Category Archives: Topos

Mes buzz de septembre

-Oui, ça fait un moment qu’on a pas écrit.
-Oui, le projet fait pitié en ce moment.
-Non c’est pas une raison pour abandonner.

Je prends quelque minutes aujourd’hui pour présenter simplement mes coups de coeur, aka. buzz, du mois de septembre. Étant quelqu’un qui abuse littéralement de chaque seconde ou il est possible de cliquer sur play, j’ai peu de difficulté à retrouver les titres qui furent vraiment écoutés plus que les autres!

Commençons avec le 5e titre sur le premier album de la formation The Arcs, side-project de Dan Auerbach des Black Keys, soit Everything You Do (You Do For You). Bien que j’ai énormément apprécié l’entièreté de l’album, cette chanson en particulier n’a pas cessé de rejouer à maintes reprises ces dernières semaines!

Le mois dernier j’allais assister au concert du groupe canadien Viet Cong au théâtre Fairmount, évidemment qu’ils feraient parti de cette liste! Quelle autre meilleure raison d’écouter une pièce sur répétition que de vouloir hurler les parole comme un déchaîner lors d’un spectacle? Je donne une mention spéciale à la pièce finale Death, mais je dois l’avouer, cet album je l’ai dévorer en entier des dizaines et des dizaines de fois le mois dernier!

Si ce n’était pas que je passe plusieurs heures par semaine, seul en voiture, je crois que les gens qui vivent avec moi ne serait plus capable d’entendre la pièce Reflections du dernier opus de Django Django! Si j’avais due les placer en ordre d’abus, elle aurait certainement été au premier rang.

Mon prochain buzz est moins récent que les précédents, mais tout aussi intéressant! C’est pendant des heures de trafics sur l’autoroute Décarie que j’écoutai le dernier album de Mauves, et à plusieurs reprises un petit rewind quand passait Portrait, 3e titre de l’album.

Je vais terminer sur un autre titre moins récent, mais encore une fois plus qu’intéressant! C’est l’une des formations favorites, je dois l’avouer, paru sur leur plus récent album, Underneath The Rainbow. Plus particulièrement la pièce Boys In The Wood. Pour mon quotidien, écouter du Black Lips fait vraiment partie de mes moments favoris, et je ne saurais même pas dire pourquoi!

Je profites du moment pour vous partager une de mes playlist, composé de plusieurs de mes coups de coeur généraux, peace!

LE FRÈRE

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L’industrie de la musique se meurt! Vraiment?

Je ne doute pas une minute que vous ayez tombé, tout comme moi, sur plusieurs textes traitant de la mort de l’industrie de la musique.  Les ventes de disques sont en chute libre depuis plusieurs années, les lecteurs web tuent le marché, les artistes crèvent de faim et le retour du vinyle présage le pire!  Personnellement, je crache sur tout ces médias qui tentent de nous convaincre du pire.  J’ai même lu cette semaine que les salles de spectacles seraient elles aussi en déficit.  Et pourtant, on a jamais vu les festivals du Québec prendre autant d’ampleur, et les salles offrir des line-up aussi impressionnant!

Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, pour la première fois cette année, le streaming a officiellement généré plus de profits que la vente de cd.  Ça veut dire quoi au juste?  Ça veut dire que vendre quelque chose d’imaginaire (i.e. de l’espace mémoire sur nos ipod), c’est beaucoup plus payant que de vendre un disque, dans une pochette, avec un livret et un disquaire qui nous fait quelques sourires.  Il y a longtemps que le cd lui-même s’était fait à l’idée de mourir, lorsque son petit cousin le dvd a commencé à sombrer lentement vers le fond de notre garde-robe, pour laisser place au blu-ray et aux Netflix de ce monde.  Aujourd’hui, même le vinyle est plus in que le cd!  Pour ceux qui diront que les plate-forme de streaming n’offrent que très peu ou pas de profits aux artistes, sachez que le cd n’en offrait pas davantage, sinon moins.

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Cependant, détrompez vous, je ne suis pas un hater du disque compact!  Au contraire, j’ai mon armoire avec au-delà de 350 disques qui ramassent la poussière chez moi, et encore hier je me procurais le dernier de Noel Gallagher en copie physique.  Mais vous savez quoi?  Le jour ou je ne pourrai plus m’en procurer, je me tournerai vers ses plate formes web que je commence déjà à bien apprécier, et je continuerai de tripper à fond sur tout cet art accessible en quelques clics.  Pour moi tout ce qui compte, c’est que les artistes aient une vitrine ou partager leurs musiques, et les fans des lieux ou se rassembler pour en profiter.

