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L’industrie de la musique se meurt! Vraiment?

Je ne doute pas une minute que vous ayez tombé, tout comme moi, sur plusieurs textes traitant de la mort de l’industrie de la musique.  Les ventes de disques sont en chute libre depuis plusieurs années, les lecteurs web tuent le marché, les artistes crèvent de faim et le retour du vinyle présage le pire!  Personnellement, je crache sur tout ces médias qui tentent de nous convaincre du pire.  J’ai même lu cette semaine que les salles de spectacles seraient elles aussi en déficit.  Et pourtant, on a jamais vu les festivals du Québec prendre autant d’ampleur, et les salles offrir des line-up aussi impressionnant!

Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, pour la première fois cette année, le streaming a officiellement généré plus de profits que la vente de cd.  Ça veut dire quoi au juste?  Ça veut dire que vendre quelque chose d’imaginaire (i.e. de l’espace mémoire sur nos ipod), c’est beaucoup plus payant que de vendre un disque, dans une pochette, avec un livret et un disquaire qui nous fait quelques sourires.  Il y a longtemps que le cd lui-même s’était fait à l’idée de mourir, lorsque son petit cousin le dvd a commencé à sombrer lentement vers le fond de notre garde-robe, pour laisser place au blu-ray et aux Netflix de ce monde.  Aujourd’hui, même le vinyle est plus in que le cd!  Pour ceux qui diront que les plate-forme de streaming n’offrent que très peu ou pas de profits aux artistes, sachez que le cd n’en offrait pas davantage, sinon moins.

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Cependant, détrompez vous, je ne suis pas un hater du disque compact!  Au contraire, j’ai mon armoire avec au-delà de 350 disques qui ramassent la poussière chez moi, et encore hier je me procurais le dernier de Noel Gallagher en copie physique.  Mais vous savez quoi?  Le jour ou je ne pourrai plus m’en procurer, je me tournerai vers ses plate formes web que je commence déjà à bien apprécier, et je continuerai de tripper à fond sur tout cet art accessible en quelques clics.  Pour moi tout ce qui compte, c’est que les artistes aient une vitrine ou partager leurs musiques, et les fans des lieux ou se rassembler pour en profiter.

Avez-vous regardé ces derniers temps tout les shows disponibles au Québec?  Personnellement j’en deviens fou, la question n’est plus de savoir si mon groupe préféré passe dans le coin, mais plutôt de savoir quel groupe je vais sacrifier car il m’est impossible de tous me les offrir!  Combien de fois ai-je manqué un show parce que c’était sold out.  Combien de fois je me suis levé à 7h du matin pour ne pas manquer la pré-vente du super show tout récemment annoncé, combien de fois j’ai échoué…  Il y a des spectacles, tout les soirs, de tout les genres et pour tout les âges!  Si les salles de spectacles ont du mal a survivre, j’ai beaucoup de mal à le croire qu’ils sont gérés par une personne saine d’esprit!  Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il y a tout simplement trop d’offres, parce que pour un mélomane comme moi, c’est le PARADIS!

Les médias s’entêtent à vouloir nous faire avaler que l’industrie se meurt, tout en offrant chaque jour qu’un minimum de musique émergente sur les ondes.  De mon point de vu, si quelque chose est néfaste à l’industrie, se sont les médias eux-mêmes.

LE FRÈRE

Je vous laisse sur ce clip de Queens Of The Stone Age!

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Kings Of Nowhere – The Mohrs @ Quaie des Brumes

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Dans ma dernière publication, je vous ai parlé de cette fin de semaine du mois de février, ou j’ai eu la chance d’aller pour la première fois au Quaie Des Brumes, assister au spectacle du groupe rock canadien The Mohrs.  C’est en première partie d’un autre groupe canadien, The Beaches, que j’ai fait leur connaissance l’an dernier.  Je m’étais promis de retourner les voir à leur prochain passage, c’est maintenant fait!  Et je dois vous dire que je ne regrette aucunement mon déplacement.

