Tag Archives: indie

Lianne La Havas – Blood

Sur son deuxième effort, Lianne La Havas délaisse un peu le folk pour une mouture plus électronique, mais la richesse de sa voix soul est toujours au rendez-vous. Malgré une production électronique bien rythmée, les pièces laissent suffisamment d’air pour que la voix grandiose de Lianne puisse décoller en envolées lyriques. Ces montées dynamiques révèlent l’incroyable trémolo de la chanteuse et sa capacité à aller chercher des notes qui nous surprennent et nous font vibrer en même temps.

Si la voix nous avait déjà émus sur le premier album, la production musicale enrichie vient maintenant donner des ailes aux compositions. Cette plus-value nous frappe d’entrée de jeu sur Unstoppable. La pièce s’introduit sur une chorale de voix tendues, fendues par l’arrivée brusque et combinée de la mélodie et de la batterie. Les synthétiseurs viennent par la suite couper tout lien gravitationnel et donner un élan céleste aux montées vocales de la chanteuse.

Green and Gold représente un autre moment fort de l’opus. La guitare dote dès les premières secondes l’atmosphère d’une nervosité que la batterie vient fouetter habilement. On voit que la voix de Lianne excelle autant dans les graves que dans les aigües, autant dans la douceur que dans l’énergie. Le flux mélodique de l’artiste nous bouscule de gauche à droite par sa variété dans la cadence et dans la hauteur.

Si La Havas a le pouvoir de nous porter aux nues avec ses envolées lyriques, d’autres morceaux, comme l’introspective Ghost, nous plongent au plus profond de nos pensées. Grow en est une autre qui ramène au grand jour la chaleur intime du premier album. La chanson présente des couplets à la voix douce de tristesse contenue, qui se libère et explose sur les refrains.

La seule chose qu’on peut reprocher à cet album est de manquer de constance, en rassemblant une collection un peu disparate de morceaux qui ne s’enchaînent pas toujours à la perfection et qui ne présentent pas tous la même qualité. Néanmoins, cela nous donne aussi l’occasion de découvrir plusieurs facettes jusqu’alors inconnues de l’artiste qui sont autant de pistes à explorer et qui me laissent pantois quant à l’allure que pourrait prendre le prochain album. En somme, je crois que Blood est un disque tout indiqué pour les amateurs d’indie rock qui aimeraient s’initier au genre soul.

Note: 7,5/10

LE NAUTONIER

À écouter:

Advertisements

Pop et prises de becs.

La nouvelle fut annoncée récemment que le très populaire Ed Sheeran, qui devait prendre d’assaut le gigantesque Wembley Stadium de Londres en juillet pour un soir, ajoute deux dates consécutives à la première suite à une trop forte demande populaire. On sait qu’en 2007 ainsi qu’en 2011, Muse, également formation britannique, parvint à remplir le Wembley deux soirs enchaînés. Cependant, c’est la première fois que ce record a la chance d’être battu, cette fois par une popstar maintenant mondialement reconnue en ce jeune rouquin de talent.

gallagher

ED_SHEERAN_PUB1_CREDIT_BEN_WATTS.JPG

Néanmoins, là n’est pas le sujet de mon article, car je ne souhaite pas traiter de ma grande passion pour Ed Sheeran, semble-t-il qu’elle ait été égarée quelque part avant même de s’être emprise de moi. Ce qui m’a davantage intéressé dans cette histoire, c’est le commentaire de Noel Gallagher, qui n’a pas besoin de présentations, au sujet de ces trois méga-concerts dans une salle, souvenons-nous, à la capacité faramineuse de 80, 000 places.

D’un ton comme on le connaît railleur, le légendaire ex-leader d’Oasis s’est attaqué à Sheeran à l’aide de cette déclaration : «I don’t think I can live in a world where that’s even possible. When you hear that kind of polished pop and then there’s a ginger guy with a fucking guitar it seems subversive, but it’s fucking not. » Vu le succès qu’a remporté Oasis à ces heures de gloire, on ne peut attribuer ce commentaire à de la jalousie de la part de Gallagher. Par contre, il est possible de se demander si cette frustration n’est pas une forme de représailles due au fait que Sheeran avait finalement laissé tomber Gallagher pour un cocert-bénéfice pour le cancer il y a environ deux ans.

Cette petite querelle n’est pas la première qu’aura provoquée l’arrogant musicien. Celle-ci n’est d’ailleurs qu’un lien avec la question que m’a soulevé cette déclaration. Dans la citation plus haut, Gallagher parle de polished pop, en bon français de musique populaire polie. Semble-t’il qui considère qu’une trop grande attention est offerte à une musique qui s’apparente davantage à une industrie qu’à une volonté d’exprimer sa créativité par des mélodies. Le sous discours nous offre déjà plein de noms sur un plateau d’argent, je n’ai qu’à nommer les Taylor Swift, One Direction ou Ariana Grande de ce monde pour vous faire venir d’autres noms de pop stars à l’esprit.