Avez-vous regardé ces derniers temps tout les shows disponibles au Québec?  Personnellement j’en deviens fou, la question n’est plus de savoir si mon groupe préféré passe dans le coin, mais plutôt de savoir quel groupe je vais sacrifier car il m’est impossible de tous me les offrir!  Combien de fois ai-je manqué un show parce que c’était sold out.  Combien de fois je me suis levé à 7h du matin pour ne pas manquer la pré-vente du super show tout récemment annoncé, combien de fois j’ai échoué…  Il y a des spectacles, tout les soirs, de tout les genres et pour tout les âges!  Si les salles de spectacles ont du mal a survivre, j’ai beaucoup de mal à le croire qu’ils sont gérés par une personne saine d’esprit!  Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il y a tout simplement trop d’offres, parce que pour un mélomane comme moi, c’est le PARADIS!

Les médias s’entêtent à vouloir nous faire avaler que l’industrie se meurt, tout en offrant chaque jour qu’un minimum de musique émergente sur les ondes.  De mon point de vu, si quelque chose est néfaste à l’industrie, se sont les médias eux-mêmes.

LE FRÈRE

Je vous laisse sur ce clip de Queens Of The Stone Age!

Dans la mire pour 2015.

 

Mes oreilles baignent depuis déjà plusieurs années dans l’océan sonore du rock alternatif, toujours prêtes à plonger dans de nouveaux courants musicaux. Lorsqu’on m’a proposé de prendre part à la traversée de la régate de CORRESPONDANCESblog, j’ai sauté sur l’occasion de mettre à contribution mon bagage de matelot afin de lui permettre de dériver plus profond encore dans les méandres de la musique émergente et de découvrir encore davantage d’Eldorados mélodiques. Voici l’heure pour moi de lever l’ancre et d’embarquer dans l’aventure avec une première chronique, et j’ai décidé, d’emblée, de mettre le cap sur 2015 et ses promesses en musique. De nombreuses sorties d’albums ont déjà été annoncées et laissent présager une année faste pour les mélomanes. Si certains artistes laissent filtrer les détails de leurs projets au compte-goutte, en partageant des tweets cryptés ou des photos mystérieuses, d’autres nous mettent déjà l’eau à la bouche en dévoilant de nouvelles pièces dans leurs spectacles ou sur le web. Les techniques publicitaires n’auront jamais été aussi variées et inventives, et pourtant, l’actualité musicale est tellement foisonnante qu’on en perd rapidement le fil. C’est devant ce brouillard à l’horizon que j’ai choisi de dresser mon phare aujourd’hui, en inventoriant les sorties d’albums que j’attends le plus dans la prochaine année.

 

Radiohead

radiohead

Depuis la sortie de The King of Limbs en 2011 et la tournée qui en a découlé, les membres de Radiohead sont restés discrets sur les projets futurs du groupe. Si l’éventualité d’une suite est restée sur la glace, les cinq artistes de la bande n’ont pas pour autant chômé, mettant chacun de l’avant divers projets parallèles. D’abord, le chanteur Thom Yorke s’est entouré du bassiste Flea des Red Hot Chili Peppers et du réalisateur de Radiohead Nigel Godrich pour donner naissance à Atoms For Peace, un projet électro aux rythmes nerveux et disparates, bercés par la voix hypnotique de Yorke. Johnny Greenwood, de son côté, s’est affairé à la réalisation de trames sonores, composant entre autres la partition du film de Paul Thomas Anderson Inherent Vice et une suite à la trame sonore qu’il avait composée pour There Will Be Blood, du même réalisateur. Il a également performé avec divers orchestres tels que le prestigieux London Contemporary Orchestra.