Le spectacle tombait parfaitement quelques jours après la sorti de leur premier album, Kings Of Nowhere, j’ai donc eu quelques jours pour me le rentrer dans la tête avant le show.  Accompagné de ma demoiselle, j’ai pris place dans la salle, une bonne MacTavish du Trou Du Diable en main, que demander de mieux?  Dès les premières notes, lorsque j’entrepris de chanter en choeur avec le groupe, je compris que le fan, ce soir là c’était moi.  Jackie Mohr a tout pour donner envie de se lever et de tripper, j’adore cette énergie qu’on retrouve chez The Mohrs, une musique simple et des riffs efficaces, parfois il n’en faut pas davantage!

C’est donc sans prendre de pause que moi et ma copine profitèrent de ce moment en chantant avec ce groupe qui avait joué pas mal sur repeat dans l’appartement cette semaine là!  The Mohrs c’est un rock faisant penser aux Foo Fighters, à Heart ou les Pretenders, tout en gardant une touche personnel, un léger son de garage rock.  Inutile de nier que c’est Jackie Mohr qui lead le groupe, sa motivation se lit sur son visage, guitare en main debout devant son micro, la scène c’est son élément.  Les trois boys qui l’entourent assurent à merveille les back vocals qui prennent tout leur sens une fois en Live.

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Je profite de cette publication pour faire un léger retour sur Kings Of Nowhere, premier album complet du groupe.  C’est le single Better qui ouvre le bal sur cet album qui contient quelques surprises très intéressantes.  J’ai particulièrement apprécié Perfectly Sane et Killer, deux pièces qui représentent exactement le genre du groupe.  Néanmoins, la pièce éponyme Kings Of Nowhere se tient certainement au sommet de ma liste, donnant un sens à tout cet album, son rythme à sauce pop ayant tout pour être entraînant.  The Mohrs nous offre un album osé, un album hors des standards du moment et prêt à venir nous rentrer dedans.  Kings Of Nowhere est parfait pour se changer les idées dans une musique à première vu simpliste mais aux arrangements très intéressants.

J’ai également eu la chance de discuter avec le band après le show, eux-mêmes étant venu nous retrouver à notre table pour faire connaissance.  J’adore ces groupes qui n’essaient pas de se prendre pour quelqu’un d’autre et qui prennent le temps d’être là pour les fans.  The Mohrs c’est ce genre de band, si vous allez vers eux ils vous accueilleront à bras ouverts, et si vous n’y allez pas, c’est eux qui viendront à vous!  Si The Mohrs passe au petit bar miteux de votre coin, je vous conseille fortement d’y aller, quelques bières en main et vous serez rapidement satisfait.  Je vous revient cette semaine sur des critiques d’albums qui ont marqués ces derniers mois.

LE FRÈRE

À Paradis City en toute honnêteté avec Jean Leloup.

Un peu plus d’une semaine, c’est ce qu’il me fallait pour prendre un peu de recul et pouvoir poser un regard critique sur À Paradis City, le plus récent album de Jean Leloup. Il est de ces artistes qui, avant même d’avoir présenté du nouveau matériel, semblent déjà convaincre leur auditoire de la qualité de la chose. Pour ma part, il va de soi que le Wolf s’immisce dans cette catégorie. Ainsi, je me dois, avant de me prononcer, de mettre de côté mes émotions et de m’imposer un regard comparatif face à cette nouvelle œuvre de cette figure de proue de la chanson québécoise.

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Avec À Paradis City, il me semble, malgré l’orientation quelque peu mélancolique et nihiliste que peuvent prendre certains textes, particulièrement celui de Willie, que se présente devant nous un Jean Leloup à l’esprit bien plus éclairé que celui qui nous avait présenté Mille excuses Milady en 2009. Ce dernier, qui s’est installé comme un de mes favoris dans l’œuvre de Leloup, m’apparaît malgré tout comme un flot de boucane continue. Sur Mille excuses, l’art contrôle l’artiste tandis que sur Paradis City, l’auteur-compositeur-interprète contrôle son art et l’éclatement psychique qui fait de lui ce qu’il est.

