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Jimmy Hunt : l’authenticité d’une musique visionnaire.

Maladie d'amour

 

Encore une fois, un article un peu tardif sur un album déjà paru il y a un moment. Par contre, c’est aussi un album qui vaut la peine qu’on y revienne pour continuer de propager cette bonne nouvelle musicale qui n’arrive pas encore malgré ses nombreuses qualités à venir capter l’attention du grand public; occupé à autre chose il faut croire. Entrons donc dans le vif du sujet.

Maladie d’amour, le dernier projet de Jimmy Hunt se veut un virage logique pour l’auteur-compositeur-interprète de Québec. Celui qui avait commencé sa carrière de musicien au sein du groupe Chocolat poursuit son exploration d’un son mélangeant le rock psychédélique à un folk unique en son genre qu’on retrouve sur son premier album homonyme.

Sur Maladie d’amour, il est évident dès le premier morceau, Antilope, que l’expérience d’écoute qui s’offre à nous n’est en aucun cas comparable à une grande quantité d’artistes francophones québécois, malgré certaines similitudes avec Gros Mené ou encore des envolées rock qui nous donnent l’impression d’écouter du Galaxie plongé dans un endormissement rêvasseur. Accompagné sur cet album d’une petite équipe assez disparate, la réalisation est signée Emmanuel Ethier. Ce qu’on nous offre ici comme album à la pochette audacieuse est une musique élaborée par un musicien et une équipe qui, de toute évidence, affectionnent particulièrement le travail d’arrangements léchés. D’ailleurs, c’est dans ce sens qu’on peut constater que cette musique bien québécoise est construite de manière britannique par ce souci de l’arrangement qui vient enrober magnifiquement des musiques à prime abord assez simples. Ainsi, l’utilisation des synthétiseurs se fait indispensable tout au long de Maladie d’amour et ce sont ceux-ci qui viennent créer, avec les textes, une cohésion extrêmement convaincante qui nous pousse très rapidement, à l’écoute du disque, à vouloir aller vivre l’expérience Jimmy Hunt en spectacle.

D’ailleurs, pour l’avoir expérimenté, il est clair comme du cristal que Maladie d’amour prend tout son sens en spectacle. Majoritairement présenté en petites salles, j’ai cependant eu la chance de constater tout le potentiel de cette musique sur les Plaines d’Abraham cet été en première partie du mémorable spectacle de Louis-Jean Cormier. En concert, j’ai constaté que ceux qui entourent Hunt sont sans l’ombre d’un doute des musiciens de talent. Il était, ce jour là, accompagné aux claviers par François Lafontaine, l’homme derrière les magistraux claviers d’un Karkwa dont il est si facile de s’ennuyer aujourd’hui.

Sur Maladie d’amour, l’auditeur se fait offrir un album aux guitares frôlant le rockabilly, lorsqu’elles ne se font pas elles-mêmes prêtresses d’un psychédélisme très bien maîtrisé. Le tout se veut solidement adossé à une batterie simple, mais très efficace. Ce genre de musique ne semble pas avoir besoin d’un ensemble de batterie à dix mille dollars pour nous convaincre. La basse sur Maladie d’amour se fait quant à elle porteuse d’une nostalgie new wave typiquement issue des années 80 tout en se faisant bien langoureuse pour rester connectée aux paroles vaporeuses et originales de Jimmy Hunt.

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                En effet, pour trouver une idée de vapeur dans un texte musical, on ne peut passer à côté des textes de Jimmy Hunt. Remplie d’une agréable condescendance et d’un soupçon d’arrogance, la poésie de Jimmy Hunt s’affiche comme hypnotisante par ses répétitions qui tournent en boucle dans des chansons comme Nos Corps, Antilope et Devant chez toi. Malgré l’accent assumé du Québécois, on ne peut pas renier l’aspect très Serge Gainsbourg de l’attitude que l’auteur-compositeur lie à ses texte.

Pour finir, souvenez-vous que Maladie d’amour est un album qui s’écoute avec des écouteurs et qu’il est important d’essayer, après quelques écoutes, de s’attarder aux textes minimalistes et imagés qui viennent justifier en eux-mêmes, toute l’ambiance d’un album solide dont les arrangements sont hors de tout doute un des points forts.

 

LE PARLEUR

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