C’est le bassiste Colin Greenwood qui a laissé entrevoir en premier la possibilité d’un neuvième album studio du groupe, en février dernier. «Thom vient juste de rentrer de sa tournée avec Atoms For Peace, et il a un peu de temps. Je suis désolé d’être vague… mais tout ce que je peux vous dire c’est que nous sommes heureux, positifs, et dans l’attente d’une prochaine aventure.» Deux mois plus tard, Le guitariste Johnny Greenwood, lors d’une entrevue avec le magazine britannique NME, annonçait : « nous nous rassemblerons à la fin de l’été et nous nous organiserons. Mais, vous savez, nous avons toujours été un animal qui se déplace lentement. J’imagine que c’est là que nous déciderons ce que nous ferons. » Les promesses se sont concrétisées lorsque le producteur du band a «tweeté» en septembre une photo de Thom Yorke et de Johnny Greenwood en studio, expérimentant avec des synthés modulaires, ce qui laisse présager un retour aux sonorités plus électroniques des Amnesiac et Kid A du début de la décade précédente. Fidèle à son habitude, le groupe demeure avare de commentaires dans les médias et laisse planer le doute complet sur la date de sortie de l’opus. Il serait sage de ne pas s’attendre à une campagne conventionnelle de promotion pour cet album, considérant les antécédents idiosyncratiques du groupe sur le plan marketing. On se souvient qu’ils auront été les premiers à distribuer un album à grande échelle au moyen de la vente à prix volontaire avec In Rainbows en 2007 et qu’ils ont, dans la même veine, mis à profit les cybertechnologies dans les années suivantes en téléversant leurs productions sur leur propre site web.

En attendant plus de détails, les aficionados de la formation mythique peuvent boire à la coupe des tout récents albums solos de Yorke et du batteur Philip Selway, deux parutions très respectables. Tomorrow’s Modern Boxes constitue l’offrande la plus électro de la discographie de Yorke, alors que Selway nous dévoile dans Weatherhouse son talent d’auteur-compositeur avec ses ballades folk organiques et résolument contemplatives.

 

Half Moon Run

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Le groupe indie-folk québécois de l’heure nous a donné un avant-goût de leur «sophomore» lors de sa tournée estivale en jouant plusieurs des pièces qui s’y retrouveront. Le test du deuxième album est reconnu pour être critique dans la carrière d’un artiste et les Montréalais d’adoption en semblent bien conscients, vu le temps et l’application qu’ils mettent à élaborer leur album. Entrés en studio au début de l’automne, ils gardent le silence radio depuis et la date d’accouchement de leur opus demeure matière à spéculation. Les extraits de l’été nous rassurent cependant sur la qualité de ce qu’ils nous livreront.

 

James Blake – Radio Silence

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Si son dernier LP, Overgrown, remonte au printemps 2013, l’année 2014 n’en aura pas été pour autant une d’oisiveté pour James Blake. D’abord, ses apparitions radiophoniques presque mensuelles à la BBC Radio 1 comme DJ maison de l’émission Residency, couplées aux nouveaux singles qu’il a partagé en primeur par le biais du programme, suffisent à contraster avec le titre du troisième album qu’il fera paraître au printemps prochain, Radio Silence. D’autre part, Blake nous a livré en décembre dernier 200 Press, un maxi plus expérimental et abstrait que ses précédents albums, qui confronte les samples R&B et les rythmes dubstep dans une atmosphère saturée. L’artiste nous a révélé que le prochain disque était déjà réalisé à 50% et qu’il serait plus agressif et plus «clubby». Également, on peut s’attendre à la présence du polyvalent Justin Vernon de Bon Iver ainsi qu’à celle du polémique Kanye West sur l’album, sans compter le troisième collaborateur dont Blake tait encore le nom et pour lequel il se dit très enthousiaste.

 

Tame Impala

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Les ambassadeurs australiens du rock psychédélique nous reviendront en force avec une nouvelle offrande en 2015, à en croire les dires de Spinning Top, la société de gestion du groupe. On ne connaît pas encore le moment de publication, mais le claviériste Jay Watson a piqué notre curiosité en avançant que l’album serait moins rock et plus électronique que les précédentes parutions. Une direction artistique qui intrigue, mais qui promet, considérant les projets avec lesquels s’est occupé Kevin Parker, le chanteur de la troupe, depuis l’acclamé Lonerism. Parmi ceux-ci, notons la participation aux formations Pond, Kevin Spacey et Mink Mussel Creek. On a pu l’entendre explorer plusieurs horizons artistiques, allant du space rock au funk, en passant par le dance. Parker a également prêté sa voix sur le single Daffodils du producteur Mark Ronson, deuxième extrait à avoir été divulgué de son opus qui a paru en janvier dernier.

