique me fait découvrir un album que j’aurais due écouter bien avant.  Je n’ose imaginer le nombre de fois ou l’on passe par-dessus une découverte intéressante par manque de temps ou de motivations.  Je vous encourage à faire de même avec des albums et groupes que vous ne connaissez pas!  N’hésitez pas à m’envoyer des suggestions, j’essaierai de retenter l’expérience dans les prochaines semaines.

LE FRÈRE

Je vous laisse ici le lien vers Poulet Neige: http://pouletneige.com/

Et un autre vers le bandcamp de Solids : http://solids.bandcamp.com/album/blame-confusion

Fiori : l’album québécois de l’année?

 

Vais-je choisir un album que j’ai préféré parmi tous ceux qui me sont passés par la tête depuis les douze derniers mois? En fait, je ne sais pas encore parce que, pour l’instant, je n’ai pas encore fait le tri dans mon esprit à savoir si une découverte ou une sortie était plus encline qu’une autre à triompher sur le podium de mes intérêts. Par contre, j’en suis venu à réfléchir à ce dont je n’ai pas encore parlé et qui, pourtant, a fait jaser pas mal sur la scène québécoise cette dernière année. Le premier nom qui m’est venu à l’esprit, Serge Fiori.

serge-fiori

Son nouvel album, qui porte son nom, s’annonçait comme un souffle de cor dans l’industrie nationale du disque. Les mêmes questions désagréables sont revenues : Y aurait-il un retour d’Harmonium? Fiori va-t-il faire une tournée? À ce genre de questions, il va de soi qu’on connaît déjà la réponse. Non et… non. Il est plutôt de mon avis qu’il faut savoir apprécier ce que ce grand artisan de la musique a su nous offrir depuis sa très longue absence. Cependant, Fiori est cité à quelques endroits comme album de l’année. Claude Rajotte, qu’on connaît comme un critique assez sévère, lui a même offert un 11/10 lorsqu’il détruit en ondes des groupes émergents. Vendu d’avance monsieurs Rajotte? Nous savons que l’animateur de Musiqueplus était critique de disques à CHOM fm dans les années 70 et qu’il fut un des premiers à donner sa chance à Harmonium. Doit-on néanmoins mettre le Fiori d’aujourd’hui dans le même panier que l’Harmonium d’antan? Je parle ici de ce même Harmonium qui encore aujourd’hui, ne peut que nous revenir dans les oreilles, tout l’temps.

Il est en effet assez difficile de dissocier l’un de l’autre, vu l’apport créatif de Fiori au groupe dont il fut de leader il y a de ça déjà bien des années. Cette touche Harmoniumesque, Marc Pérusse, l’homme derrière la console de mixage, est parvenu à la manier en maître. Ainsi, on retrouve sur le nouvel album du chanteur et adepte de la douze cordes ce qui nous plait le plus de l’époque de Si on avait besoin d’une cinquième saison sans pour autant qu’on en remâche les idées.

Comme Fiori l’avait mentionné en 2006 lors d’une longue entrevue accordé aux Francs-Tireurs, il avait la volonté de faire un album plus blues. 2014 arrivé, il tient sa promesse et vient nous présenter des pièces francophones à un blues bien récupéré dans son propre style. Zéro à dix constitue un bon exemple de cette influence sur l’album. Il en va de même pour la satirique Crampe au cerveau, qui énonce, sous une musique fort agréable, la haine de l’auteur-compositeur pour le gouvernement Harper. Ce qui choque davantage, ce sont certains textes sur l’album. Les deux chansons précédemment mentionnées, et je présente ici un avis purement personnel, sont abordées sur un degré tellement primaire qu’on ne peut plus reconnaître la force poétique de Fiori, celle qui nous faisait décoller la conscience à des miles en l’air avec Harmonium ou Fiori Séguin. Déçu, je l’ai aussi été par le texte de Le Monde est Virtuel, single de l’album. Comment est-ce que l’auteur d’un chef-d’œuvre comme l’Exil peut-il se contenter de faire rimer twitter avec toaster? La musique du single reste malgré tout fort bien écrite et m’a permis d’apprécier la pièce pour ce qu’elle est : un single radiophonique qui assume clairement ses idées (légèrement dépassées d’ailleurs).

