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Dans la mire pour 2015.

 

Mes oreilles baignent depuis déjà plusieurs années dans l’océan sonore du rock alternatif, toujours prêtes à plonger dans de nouveaux courants musicaux. Lorsqu’on m’a proposé de prendre part à la traversée de la régate de CORRESPONDANCESblog, j’ai sauté sur l’occasion de mettre à contribution mon bagage de matelot afin de lui permettre de dériver plus profond encore dans les méandres de la musique émergente et de découvrir encore davantage d’Eldorados mélodiques. Voici l’heure pour moi de lever l’ancre et d’embarquer dans l’aventure avec une première chronique, et j’ai décidé, d’emblée, de mettre le cap sur 2015 et ses promesses en musique. De nombreuses sorties d’albums ont déjà été annoncées et laissent présager une année faste pour les mélomanes. Si certains artistes laissent filtrer les détails de leurs projets au compte-goutte, en partageant des tweets cryptés ou des photos mystérieuses, d’autres nous mettent déjà l’eau à la bouche en dévoilant de nouvelles pièces dans leurs spectacles ou sur le web. Les techniques publicitaires n’auront jamais été aussi variées et inventives, et pourtant, l’actualité musicale est tellement foisonnante qu’on en perd rapidement le fil. C’est devant ce brouillard à l’horizon que j’ai choisi de dresser mon phare aujourd’hui, en inventoriant les sorties d’albums que j’attends le plus dans la prochaine année.

 

Radiohead

radiohead

Depuis la sortie de The King of Limbs en 2011 et la tournée qui en a découlé, les membres de Radiohead sont restés discrets sur les projets futurs du groupe. Si l’éventualité d’une suite est restée sur la glace, les cinq artistes de la bande n’ont pas pour autant chômé, mettant chacun de l’avant divers projets parallèles. D’abord, le chanteur Thom Yorke s’est entouré du bassiste Flea des Red Hot Chili Peppers et du réalisateur de Radiohead Nigel Godrich pour donner naissance à Atoms For Peace, un projet électro aux rythmes nerveux et disparates, bercés par la voix hypnotique de Yorke. Johnny Greenwood, de son côté, s’est affairé à la réalisation de trames sonores, composant entre autres la partition du film de Paul Thomas Anderson Inherent Vice et une suite à la trame sonore qu’il avait composée pour There Will Be Blood, du même réalisateur. Il a également performé avec divers orchestres tels que le prestigieux London Contemporary Orchestra.

C’est le bassiste Colin Greenwood qui a laissé entrevoir en premier la possibilité d’un neuvième album studio du groupe, en février dernier. «Thom vient juste de rentrer de sa tournée avec Atoms For Peace, et il a un peu de temps. Je suis désolé d’être vague… mais tout ce que je peux vous dire c’est que nous sommes heureux, positifs, et dans l’attente d’une prochaine aventure.» Deux mois plus tard, Le guitariste Johnny Greenwood, lors d’une entrevue avec le magazine britannique NME, annonçait : « nous nous rassemblerons à la fin de l’été et nous nous organiserons. Mais, vous savez, nous avons toujours été un animal qui se déplace lentement. J’imagine que c’est là que nous déciderons ce que nous ferons. » Les promesses se sont concrétisées lorsque le producteur du band a «tweeté» en septembre une photo de Thom Yorke et de Johnny Greenwood en studio, expérimentant avec des synthés modulaires, ce qui laisse présager un retour aux sonorités plus électroniques des Amnesiac et Kid A du début de la décade précédente. Fidèle à son habitude, le groupe demeure avare de commentaires dans les médias et laisse planer le doute complet sur la date de sortie de l’opus. Il serait sage de ne pas s’attendre à une campagne conventionnelle de promotion pour cet album, considérant les antécédents idiosyncratiques du groupe sur le plan marketing. On se souvient qu’ils auront été les premiers à distribuer un album à grande échelle au moyen de la vente à prix volontaire avec In Rainbows en 2007 et qu’ils ont, dans la même veine, mis à profit les cybertechnologies dans les années suivantes en téléversant leurs productions sur leur propre site web.

En attendant plus de détails, les aficionados de la formation mythique peuvent boire à la coupe des tout récents albums solos de Yorke et du batteur Philip Selway, deux parutions très respectables. Tomorrow’s Modern Boxes constitue l’offrande la plus électro de la discographie de Yorke, alors que Selway nous dévoile dans Weatherhouse son talent d’auteur-compositeur avec ses ballades folk organiques et résolument contemplatives.

 

Half Moon Run

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Le groupe indie-folk québécois de l’heure nous a donné un avant-goût de leur «sophomore» lors de sa tournée estivale en jouant plusieurs des pièces qui s’y retrouveront. Le test du deuxième album est reconnu pour être critique dans la carrière d’un artiste et les Montréalais d’adoption en semblent bien conscients, vu le temps et l’application qu’ils mettent à élaborer leur album. Entrés en studio au début de l’automne, ils gardent le silence radio depuis et la date d’accouchement de leur opus demeure matière à spéculation. Les extraits de l’été nous rassurent cependant sur la qualité de ce qu’ils nous livreront.