 

PJ Harvey

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Polly Jean Harvey cumule plus de vingt ans dans le monde de la musique et le succès critique qui l’entoure n’a jamais dérougi depuis. L’artiste anglaise demeure la seule double récipiendaire de l’histoire du prestigieux Mercury Prize, avec Stories from the City, Stories from the Sea en 2000 et Let England Shake en 2011. Cette distinction, homologue du prix Polaris canardien, récompense le meilleur album britannique de l’année. La parution d’un album de l’auteur-compositrice est donc un événement très attendu par l’industrie de la musique. PJ Harvey nous ouvre les portes de son univers en nous permettant d’assister en direct à l’enregistrement de son album, dans un studio vitré aménagé à la Somerset House de Londres. L’exposition se veut une fenêtre sur le processus créatif d’enregistrement pour le public, mais pour l’artiste, il s’agit aussi d’une manière de stimuler ce processus, puisque les musiciens contempleront en continu les groupes de visiteurs de l’autre côté du vitrage à la manière d’un film anthropologique.

 

Louis-Jean Cormier (24 mars)

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Depuis la sortie de son premier effort solo, Le treizième étage, la carrière de Louis-Jean a connu un essor remarquable. Si son travail avec Karkwa lui avait un valu le respect des critiques et un succès notable auprès des auditeurs plus alternatifs, son parcours en solitaire le place désormais au rang d’artiste grand public. Les deux dernières années auront été bien remplies pour Cormier, avec le passage à La Voix, la tournée à travers le Québec, les concerts avec l’Orchestre Symphonique de Québec, le triplé de Félix au Gala de l’ADISQ 2013 et Les douze hommes rapaillés. Pour son prochain album, qui arrivera dans les bacs le 24 mars, Louis-Jean devra adresser une nouvelle fois un défi qu’il a relevé avec brio avec son premier disque, celui de rallier les deux solitudes, à savoir de présenter un produit qui saura plaire encore une fois aux larges audiences, sans décevoir aux mélomanes des premières notes de Karkwa.

 

Father John Misty – I Love You, Honey Bear

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Josh Tillman nous balance le 10 février prochain son second album solo, I Love You, Honey Bear. L’ex batteur de la formation folk Fleet Foxes nous prévient que le résultat sonnera plus soul que son précédent effort, Fear Fun, et qu’il sera également plus ambitieux dans les arrangements. Au menu, un mélange éclectique de cordes, de mariachis et de solos de batterie électronique. Tillman a en a surpris plusieurs en livrant son album en streaming il y a quelques semaines, mais sous un format audio MIDI, satire intelligente de la culture de streaming qui a transformé les habitudes de consommation de la musique. Il présente ironiquement SAP, un nouveau système «par lequel des albums populaires sont extraits (anglais sapped) de leurs performances, de leurs voix, de leur atmosphère et d’autres distractions afin que le consommateur puisse décider rapidement et efficacement s’ils aiment une composition musicale ou non».

On a pu l’entendre livrer un premier extrait en performance au programme de fin de soirée Letterman avec un ensemble de cordes complet de 22 personnes. L’amour, le narcissisme, l’ennui et le rire constituent les principaux thèmes abordés par l’opus.

Father John Misty a annoncé une tournée nord-américaine dans les mois à venir et s’arrêtera au Théâtre Corona de Montréal le 16 février prochain.

 

Beach House

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Le lancement d’un nouvel album en 2015 est encore au stade de rumeur, mais le duo dream-pop a offert une nouvelle chanson aux fans de Montréal lors de sa tournée Northern Exposure en 2014, une série de spectacles intimistes dans des villes nordiques du Canada et de l’Alaska, incluant les grands centres, mais également des endroits aussi inusités que Nelson, BC et Thunderbay, ON. La chanteuse Victoria Legrand, dont la grand-mère était québécoise et qui démontre bien son attachement à ses racines lors de ses passages dans la belle province en s’adressant à la foule en français, aurait d’ailleurs discuté avec des fans lors de la tournée et aurait mentionné que la formation était en enregistrement.