Malgré le ridicule de la querelle, êtes-vous d’accord avec Gallagher? Êtes-vous de ceux qui croient que la pop bonbon qui régit nos plus populaires stations de radio constitue le principal mur qui bloque les multiples productions indie à se faire connaître. Il est du moins de mon avis que la tâche n’est certes pas facile pour ceux qui veulent faire de la musique différemment de s’affirmer sur une scène où on apprécie davantage la prévisibilité des structures musicales et la récurrence dans les mélodies.

Je terminerai néanmoins sur une note positive en disant qu’il est agréable de voir que, malgré le raz-de-marée de l’industrie de la musique pop ultra-radiophonique, la scène alternative nous offre chaque mois de nouveaux groupes et de nouveaux albums qui nous permettent de constater qu’il se fait encore, ici et à l’étranger, de l’excellente musique.

LE PARLEUR

Pour en apprendre un peu plus sur cette prise de bec entre les deux britanniques, voici quelques liens du magazine NME :

http://www.nme.com/news/noel-gallagher/82202

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/69386

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/82209?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=districts

Dumas, éponyme pour une deuxième fois.

Il y a déjà plus de dix ans que l’auteur-compositeur-interprète Dumas a remporté le prix du festival de la chanson de Granby. Depuis, le Victoriavillois est parvenu à se réinventer à chaque parution dans une signature musicale bien à lui.

cover_Dumas

Auparavant, j’avais accordé une attention passagère à Dumas, sans pour autant me plonger dans son œuvre avec la volonté d’approfondir celle-ci. C’est après l’avoir vu en spectacle à la Saint-Jean-Baptiste que je finis par décider de me concentrer un peu plus sur cet artiste déjà depuis longtemps respecté dans le milieu. Convaincu d’avance, je me suis donc procuré il y a quelques semaines, son plus récent album, deuxième parution éponyme pour le chanteur.

Vaudou, c’est ainsi que s’intitule la première pièce de celle album dont la pochette cama à saveur 8bit a tout pour se faire remarquer dans le présentoir à disques. Les musiques qui nous introduisent à ce dernier opus nous montrent que Dumas est en plein dans l’air du temps et parvient à exploiter des sonorités électroniques toutes sauf abusives.

Il va de soi, à l’écoute de l’album, que Dumas, malgré la réputation qu’il a de s’enfermer hermétiquement en studio lorsque vient le temps de réaliser un disque, n’ignore pas ce qui se fait ailleurs qu’au Québec. À mon avis personnel, cet album démontre, d’une autre manière que Jimmy Hunt ou Nevsky, qu’il est possible de faire de la musique en français tout en explorant le style musical qui nous plait. En fait, 2014 en musique au Québec ne peut qu’annoncer cette émancipation que la musique francophone affirmera avec encore plus de force en 2015. Forêt, Hôtel Morphée, Dead Obies, Misteur Valaire et bien d’autres artistes et groupes d’artistes constituent les meilleurs exemples de l’unicité musicale au Québec. Avec plus d’expérience derrière la cravate, Dumas surfe sur cette vague allégrement et cet album s’assume à mon avis comme un album pleinement ancré en 2015 malgré sa date de sortie. Du moins, il ne sortira pas de mes listes de lectures de sitôt.

Enregistré aux Studio B et Studio Victor à Montréal, l’album est fièrement enraciné dans ce milieu culturellement bouillonnant. Néanmoins, c’est dans nulle autre ville que Londres que fut mixé Dumas par Stephen Sedgwick qui a entre autres travaillé avec l’excellent Damon Albarn. à l’écoute de pièce comme Anne Peebles, La nuit (amateur des 80’s, retenez ce titre) ou encore Sa Chambre, on ne peut que confirmer que cet album se devait d’être mixé par un britannique. Les sonorités fortement influencées par la brit-pop officient qu’il est possible de faire une musique bien québécoise tout en pigeant dans un répertoire d’influences international.

Les textes, écrits par Dumas lui-même accompagné d’Alexandre Soublière, vont en concordance avec ce qu’on est habitués d’entendre chez Dumas. Cependant, il me semble, à l’écoute de pièces telle que Silence Radio qu’une nouvelle honnêteté transparaît à travers la voix chanteur qui nous offre quelques lignes léchées toutes en poésie. Autant Dumas a travaillé sa musique de manière minimaliste que les textes peuvent parfois prendre d’étonnantes directions d’une sensibilité renversante qui n’ignorent certes pas certaines traditions de la chanson française.

Au final, c’est donc avec un album tout sauf fermé sur le monde que Dumas repartira en tournée. D’ailleurs, il est de mon impression que grâce à l’attention portée aux claviers sur cette deuxième parution éponyme, certaines chansons se feront très festives lors des spectacles. Bonne écoute, et bonne année 2015!

LE PARLEUR

The Beaches.

Beaches-logo2x

S’il y a un band Canadien qui selon moi a le potentiel de devenir un phénomène indie d’ampleur dans le futur, c’est bien le quatuor féminin The Beaches.  Je m’attarderai aujourd’hui à la critique de leur premier mini-album éponyme paru en 2013 et produit par nul autre que Raine Maida.  The Beaches fait parti du grand mouvement Indie Rock qui s’est emparé de nos oreilles il y a déjà plusieurs années et qui ne cesse depuis de prendre une importance inévitable.