Ce qui est intéressant avec ce dernier disque, c’est que Jean Leloup revient aux sources de sa composition. Il teinte ses textes de sa propre philosophie plus pure qu’elle ne le fut présentée auparavant. Également, il parvient à épurer les arrangements de sorte que l’on puisse se concentrer sur les textes sans pour autant en venir à oublier la musique qui les porte. Nous le savons, par le passé, Leloup, entre autres sous le pseudonyme de Johnny Guitare, était parvenu à nous démontrer quel excellent guitariste il est. Cependant, c’est sans dentelle et sans ornement qu’il concentre cette fois À Paradis City sur la force de ses compositions plutôt que sur les prouesses guitaristiques. Il est aussi important de noter que l’album n’a pas été conçu dans cette optique. Tout d’abord, les chansons avaient été arrangées d’un son plus contemporain, un son électronique. Puis, Leloup l’expliquait en entrevue, c’est à partir de ces arrangements que l’album fut retravaillé avec des musiciens pour en venir à ne garder que le nécessaire des arrangements électroniques. Par le nécessaire j’entends ici cette petite touche qui donne son unicité à l’album, je pense par exemple à la chanson Petit Papillon et à la présence dans celle-ci de claviers qui sonnent comme une voix distortionnée et qui ne peuvent que soutenir à merveille la triste histoire que nous raconte Jean Leloup.

À Paradis City est à mon avis un amalgame de chansons toutes plus appréciables les unes que les autres. Pour ma part, j’ai adoré Les Flamant Roses, mais c’est avec un sourire que j’ai particulièrement arrêté mon attention sur Voyageur. Ceux qui auront assisté au spectacle La Nuit des Confettis en 2013 s’en souviendront peut-être, Leloup agrémentait entre quelques chansons une ligne qui m’était restée longtemps dans la tête après ce spectacle : « Sombre est ta solitude voyageur/ pauvre guerrier sans pleur » Ces vers semblent s’être transformés peu à peu pour s’introduire magnifiquement vers la fin de Paradis City.

Je lève également mon chapeau à l’idée de Leloup d’ajouter à l’intérieur du cahier de textes de son album chacun des accords utilisés pour interpréter toutes les pièces de ce dernier opus. Peut-être cette tentative aura-t-elle déjà fait ses preuves chez d’autres artistes, c’est néanmoins la première fois que je peux en faire la constatation à l’achat d’une copie physique. Qu’il est agréable d’entendre le Wolf dire en entrevue qu’il préfère croire que les gens joueront ses chansons plutôt que de les écouter. S’il en est un qui a compris quelque chose à son art et qui nous l’offre chaque fois avec l’honnêteté d’être celui qu’il est, c’est bien Jean Leloup.

Bonne écoute!

LE PARLEUR

Elephant Stone : le psychédélique oriental à son meilleur.

Comme mon collaborateur sur Correspondances j’ai décidé de me prêter au jeu de rédiger une critique durant l’écoute de l’album, à frette, comme dirait l’autre.

J’ai déjà entendu le groupe Elephant Stone l’an dernier lorsque j’avais fait l’écoute de leur album éponyme paru en 2013, qui était lui-même précédé de The Seven Seas (2009). J’ai ensuite eu la surprise de pouvoir entendre un solo de sitar de Rishi Dhir, chanteur, bassiste et sitariste du groupe durant le spectacle des Temples au cabaret du Mile-End l’automne dernier. Grâce à Poulet Neige, The Three Poisons, plus récent opus du groupe montréalais fait maintenant partie de ma bibliothèque musicale Itunes. Je m’attaque donc à une critique spontanée de celui-ci.

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Première pièce qui nous introduit au son du groupe, tout basé sur le sitar de Rishi, Motherless Child (Love’s not for war), ne peut en aucun cas m’empêcher de penser à George Harisson. Tant dans la construction de textes ésotériques que dans le pop-psychédélique de la pièce, il est possible de déceler que c’est dans le même mouvement musical que la période Revolver des Beatles que vient s’inscrire cette pièce. Le tout est cependant maîtrisé avec une oreille moderne qui nous permet d’oublier, surtout lorsqu’on a entendu les autres albums du groupe, que le sitar ne fait pas que rappeler Harisson, mais qu’il est plutôt un instrument à l’histoire bien plus profonde.