 

Mikal Cronin – MCIII (4 mai)

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Fort du succès de MCII, son dernier album applaudi par les journalistes et particulièrement par le polémique média Pitchfork, Mikal Cronin renoue avec les disquaires avec une offrande de 11 pièces qui tombera dans les mains de l’auditeur le 5 mai. L’intégralité des instruments sur les pistes, incluant du cor français, du saxophone, de la trompette et même du tzoura (sorte de luth traditionnel grec) sera jouée, à peu d’exceptions près, par le multi-instrumentiste. Conjointement à l’annonce du nouvel album, Cronin a dévoilé un premier extrait, Made Up My Mind, un morceau assez fidèle aux compositions qu’on lui connaît : une garage pop fédératrice menée par des guitares mélodiques et un piano désinvolte.

 

Le Nautonier

Pop et prises de becs.

La nouvelle fut annoncée récemment que le très populaire Ed Sheeran, qui devait prendre d’assaut le gigantesque Wembley Stadium de Londres en juillet pour un soir, ajoute deux dates consécutives à la première suite à une trop forte demande populaire. On sait qu’en 2007 ainsi qu’en 2011, Muse, également formation britannique, parvint à remplir le Wembley deux soirs enchaînés. Cependant, c’est la première fois que ce record a la chance d’être battu, cette fois par une popstar maintenant mondialement reconnue en ce jeune rouquin de talent.

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Néanmoins, là n’est pas le sujet de mon article, car je ne souhaite pas traiter de ma grande passion pour Ed Sheeran, semble-t-il qu’elle ait été égarée quelque part avant même de s’être emprise de moi. Ce qui m’a davantage intéressé dans cette histoire, c’est le commentaire de Noel Gallagher, qui n’a pas besoin de présentations, au sujet de ces trois méga-concerts dans une salle, souvenons-nous, à la capacité faramineuse de 80, 000 places.

D’un ton comme on le connaît railleur, le légendaire ex-leader d’Oasis s’est attaqué à Sheeran à l’aide de cette déclaration : «I don’t think I can live in a world where that’s even possible. When you hear that kind of polished pop and then there’s a ginger guy with a fucking guitar it seems subversive, but it’s fucking not. » Vu le succès qu’a remporté Oasis à ces heures de gloire, on ne peut attribuer ce commentaire à de la jalousie de la part de Gallagher. Par contre, il est possible de se demander si cette frustration n’est pas une forme de représailles due au fait que Sheeran avait finalement laissé tomber Gallagher pour un cocert-bénéfice pour le cancer il y a environ deux ans.

Cette petite querelle n’est pas la première qu’aura provoquée l’arrogant musicien. Celle-ci n’est d’ailleurs qu’un lien avec la question que m’a soulevé cette déclaration. Dans la citation plus haut, Gallagher parle de polished pop, en bon français de musique populaire polie. Semble-t’il qui considère qu’une trop grande attention est offerte à une musique qui s’apparente davantage à une industrie qu’à une volonté d’exprimer sa créativité par des mélodies. Le sous discours nous offre déjà plein de noms sur un plateau d’argent, je n’ai qu’à nommer les Taylor Swift, One Direction ou Ariana Grande de ce monde pour vous faire venir d’autres noms de pop stars à l’esprit.

Malgré le ridicule de la querelle, êtes-vous d’accord avec Gallagher? Êtes-vous de ceux qui croient que la pop bonbon qui régit nos plus populaires stations de radio constitue le principal mur qui bloque les multiples productions indie à se faire connaître. Il est du moins de mon avis que la tâche n’est certes pas facile pour ceux qui veulent faire de la musique différemment de s’affirmer sur une scène où on apprécie davantage la prévisibilité des structures musicales et la récurrence dans les mélodies.

Je terminerai néanmoins sur une note positive en disant qu’il est agréable de voir que, malgré le raz-de-marée de l’industrie de la musique pop ultra-radiophonique, la scène alternative nous offre chaque mois de nouveaux groupes et de nouveaux albums qui nous permettent de constater qu’il se fait encore, ici et à l’étranger, de l’excellente musique.

LE PARLEUR

Pour en apprendre un peu plus sur cette prise de bec entre les deux britanniques, voici quelques liens du magazine NME :

http://www.nme.com/news/noel-gallagher/82202

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/69386

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/82209?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=districts

Quelle est la pertinence d’un nouvel album de Pink Floyd en 2014?