Heureusement, Fiori est aussi un album convaincant qui affiche fièrement des pièces comme Le chat de gouttière, Démanché ou l’Heptadesque Si Bien. Mes principaux coups de cœur se sont formés dès la première écoute de l’album, le jour de sa sortie, à travers l’excellente Jamais où Fiori est accompagné de son ancienne collègue d’Harmonium Monique Fauteux. Encore une fois, ils prouvent que leurs voix peuvent se marier à une perfection qui n’est, à mon avis, égalée que de peu de chanteur au Québec. Le sanskrit de Laisse-moi partir et de Seule ne laisse aucun doute quant au génie de Fiori de pouvoir mélanger spiritualité et musique. Il l’avait d’ailleurs brillamment démontré avec ses albums de mantras il y a quelques années.

fiori photo

Ce qui rassure, c’est que les textes des trois dernières chansons mentionnées permettent de comprendre que Serge Fiori n’a rien perdu de sa plume. Si l’humour un peu facile de certaines autres chansons ne me plait pas, il peut cependant venir rejoindre un autre public. J’aime profondément la musique de cet auteur-compositeur en grande partie pour ses textes et leur manière d’être chantés.

Au final, c’est d’ailleurs pourquoi je ne décrocherai jamais vraiment des trois albums studio d’Harmonium. Que l’on passe par Si doucement qui chante le moment présent, Depuis l’automne, élégie socio-politique ou que l’on passe par Lumières de Vie qui raconte l’éclipse à travers la conscience humaine, il n’est aucune raison sur terre de ne pas donner d’attention au travail de Serge Fiori. Son album, je l’ai acheté, je l’ai aimé, mais j’essaie malgré tout de rester critique quant à son importance en 2014. Les Québécois sont un peuple émotif, l’album s’est vendu sur de la nostalgie, mais heureusement, il reste un album de qualité. Est-ce qu’il vient révolutionner l’année 2014 en musique? La question est peut-être trop grande pour y répondre. Fiori vient-il révolutionner VOTRE année 2014 en musique? Il n’appartient qu’à vous de trouver la réponse.

LE PARLEUR

The Beaches @ Divan Orange

10520675_799105466816241_88974181152348870_n

On est pas mal chanceux ces dernières semaines, après The Pretty Reckless, The Tea Party et Chocolat, voilà que j’ai également eu la chance d’assister au spectacle des Beaches au Divan Orange jeudi soir dernier.  Une petite soirée fraîche après une dernière semaine de cours avant les examens, un show parfait pour se reposer entre deux rush!

C’est le groupe montréalais Frisky Kids qui ouvrit le bal, malheureusement je n’ai pu assister qu’à leur deux dernières pièces.  Un groupe qui semble teinté de la vibe des Black Keys, White Stripes et des Arctic Monkeys, bref, un Garage Rock qui a de la classe.  Quoi qu’il en soit, même ma copine me murmura à l’oreille qu’ils avaient un quelque chose d’attirant dans leur son.  À suivre, je tenterai certainement de me faufiler à leur prochain passage dans la métropole.

J’ai réellement eu un coup de foudre pour le Divan Orange, magnifique petite salle qui possède une certaine chaleur particulière.  Ma Moosehead en main et un cocktail Hawaïen pour ma copine, c’est le groupe The Mohrs qui entra sur scène, originaire de Toronto et leadé par la charismatique Jackie Mohr.  Sa guitare en main et le regard plein d’assurance, Jackie était prête à donner son 110%.  Malgré le peu d’achalandage en ce jeudi soir, le public semble réceptif, personnellement j’ai adoré leur style.  Un son typiquement canadien, une assurance de leur style plutôt undeground tout en gardant une touche pop grâce à la magnifique performance vocale de miss Mohr.  Un band original qui a le potentiel de faire davantage parler dans les années à venir.

Finalement j’en oublie presque la raison de mon déplacement, Jordan Miller, Kylie Miller, Eliza Enman McDaniel et Leandra Earl, ces quatre canadiennes qui forment The Beaches.  Elles ouvrent rapidement le show avec des pièces de leur plus récent EP, Heights.  Très énergique on est vite entraîné, les gens se dirigent rapidement vers l’avant et on sent déjà que tout le monde attendait ce groupe pour bouger.  Personnellement les pièces de leur premier EP éponyme viennent davantage me chercher, mais le mix entre les deux albums du groupe se fait à la perfection.  On a droit à plusieurs solo de la part des musiciennes, ce qui reste à mon avis les meilleurs moments de ce spectacle, des Jams qui ne tardent pas trop en longueur et qui montent l’ambiance à une vitesse hallucinante.  Mention spéciale à Kylie Miller qui nous offre un moment très touchant, elle-même à la voix en s’accompagnant à la guitare pour terminer sur un solo.

Somme toute, pour tout ceux qui me diront qu’il ne s’en fait pas de bonne musique au Canada, vous ne savez pas ce que vous manquez!  Je tenterai certainement de me redéplacer à quelques spectacles plutôt underground, et vous tiendrai au courant!  D’ici là, je vous avait promis une critique du dernier projet de Julian Casablancas et se devrait être ma prochaine publication.  Peace.

LE FRÈRE

The Beaches      The Mohrs      Frisky Kids

Je vous laisse ce vidéo des Mohrs!