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Philippe Brach : La Foire et l’Ordre.

Philipe Brach tortue

Artiste : Philippe Brach
Album : La foire et l’ordre

Il est toujours assez agréable de voir sortir de nulle-part un vent de fraîcheur musical bien québécois. En avril 2014, c’est avec La Foire et l’Ordre que Philippe Brach est parvenu à nous faire boire dans ses textes comme on boit avec joie une vieille 24 d’O’Keefe oubliée dans le fond d’un réfrigérateur d’épicerie de quartier.

D’une férocité très efficace, ce sont tout d’abord les textes de l’album de l’auteur-compositeur-interprète du Saguenay qui parviennent à nous séduire les tympans. Chantées dans une langue familière bien québécoise, les chansons telles que Le matin de raisons, Ressac sur la peau ou encore la déjantée Dans ma tête que Brach parvient très rapidement à convaincre celui ou celle qui choisira de donner lui donner une chance.
Cette musique qui nous fut offerte le printemps dernier n’aurait pu porter le nom d’un groupe. On sent dès la première écoute que c’est un album très personnel, que Brach a fait le ménage dans sa tête pour nous convaincre avec brio qu’il valait la peine d’être écouté.

La foire et l’ordre, c’est aussi le chant de l’amour malaisé, de la folie et de l’angoisse. Le chanteur s’y donne à cœur joie pour nous mettre en pleine face des problèmes personnels auxquels il a su dire au revoir avec ce projet. Ainsi, ces noires thématiques sont également abordées de manière à nous ouvrir la porte sur l’espoir en toute chose. Résultat : un album couvrant une gamme impressionnante d’émotions chantées dans un jouale qui nous crache en pleine face tout le méchant qu’on se garde tous en dedans. La foire et l’ordre fait du bien.

Chacune des chansons de cet opus se fait remarquer par la belle condescendance qu’elles savent transpirer. Je pense par exemple ici à Ravin, Race-Pape (ou l’ironie se chante à son meilleur) ainsi que Downtown. Aussi, une chanson telle que T’aurais pas pu nous prendre à deux nous mène à un point culminant d’une mélancolie musicale très bien dosée.

Venons-en d’ailleurs au son

Ancré dans l’héritage d’une chanson bien québécoise, ce premier opus de Philippe Brach saura satisfaire les fans des Colocs comme il saura faire sourire ceux qui on embarqué dans la folie de Bernard Adamus. Un album très moderne, il aurait cependant pu sortir il y a 20 ans et n’en aurait pas perdu une plume en efficacité. D’un son intemporel qui sait brillamment mélanger le folk, le rock et le country en allant par-ci par-là toucher à quelques envolées psychédéliques, La foire et l’ordre vient, comme une tonne de brique, nous rappeler que tout est parfois dans la simplicité. À la réalisation et aux arrangements on salue ici Pierre-Philippe Côté qui a su colorer l’album d’une façon à bien entourer la voix de Philippe Brach sans pour autant lui enlever toute la place qu’elle mérite. Parlant de voix, il faut aussi savoir que la voix de tête, ou falsetto, est ici intelligemment incorporée à des morceaux par Brach et se fait la signature vocale de cet artiste qui semble s’être rapidement forgé une place bien à l’aise au sein des critiques.
Pour terminer, sachez qu’il est assez facile de trouver plusieurs performances live de Brach sur les internet et qu’il vaut la peine de le regarder aller. La folie de l’album prend tout son sens lorsque l’on regarde Brach et son band en spectacle. Il est certainement un artiste bien d’ici qu’on saura suivre assidûment d’ici la sortie d’un deuxième album qu’on espère tout aussi rafraîchissant.

LE PARLEUR

http://philippebrach.bandcamp.com/

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