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Petite mise en contexte

On peut déjà les entendre, les puristes comme ceux qu’on nomme les haters, se délecter de la récente sortie du dernier album studio de Pink Floyd, The Endless River, pour lancer sur les réseaux sociaux leurs opinions au sujet de cette parution. Comme j’en avais parlé dans un article précédent, je crois que l’on devait s’attendre à ce genre de commentaires. Les raisons sont simples. D’un côté, on a les puristes qui croient que Pink Floyd n’existait déjà plus après la sortie de Piper at the Gates of Dawn. Sous un autre angle, on retrouve des mélomanes qui, sans renier le reste de l’œuvre de Pink Floyd, ne l’ont jamais tant approfondie et rangent le nouvel opus du groupe dans le même tiroir que les comebacks de groupes tels que Kiss ou Aerosmith qui malheureusement, ne se sont pas tellement renouvelés avec leurs nouveaux albums studio.

Cependant, il ne faut surtout pas oublier que The Endless River reste assez inclassable puisque les enregistrements, particulièrement ceux des claviers, datent des sessions de l’album Division Bell, c’est donc de dire que l’écoute ne peut se faire dans la même optique que celle d’un comeback. De plus, David Gilmour et Nick Mason ont été limpides à ce sujet, il n’y aura pas de tournée pour cet opus. Gilmour a d’ailleurs mentionné qu’il n’avait pas de temps pour ramener Pink Floyd dans sa vie.

The Endless River, est un album en majeure partie instrumental qui se propose à nous comme une expérience d’écoute qui poursuit la ligné de Momentary Lapse of Reason et de Division Bell. De ce fait, il n’est donc pas étonnant d’entendre les fortes influences de cette phase de Pink Floyd lorsqu’on en fait l’écoute. Bien sur, on ne retrouvera pas de chansons légendaires telles que Breathe, Comfortably Numb ou encore Echoes sur cet album, car là n’était pas le but. Nous savons que le claviériste Richard Wright est décédé en 2008. The Endless River, c’est un dernier hommage à ce membre pilier du groupe britannique.

Un brin d’histoire

Pink Floyd, à travers les années, se constitue à mon avis de phase que l’on peut distinguer selon les albums. On retrouve tout d’abord la phase déterminante à l’avenir du groupe, celle qui va définir jusqu’à Wish you Were Here en 1975, l’inspiration principale du groupe. Cette phase, aussi courte fut-elle, c’est celle de Syd Barrett. Elle se forme majoritairement autour des origines jusqu’au départ officiel de Barrett au moment de l’album Saucerful of Secrets sur lequel il n’interprète qu’une seule chanson Jugband Blues dont les paroles signent sont départ.

Ensuite, c’est la période de recherche pour Pink Floyd. Cette recherche sonore nous offrira des albums que j’apprécie particulièrement pour leur importance dans ce qui définira la suite. Ainsi, on peut retrouver dans cette deuxième phase la bande sonore du film More, l’album aux arrangements classiques et audadieux Atom Heart Mother, ou encore le très expérimental Ummagumma. Plus difficiles d’écoute, ces albums représentent malgré tout à mon avis un point tournant important dans la carrière du groupe.

Pink floyd pompei

Puis, on entre dans ce que je nommerai ici la phase de symbiose sonore, celle où les membres de Pink Floyd, et ils l’admettent eux-mêmes, sont sur une longueur d’onde similaire. Chacun fait ce qu’il a à faire du mieux qu’il le peut. Ainsi, Gilmour aux guitares et au chant, assume complètement son importance dans le groupe. Roger Waters se découvre comme un parolier d’exception. Les claviers de Rick Wright gagnent en importance et la batterie de Mason gronde comme jamais auparavant. Cette symbiose parait à prime abord sous le nom de Meddle. C’est cet album qui contient la mythique Echoes, morceau inoubliable qui est encore à ce jour encensé dans le monde culturel. Cette phase comprend également le tournage du fantomatique film Live at Pompeii, un immanquable pour les vrais fans du groupe. Ce moment d’unicité que connaît Pink Floyd prend sa catharsis avec l’album Dark Side of the Moon, dont je n’ai certainement pas besoin de faire l’éloge ici. Je tiens malgré tout à vous rappeler que ce long-jeu à la pochette si efficace est resté au billboard durant les 14 ans qui suivirent ça sortie.