 

James Blake – Radio Silence

james blake

Si son dernier LP, Overgrown, remonte au printemps 2013, l’année 2014 n’en aura pas été pour autant une d’oisiveté pour James Blake. D’abord, ses apparitions radiophoniques presque mensuelles à la BBC Radio 1 comme DJ maison de l’émission Residency, couplées aux nouveaux singles qu’il a partagé en primeur par le biais du programme, suffisent à contraster avec le titre du troisième album qu’il fera paraître au printemps prochain, Radio Silence. D’autre part, Blake nous a livré en décembre dernier 200 Press, un maxi plus expérimental et abstrait que ses précédents albums, qui confronte les samples R&B et les rythmes dubstep dans une atmosphère saturée. L’artiste nous a révélé que le prochain disque était déjà réalisé à 50% et qu’il serait plus agressif et plus «clubby». Également, on peut s’attendre à la présence du polyvalent Justin Vernon de Bon Iver ainsi qu’à celle du polémique Kanye West sur l’album, sans compter le troisième collaborateur dont Blake tait encore le nom et pour lequel il se dit très enthousiaste.

 

Tame Impala

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Les ambassadeurs australiens du rock psychédélique nous reviendront en force avec une nouvelle offrande en 2015, à en croire les dires de Spinning Top, la société de gestion du groupe. On ne connaît pas encore le moment de publication, mais le claviériste Jay Watson a piqué notre curiosité en avançant que l’album serait moins rock et plus électronique que les précédentes parutions. Une direction artistique qui intrigue, mais qui promet, considérant les projets avec lesquels s’est occupé Kevin Parker, le chanteur de la troupe, depuis l’acclamé Lonerism. Parmi ceux-ci, notons la participation aux formations Pond, Kevin Spacey et Mink Mussel Creek. On a pu l’entendre explorer plusieurs horizons artistiques, allant du space rock au funk, en passant par le dance. Parker a également prêté sa voix sur le single Daffodils du producteur Mark Ronson, deuxième extrait à avoir été divulgué de son opus qui a paru en janvier dernier.

 

PJ Harvey

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Polly Jean Harvey cumule plus de vingt ans dans le monde de la musique et le succès critique qui l’entoure n’a jamais dérougi depuis. L’artiste anglaise demeure la seule double récipiendaire de l’histoire du prestigieux Mercury Prize, avec Stories from the City, Stories from the Sea en 2000 et Let England Shake en 2011. Cette distinction, homologue du prix Polaris canardien, récompense le meilleur album britannique de l’année. La parution d’un album de l’auteur-compositrice est donc un événement très attendu par l’industrie de la musique. PJ Harvey nous ouvre les portes de son univers en nous permettant d’assister en direct à l’enregistrement de son album, dans un studio vitré aménagé à la Somerset House de Londres. L’exposition se veut une fenêtre sur le processus créatif d’enregistrement pour le public, mais pour l’artiste, il s’agit aussi d’une manière de stimuler ce processus, puisque les musiciens contempleront en continu les groupes de visiteurs de l’autre côté du vitrage à la manière d’un film anthropologique.

 

Louis-Jean Cormier (24 mars)

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Depuis la sortie de son premier effort solo, Le treizième étage, la carrière de Louis-Jean a connu un essor remarquable. Si son travail avec Karkwa lui avait un valu le respect des critiques et un succès notable auprès des auditeurs plus alternatifs, son parcours en solitaire le place désormais au rang d’artiste grand public. Les deux dernières années auront été bien remplies pour Cormier, avec le passage à La Voix, la tournée à travers le Québec, les concerts avec l’Orchestre Symphonique de Québec, le triplé de Félix au Gala de l’ADISQ 2013 et Les douze hommes rapaillés. Pour son prochain album, qui arrivera dans les bacs le 24 mars, Louis-Jean devra adresser une nouvelle fois un défi qu’il a relevé avec brio avec son premier disque, celui de rallier les deux solitudes, à savoir de présenter un produit qui saura plaire encore une fois aux larges audiences, sans décevoir aux mélomanes des premières notes de Karkwa.

 

Father John Misty – I Love You, Honey Bear

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Josh Tillman nous balance le 10 février prochain son second album solo, I Love You, Honey Bear. L’ex batteur de la formation folk Fleet Foxes nous prévient que le résultat sonnera plus soul que son précédent effort, Fear Fun, et qu’il sera également plus ambitieux dans les arrangements. Au menu, un mélange éclectique de cordes, de mariachis et de solos de batterie électronique. Tillman a en a surpris plusieurs en livrant son album en streaming il y a quelques semaines, mais sous un format audio MIDI, satire intelligente de la culture de streaming qui a transformé les habitudes de consommation de la musique. Il présente ironiquement SAP, un nouveau système «par lequel des albums populaires sont extraits (anglais sapped) de leurs performances, de leurs voix, de leur atmosphère et d’autres distractions afin que le consommateur puisse décider rapidement et efficacement s’ils aiment une composition musicale ou non».