Knock You Fron Yr Mountain débute ensuite dans une ambiance bien différente de la première chanson. Si la voix de Rishi reste la même, l’esssence de la chanson puise davantage dans le blues et dans le Rock n’ Roll tout en baignant dans un psychédélisme qu’il est impossible de dénier chez Elephant Stone. Pour ne pas parler que du sitar, instrument que j’affectionne particulièrement, je dirai plutôt que ce sont les vois féminines sur cette pièce qui viennent soutenir et donner le sens à cette pièce et aux très efficaces « Yeah » de Rishi lors du refrain. L’assise principale de la chanson se constitue à travers la solide basse accompagnée d’un fuzz directement sortie des 70’s.

Les premiers accords de All is Burning annoncent, suivis d’accrocheuses lignes vocales un chanson qui, sans faire dans le pastiche, me rappelle les mélodies de Temples dont j’ai parlé plus tôt. À la moitié du morceau, on semble cependant creuser plus profondément dans le psych et c’est finalement l’héritage de Syd Barett qui transparaît à travers une langueur quant à elle bien propre au son d’Elephant Stone.

Un vrai salut pour les claviers planants et bien vintage en ce qui attrait à Worlds dont’ Begin and End with You nous réserve un morceau teinté d’une pop extrêmement efficace. Un refrain romantique bien travaillé comme nous les aimons nous laisse sur une impression de légèreté loin d’être désagréable. Si ce n’était du peu d’intérêt que portent les radios aux groupes émergents, il est certain que ce morceau pourrait se retrouver au top des listes. Les dissonances parfois apportées par la guitare et les synthétiseurs suffisent à nous convaincre que la pop n’a aucun besoin d’être polie pour convaincre.

Arrivé à Wayward Son, je ne peux qu’être déjà convaincu du reste de l’album. Les morceaux sont jusqu’à présent écrits pour être réécoutés. L’expérience de Rishi auprès de grosses pointures comme Beck ou encore Brian Jonestown Massacre prend tout son sens dans la forte cohésion d’accroche de The Three Poisons. Wayward Son est une ballade légère et agréable qui souffle un vent frais d’été d’une oreille à l’autre et nous porte du début à la fin presque trop rapidement à mon goût.

Ensuite, coups de théâtre, Intermediate State nous sort de la légèreté occidentale de la pièce qui précédait pour nous transporter vers Child Of Nature (Om Namah Shivaya). D’un rock psychédélique bien dur au tourment d’une lourdeur très pertinente, cette pièce vient équilibrer l’album par rapport à ce qui y avait été inséré auparavant et nous ramène aux ascendances musicales du groupe.

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Je suis un fan de Tame Impala, et cette autre pièce qui se présente à mes oreilles, intitulée Living For Something ne peut que venir faire un petit clin à cet amour que j’ai pour les rois du psychédélique australien. Je m’imagine déjà Elephant Stone sous un soleil d’été dans un festival tel qu’Osheaga porter doucement le public avec cette chansons aux paroles dignes de Lennon, dont la voix de Rishi, je dois le mentionner, ne peut s’éloigner. Voilà, c’est fait, j’ai déjà trop parlé des Beatles.

Mes tergiversations continuent à mesure qu’avance l’album avec la pièce titre Three Poisons. La guitare électrique fait ici le travail du sitar. L’apport des pédales tend à moderniser cette tradition de la musique orientale qu’exploite à fond le groupe depuis ses débuts. Les textes, dotés d’une captivité vaporeuse, chantés à la manière de Rishi, ont sur moi l’effet d’une espèce de long mantra. De toute évidence, Elephant Stone ne laisse pas de côté ses textes au profit de la musique. Chaque petit détail est, non pas réfléchi, mais senti par chaque membre du groupe.

Couplet pop et accrocheurs, les refrains d’Echo & the Machine laisse place à un refrain travaillé avec un son psychédélique bien classique. Avec un clavier qui me rappelle Tom Sawyer de Rush, cette avant-dernier morceau de l’album est l’un de deux qui m’accrochèrent le plus tout au long de l’écoute. Cette pièce invente un The Tea Party plus moderne. On réalise dès lors que parmi les groupes qui travaillent les gammes orientales, c’est l’éclatement, avec des incroyables talents comme ceux d’Elephant Stone et Temples, on sait que ce type de musique possède une relève.