Suite à Dark Side of the Moon, on commence à sentir certains conflits au sein du groupe, qui malgré tout, nous offriront Wish You Were Here, un album qui cautérise la plaie qu’avait laissée ouverte Barrett lors de son départ plusieurs années auparavant. L’album, construit autour de ce membre initial de Pink Floyd se veut, autant dans sa musique que dans ses textes, émotionnellement très rattaché au « diamant fou » que représente Syd pour le quatuor. Suite à la parution de Wish You Were Here, on entre dans la grande épopée de la phase Roger Waters qui nous offrira plus particulièrement les très intéressants Animals et The Wall. Ils restent à ce jour très haut placés sur mes étagères de disques. The Wall devient à cette époque la quintessence de l’album concept. Malgré tout, c’est dans cette phase que s’établiront les plus fortes tensions au sein du groupe. Mason et Gilmour n’ont plus de plaisir à jouer avec Waters, qu’ils considèrent un peu trop tyrannique. L’âge d’or de Pink Floyd s’émoussera donc tranquillement jusqu’à la sortie de The Final Cut, le douzième album du groupe en 1983.

Quatre ans plus tard, Pink Floyd remet ses pendules à l’heure, malheureusement sans Roger Waters pour offrir à son public le très différent Momentary Lapse of Reason. Avec cet album qui redonne une raison d’être au groupe, on entre dans la phase David Gilmour. Cette phase s’ancre profondément dans le son lui-même des albums Momentary Lapse of Reason et Division Bell qui se concentrent majoritairement vers un rock ambiant, certes progressif à sa façon où les voix de Wright et de Gilmour son mises de l’avant tout comme leurs instruments respectifs. À cette mêmme époque, Pink Floyd filme un spectacle au Earl’s Court de Londres ainsi qu’à Venise sur une scène flottante. À nouveau, le monde se focalise un peu plus sur cette musique intemporelle.

Pourquoi The Endless River?

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Vous remarquerez que ce bref résumé historique n’inclut aucune phase associée à Richard Wright en soi. Il est de mon avis que la raison principale de cette exclusion est due au fait que l’importance du claviériste s’est faite sentir autant lord de Piper at the Gates of Dawn que lors de la tournée The Wall, durant laquelle celui-ci n’était, fait plutôt cocasse, pourtant qu’un pigiste. Comme les membres du groupe, les véritables admirateurs de Pink Floyd savent malgré tout reconnaître l’importance capitale de l’apport de Wright au son du groupe. Ses claviers éthérés apportent cette cohésion qui n’aurait peut-être jamais été présente sans le silencieux musicien. Ainsi, sans pour autant venir critiquer The Endless River dans une formule classique, je souhaite simplement mentionner qu’il peut constituer un hommage posthume à l’importance de Wright. Par le grand respect que portent Mason et Gilmour à leur défunt collègue, il était capital de boucler la boucle de manière à comprendre que la phase Richard Wright s’est étendue de 1967 jusqu’à aujourd’hui pour continuer de couler comme une rivière sans fin plus forte que les mots.

« It’s louder than words

This thing that we do »

LE PARLEUR

Folk : des racines traditionnelles à la diffusion moderniste.

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Dans les topos précédents, j’ai fait quelques courtes allusions à la diffusion du folk par internet et j’ai à un moment parlé des sessions d’enregistrement qu’on peut visionner directement sur youtube.

Ces sessions sont en effet de plus en plus populaires comme médiums de diffusion d’une musique qui ne demande pas trop d’équipement pour la reproduire. Ainsi, souvent on peut visionner de très talentueux artistes folk interpréter une ou plusieurs de leurs compositions dans la forêt, dans un parc ou encore dans un champ. Parfois, certaines session sont même filmées en plein milieu de la ville et les micros utilisés laissent passer le boucan de la ville. Dans certains cas, on peut se dire que c’est désagréable, mais souvent, le caractère humain de la performance en ressort grandi, ce qui est tout à l’avantage de certaines chansons. L’idée est en fait intéressante lorsque l’équipe de production choisit un endroit qui sied parfaitement à l’artiste.