Dès le début de l’album, c’est la pièce Loner qui a la tâche d’attirer notre attention, tâche très importante lorsqu’il s’agit d’un premier album.  La première pièce sera décisive à savoir si les gens retiendront le nom du groupe ou non.  Un son très lourd porté par la voix de Jordan Miller, ce qui apporte un contraste très intéressant, une marque bien particulière qu’on voit trop peu souvent.  Les mêmes sonorités suivent sur Absolutely Nothing, accompagné de back vocals très féminins et entraînants.  The Beaches offre un son contenant beaucoup d’influences blues utilisé de manière très rock n’ roll, voire même quelques influences hard rock très intéressantes.

C’est en créant un son propre à elles que le quatuor féminin réussit à se démarquer sur le marché.  Bien que leurs influences plongent énormément dans un son plutôt lourd et pesant, elles amènent le tout de manière très structurée, ce qui permet de faire ressortir le vocal au premier plan.  Comme on peut le voir sur Boy Wonder, les back vocals amenés par les musiciennes sont toujours très entraînants et importants.

C’est la pièce Youth Lament qui retient mon attention particulière.  Son côté simpliste permet de savourer le chant de Jordan Miller à son meilleur.  L’album se conclue sur les pièces Kids et Wanna Know, deux pièces très vivantes qui nous font découvrir un autre genre de son qui pourra nous être offert dans le future par The Beaches.  À ce moment on comprend encore mieux la pertinence de Youth Lament à la mi-album, créant le pont parfait entre deux genres de pièces qui peuvent maintenant se retrouver à la perfection.

Prenez note que The Beaches seront de passage à Montréal le 4 Décembre prochain au Divan Orange dans le cadre d’une tournée Canadienne en compagnie du groupe The Mohrs, également un groupe Canadien qui est représenté par une voix féminine.  Vous verrez probablement la critique de ce spectacle paraître sur le blog en début Décembre!

LE FRÈRE

http://www.thebeachesband.com/

Un inconnu, une critique.

L’idée c’est de choisir un album qui nous est inconnu.  De l’album qu’on a jamais osé écouter à l’album qu’on a toujours mis de côté en passant par ces EP cachés et groupes inconnus qu’on retrouve sur les internets.  Aujourd’hui c’est le groupe The Urban Indians et leur album éponyme qui remporte le tirage au sort!  Je ne les connais pas, ayant fait l’acquisition de leur album par sélection abusive sur la liste Poulet Neige.   (Une étiquette de disques québécoises qui distribue des cadeaux de noël en musiques d’ici!)  Je le vois traîner depuis longtemps dans ma bibliothèque iTunes.  Une belle pochette, un nom attirant, j’ai tout de suite trouvé le choix idéal pour essayer mon nouveau jeu!  J’écris donc ces lignes pendant ma première écoute de l’album.

a1029518688_2

Déjà je suis surpris au commencement de la première piste, Running Home.  Je m’imagine un groupe à la Keane ou à la Kings of Leon, voir même Interpol.  Le piano est mis en premier plan, un rythme de drum entraînant et une voix mélodique et chaleureuse l’accompagnent.  Cette première piste a réellement ce petit quelque chose qui nous donne envie d’écouter tout ce qui suivra.  Purple, Gold and Green, un second titre intéressant.  Je me mets donc à spéculer sur la provenance du groupe, je vote pour Montréal!  Un style ambiant avec de fortes influences jazz, c’est ce que nous sert le groupe The Urban Indians déjà dans ces trois premières pièces.

Je me permet alors quelques recherches rapides qui m’en apprennent très peu sur le band.  Quatre gars qui forment un groupe de Montréal avec une petite description mélancolique.  Dans la vie comme dans leur musique, The Urban Indians semble être un groupe qui désire faire durer les mystères.  Chaque piste amène sa petite touche à cet album.  5 chansons très différentes mais qui s’assemblent à merveille.  La dernière s’intitule Urban Indian tout simplement, et en effet elle décrit bien la chanson qui représente le plus tout les aspects du groupe.

Je suis très satisfait de la tournure de cette nouvelle idée.  Me forcer à critiquer un album dès sa première écoute et me forcer à écouter quelque chose que je n’osais pas écouter depuis trop longtemps.  The Urban Indians feront certainement partie mes prochains coups de coeur.  Un groupe d’ici très intéressant pour tout amateur de indie ambiant à souhait!  Je retenterai certainement l’expérience de “Un album, Une critique” prochainement!  Nous passons trop souvent à côté de très bons produis d’ici, malheureusement la concurrence mondiale est forte et très accessible.  Mais c’est ce qui fait la beauté de l’industrie de la musique, qui ne cessera d’évoluer avec les années.

LE FRÈRE

Je vous laisse ici le lien vers Poulet Neige: http://pouletneige.com/

Et un autre vers le bandcamp de The Urban Indians: http://theurbanindians.bandcamp.com/

Leur album est disponible en name your price!