The Three Poisons se conclut avec Between the Lines. La première minute nous fait planer jusqu’à la batterie qui nous offre un rythme bien simple qui vient soutenir la philosophie que chante Rishi. Cet au revoir nous laisse sur des questions par rapport à notre place en tant qu’humains et me laisse avec cette impression que malgré la courte durée de l’album (environ 34min), il était maintenant temps de terminer ce premier voyage avec Elephant Stone. Il va cependant de soi que cet album viendra prendre une place de choix parmi mes autres possessions en psychédélique. Malgré le modernisme d’Elephant Stone, c’est en vinyle que je me procurerai leur plus récente parution, car il me semble que le cachet vintage du groupe s’y accole beaucoup mieux.

D’un point de vue davantage personnel, The Three Poisons constitue jusqu’à présent une de mes découvertes favorites de la liste Poulet Neige que j’ai eu l’occasion de commencer à écouter au début du mois de janvier. Bonne écoute à tous!

LE PARLEUR

Dumas, éponyme pour une deuxième fois.

Il y a déjà plus de dix ans que l’auteur-compositeur-interprète Dumas a remporté le prix du festival de la chanson de Granby. Depuis, le Victoriavillois est parvenu à se réinventer à chaque parution dans une signature musicale bien à lui.

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Auparavant, j’avais accordé une attention passagère à Dumas, sans pour autant me plonger dans son œuvre avec la volonté d’approfondir celle-ci. C’est après l’avoir vu en spectacle à la Saint-Jean-Baptiste que je finis par décider de me concentrer un peu plus sur cet artiste déjà depuis longtemps respecté dans le milieu. Convaincu d’avance, je me suis donc procuré il y a quelques semaines, son plus récent album, deuxième parution éponyme pour le chanteur.

Vaudou, c’est ainsi que s’intitule la première pièce de celle album dont la pochette cama à saveur 8bit a tout pour se faire remarquer dans le présentoir à disques. Les musiques qui nous introduisent à ce dernier opus nous montrent que Dumas est en plein dans l’air du temps et parvient à exploiter des sonorités électroniques toutes sauf abusives.

Il va de soi, à l’écoute de l’album, que Dumas, malgré la réputation qu’il a de s’enfermer hermétiquement en studio lorsque vient le temps de réaliser un disque, n’ignore pas ce qui se fait ailleurs qu’au Québec. À mon avis personnel, cet album démontre, d’une autre manière que Jimmy Hunt ou Nevsky, qu’il est possible de faire de la musique en français tout en explorant le style musical qui nous plait. En fait, 2014 en musique au Québec ne peut qu’annoncer cette émancipation que la musique francophone affirmera avec encore plus de force en 2015. Forêt, Hôtel Morphée, Dead Obies, Misteur Valaire et bien d’autres artistes et groupes d’artistes constituent les meilleurs exemples de l’unicité musicale au Québec. Avec plus d’expérience derrière la cravate, Dumas surfe sur cette vague allégrement et cet album s’assume à mon avis comme un album pleinement ancré en 2015 malgré sa date de sortie. Du moins, il ne sortira pas de mes listes de lectures de sitôt.

Enregistré aux Studio B et Studio Victor à Montréal, l’album est fièrement enraciné dans ce milieu culturellement bouillonnant. Néanmoins, c’est dans nulle autre ville que Londres que fut mixé Dumas par Stephen Sedgwick qui a entre autres travaillé avec l’excellent Damon Albarn. à l’écoute de pièce comme Anne Peebles, La nuit (amateur des 80’s, retenez ce titre) ou encore Sa Chambre, on ne peut que confirmer que cet album se devait d’être mixé par un britannique. Les sonorités fortement influencées par la brit-pop officient qu’il est possible de faire une musique bien québécoise tout en pigeant dans un répertoire d’influences international.