Il me serait ici impossible de rendre compte de toutes ces sessions filmées, puis diffusées sur internet. Il y a de quoi s’y perdre! Ainsi, il est plutôt intéressant d’aborder le concept en général. De toute évidence, l’idée de base est de permettre aux internautes de découvrir des artistes qui ont peut être parfois un peu de difficulté à s’illustrer hors de leur milieu d’origine. Ici, je pense par exemple à Tom Klose, un auteur-compositeur-interprète allemand d’un talent indéniable qui joue un folk bien senti qui se fait héritage de Bob Dylan. Pour ma part, j’ai découvert Tom Klose grâce aux Berlin Sessions, des sessions d’enregistrement et de tournage qui ne font plus dans l’amateur; on est ici dans la quintessence de ce type de productions. J’utilise ici en exemple Tom Klose, mais grâce à ce canal youtube, j’ai également découvert d’autres groupes ou artistes qui pour certains, font maintenant partie de ma bibliothèque musicale.

Ce qui est aussi agréable à voir, c’est qu’une fois qu’un canal youtube de ce genre gagne en popularité, il utilise cette notoriété pour aller chercher des artistes un peu plus connus. Ceci qui leur permet d’augmenter significativement leur nombre de clics et ensuite permettre à encore plus de gens de découvrir des artistes émergents qui peut-être, sans ces sessions d’enregistrement, ne seraient pas parvenus à percer ailleurs que dans leur pays.

Certains canaux youtube comme celui des Berlin Session ou encore des Cardinal Sessions, étant donné leurs moyens clairement plus significatifs, sont également dotés d’un site web ou on peut aussi lire l’actualité musicale des artistes qui passent sous l’objectif de leurs caméras et on peut y lire des bloggeurs qui s’intéressent aux genres diffusés par chacun des canaux pour lesquels ils écrivent. D’un point de vue qualité, c’est extrêmement encourageant de voir que ce genre de site spécialisé existe, car le tri n’est même pas nécessaire, on saisit rapidement la touche unique de chacun de ces canaux de sessions pour décider de suivre un tel ou tel autre.

Il reste cependant que le meilleur moyen de faire des découvertes et de suivre un canal qui nous ressemble, c’est d’en explorer quelques uns. Je vous laisse donc ici avec quelques liens de performances que j’affectionne particulièrement, vous pourrez ainsi vous faire une idée de la chose. Bonne écoute!

LE PARLEUR

Cardinal Sessions

Enregistrées en Europe, les Cardinal Sessions font pas mal promener l’équipe de tournage puisque les points d’enregistrements sont souvent assez variés. C’est une maison de production qui se veut assez populaire dans ce genre de réalisations. Le folk est bien sur sa spécialité. Les Cardinal Sessions nous offrent de très bons rendus techniques qui nous permettent de coller une ambiance visuelle assez agréable à des musiques qui le sont tout autant.

Ici, vous pouvez écouter et regarder une performance extrêmement sensible de Keaton Henson qui nous interprète 10 am Gare du Nord de manière très épurée sur une magnifique guitare Guild à douze cordes :

Mahogany Sessions

Sur ce canal, on a droit à énormément de variété. Les sessions ne se concentrent pas uniquement sur le folk, mais sur les performances acoustiques en général. Une bonne occasion d’assister à des versions épurées de vos artistes favoris, puisque des gros noms tel que Passenger passent parfois par les Mahogany sessions.

Une de mes découvertes de l’année 2014, Rachel Sermanni. Merci aux Mahogany Sessions qui m’ont permis d’entendre cette auteure-compositrice écossaise qui se veut à la fois une excellente parolière et une guitariste au talent évident :

Berlin Sessions

On a ici droit à des productions allemandes de qualité qui nous montrent que les Allemands sont fiers du folk qui se fait chez eux. On peut aussi visionner des captations live d’artistes qui passent par Berlin. Par contre, c’est vraiment pour découvrir ce qui se fait en Allemagne que je vous suggère ce canal.

Les Berlin Sessions m’ont permis de découvrir énormément d’artistes, j’ai plus tôt parlé de Tom Klose, mais je vous laisse ici le lien vers une performance d’un groupe de folk assez traditionnel, Ewert and the Two Dragons :

 

Gondola Sessions

Un concept à coup sur unique. Chaque performance filmée sur ce canal se veut réalisée dans une cabine de téléphérique. Des artistes d’un peu partout, bien des styles de folk. Je vous laisse ici avec James Bay, qui sait bien mélanger folk, blues et country :

Tabarnakoustic

En terminant, des sessions bien d’ici pour des artistes également d’ici, on ne peut donc pas trop en envier aux Européens, puisqu’on a également notre médium de découvertes musicales de ce genre ici, au Québec!