Les textes, écrits par Dumas lui-même accompagné d’Alexandre Soublière, vont en concordance avec ce qu’on est habitués d’entendre chez Dumas. Cependant, il me semble, à l’écoute de pièces telle que Silence Radio qu’une nouvelle honnêteté transparaît à travers la voix chanteur qui nous offre quelques lignes léchées toutes en poésie. Autant Dumas a travaillé sa musique de manière minimaliste que les textes peuvent parfois prendre d’étonnantes directions d’une sensibilité renversante qui n’ignorent certes pas certaines traditions de la chanson française.

Au final, c’est donc avec un album tout sauf fermé sur le monde que Dumas repartira en tournée. D’ailleurs, il est de mon impression que grâce à l’attention portée aux claviers sur cette deuxième parution éponyme, certaines chansons se feront très festives lors des spectacles. Bonne écoute, et bonne année 2015!

LE PARLEUR

The Beaches @ Divan Orange

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On est pas mal chanceux ces dernières semaines, après The Pretty Reckless, The Tea Party et Chocolat, voilà que j’ai également eu la chance d’assister au spectacle des Beaches au Divan Orange jeudi soir dernier.  Une petite soirée fraîche après une dernière semaine de cours avant les examens, un show parfait pour se reposer entre deux rush!

C’est le groupe montréalais Frisky Kids qui ouvrit le bal, malheureusement je n’ai pu assister qu’à leur deux dernières pièces.  Un groupe qui semble teinté de la vibe des Black Keys, White Stripes et des Arctic Monkeys, bref, un Garage Rock qui a de la classe.  Quoi qu’il en soit, même ma copine me murmura à l’oreille qu’ils avaient un quelque chose d’attirant dans leur son.  À suivre, je tenterai certainement de me faufiler à leur prochain passage dans la métropole.

J’ai réellement eu un coup de foudre pour le Divan Orange, magnifique petite salle qui possède une certaine chaleur particulière.  Ma Moosehead en main et un cocktail Hawaïen pour ma copine, c’est le groupe The Mohrs qui entra sur scène, originaire de Toronto et leadé par la charismatique Jackie Mohr.  Sa guitare en main et le regard plein d’assurance, Jackie était prête à donner son 110%.  Malgré le peu d’achalandage en ce jeudi soir, le public semble réceptif, personnellement j’ai adoré leur style.  Un son typiquement canadien, une assurance de leur style plutôt undeground tout en gardant une touche pop grâce à la magnifique performance vocale de miss Mohr.  Un band original qui a le potentiel de faire davantage parler dans les années à venir.

Finalement j’en oublie presque la raison de mon déplacement, Jordan Miller, Kylie Miller, Eliza Enman McDaniel et Leandra Earl, ces quatre canadiennes qui forment The Beaches.  Elles ouvrent rapidement le show avec des pièces de leur plus récent EP, Heights.  Très énergique on est vite entraîné, les gens se dirigent rapidement vers l’avant et on sent déjà que tout le monde attendait ce groupe pour bouger.  Personnellement les pièces de leur premier EP éponyme viennent davantage me chercher, mais le mix entre les deux albums du groupe se fait à la perfection.  On a droit à plusieurs solo de la part des musiciennes, ce qui reste à mon avis les meilleurs moments de ce spectacle, des Jams qui ne tardent pas trop en longueur et qui montent l’ambiance à une vitesse hallucinante.  Mention spéciale à Kylie Miller qui nous offre un moment très touchant, elle-même à la voix en s’accompagnant à la guitare pour terminer sur un solo.

Somme toute, pour tout ceux qui me diront qu’il ne s’en fait pas de bonne musique au Canada, vous ne savez pas ce que vous manquez!  Je tenterai certainement de me redéplacer à quelques spectacles plutôt underground, et vous tiendrai au courant!  D’ici là, je vous avait promis une critique du dernier projet de Julian Casablancas et se devrait être ma prochaine publication.  Peace.

LE FRÈRE

The Beaches      The Mohrs      Frisky Kids

Je vous laisse ce vidéo des Mohrs!

Chocolat au Zénob de Trois-Rivières; pour l’amour de la musique.

La sloche recommence à joncher les rues, le stress du temps des fêtes se fait sentir sur le visage des passants, mais ce soir là, on s’en fout. À quelques jours du spectacle, on avait vu passer sur la page facebook du Zénob l’annonce d’une veillée en compagnie de Chocolat. Si le nom vous sonne une cloche, c’est sans doute que vous vous êtes intéressés à Jimmy Hunt dans les dernières années.

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Une fois bien assis à une table un peu en retrait, on attend tranquillement, en sirotant une bière ou deux, ou trois… que commence Corridor, qui lancent le bal avant Chocolat. Dès les quelques minutes de tests de son, on remarque que Corridor fait dans un type de musique qui s’apprécie très bien dans la salle de spectacle qui n’en est pas une du Zénob. Particulièrement axée sur la relation entre les deux guitares, la musique de Corridor a tout pour ne jamais passer à la radio, mais n’est-il pas agréable de tomber en décalage quelques fois? Déjantée, leur performance de l’intégrale de l’album Un magicien en toi est davantage parvenue à m’accrocher à sa deuxième moitié. Était-ce par l’accoutumance de mon oreille à ce son hors de l’ordinaire ou parce que la progression de l’album se constitue de manière à laisser un souvenir plus prenant sur leur musique? Dur à dire. Reste cependant que Corridor est un groupe qui fait dans la différence et qu’on aime ça ainsi.

Après une période d’attente très raisonnable, Chocolat entre en scène d’une manière des plus intéressantes. En effet, aucune arrivée officielle du band ne peut créer de surprise quand, quelques minutes avant le spectacle, le groupe est au bar à deux mètres de tout le monde dans la salle vu la taille de celle-ci. Ainsi, un dernier test de son, finissant par se transformer en jam se métamorphose devant nous en l’introduction sans présentation à un spectacle où rien d’autre ne sera important que la musique.

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J’avais déjà fait à plusieurs reprises l’écoute du dernier album de Chocolat. Tss Tss, m’avait laissé sur une émotion très positive. Le rock psych-prog-glauque, sur album ne venait pas s’éloigner de la touche magique de Jimmy Hunt, mais s’affirmait malgré tout comme pourvu d’une grande liberté d’expression sonore. En spectacle, il est clair que cette volonté d’émancipation musicale est assumée à 110% par Hunt et ses comparses. Très souvent instrumentales, les musiques seront construites autour de chacun des musiciens de sorte que l’on puisse sentir émaner de l’ensemble rythmique le plaisir et la cohésion de musiciens honnêtes avec eux-mêmes. Intéressant d’ailleurs de voir Hunt prendre le lead à la guitare lorsque nous sommes pourtant habitués d’écouter Emmanuel Ethier, le guitariste à qui on doit le travail de six cordes sur Maladie d’Amour, nous impressionner avec sa Rickenbacker noire. Ysaël Pépin, c’est le nom d’un bassiste qui, pour se spectacle était tout sauf le cliché du bassiste en retrait. Bien plus que sur l’album l’accent est mis sur la basse à l’avantage du groove et du rythme.

Rapidement, on se met à oublier l’album, on assiste à une sorte de gros jam qui ne s’arrête plus de gagner en intensité. La structure est dans la symbiose musicale entre les membres de Chocolat, si forte que j’en oublie mon verre de bière, tous mes autres sens sont engourdis au profit de mon ouïe qui jubile de plaisir d’entendre un spectacle qui surpasse mes attentes. L’ambiance underground de la musique se prête bien à la renommée Zénob. Corridor et Chocolat ne sont pas les premiers représentants de la contre-culture à y mettre les pieds. À deux reprises, on a droit à une grotesque scène de bodysurf par Jimmy Hunt lui-même, qui supporté par une foule de parterre d’une dizaine de personne, montre qu’il n’en a absolument rien à foutre des grandes salles et de ses deux Félix qu’il a gagné à l’Autre gala de l’Adisq. D’ailleurs, quelle meilleure manière de se balancer des conventions que de partir en tournée avec un groupe comme Chocolat quand il serait de toute évidence possible pour le gentleman rockeur de continuer de mousser les ventes de Maladie d’Amour avec une autre tournée solo.

C’est pour le plaisir d’une musique sans compromis que je vous suggère fortement d’aller assister à une performance de Chocolat s’ils passent par chez vous.

LE PARLEUR

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http://chocolatmtl.bandcamp.com/