On a pu l’entendre livrer un premier extrait en performance au programme de fin de soirée Letterman avec un ensemble de cordes complet de 22 personnes. L’amour, le narcissisme, l’ennui et le rire constituent les principaux thèmes abordés par l’opus.

Father John Misty a annoncé une tournée nord-américaine dans les mois à venir et s’arrêtera au Théâtre Corona de Montréal le 16 février prochain.

 

Beach House

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Le lancement d’un nouvel album en 2015 est encore au stade de rumeur, mais le duo dream-pop a offert une nouvelle chanson aux fans de Montréal lors de sa tournée Northern Exposure en 2014, une série de spectacles intimistes dans des villes nordiques du Canada et de l’Alaska, incluant les grands centres, mais également des endroits aussi inusités que Nelson, BC et Thunderbay, ON. La chanteuse Victoria Legrand, dont la grand-mère était québécoise et qui démontre bien son attachement à ses racines lors de ses passages dans la belle province en s’adressant à la foule en français, aurait d’ailleurs discuté avec des fans lors de la tournée et aurait mentionné que la formation était en enregistrement.

 

Mikal Cronin – MCIII (4 mai)

mikal cronin

Fort du succès de MCII, son dernier album applaudi par les journalistes et particulièrement par le polémique média Pitchfork, Mikal Cronin renoue avec les disquaires avec une offrande de 11 pièces qui tombera dans les mains de l’auditeur le 5 mai. L’intégralité des instruments sur les pistes, incluant du cor français, du saxophone, de la trompette et même du tzoura (sorte de luth traditionnel grec) sera jouée, à peu d’exceptions près, par le multi-instrumentiste. Conjointement à l’annonce du nouvel album, Cronin a dévoilé un premier extrait, Made Up My Mind, un morceau assez fidèle aux compositions qu’on lui connaît : une garage pop fédératrice menée par des guitares mélodiques et un piano désinvolte.

 

Le Nautonier

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Pop et prises de becs.

La nouvelle fut annoncée récemment que le très populaire Ed Sheeran, qui devait prendre d’assaut le gigantesque Wembley Stadium de Londres en juillet pour un soir, ajoute deux dates consécutives à la première suite à une trop forte demande populaire. On sait qu’en 2007 ainsi qu’en 2011, Muse, également formation britannique, parvint à remplir le Wembley deux soirs enchaînés. Cependant, c’est la première fois que ce record a la chance d’être battu, cette fois par une popstar maintenant mondialement reconnue en ce jeune rouquin de talent.

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Néanmoins, là n’est pas le sujet de mon article, car je ne souhaite pas traiter de ma grande passion pour Ed Sheeran, semble-t-il qu’elle ait été égarée quelque part avant même de s’être emprise de moi. Ce qui m’a davantage intéressé dans cette histoire, c’est le commentaire de Noel Gallagher, qui n’a pas besoin de présentations, au sujet de ces trois méga-concerts dans une salle, souvenons-nous, à la capacité faramineuse de 80, 000 places.

D’un ton comme on le connaît railleur, le légendaire ex-leader d’Oasis s’est attaqué à Sheeran à l’aide de cette déclaration : «I don’t think I can live in a world where that’s even possible. When you hear that kind of polished pop and then there’s a ginger guy with a fucking guitar it seems subversive, but it’s fucking not. » Vu le succès qu’a remporté Oasis à ces heures de gloire, on ne peut attribuer ce commentaire à de la jalousie de la part de Gallagher. Par contre, il est possible de se demander si cette frustration n’est pas une forme de représailles due au fait que Sheeran avait finalement laissé tomber Gallagher pour un cocert-bénéfice pour le cancer il y a environ deux ans.

Cette petite querelle n’est pas la première qu’aura provoquée l’arrogant musicien. Celle-ci n’est d’ailleurs qu’un lien avec la question que m’a soulevé cette déclaration. Dans la citation plus haut, Gallagher parle de polished pop, en bon français de musique populaire polie. Semble-t’il qui considère qu’une trop grande attention est offerte à une musique qui s’apparente davantage à une industrie qu’à une volonté d’exprimer sa créativité par des mélodies. Le sous discours nous offre déjà plein de noms sur un plateau d’argent, je n’ai qu’à nommer les Taylor Swift, One Direction ou Ariana Grande de ce monde pour vous faire venir d’autres noms de pop stars à l’esprit.

Malgré le ridicule de la querelle, êtes-vous d’accord avec Gallagher? Êtes-vous de ceux qui croient que la pop bonbon qui régit nos plus populaires stations de radio constitue le principal mur qui bloque les multiples productions indie à se faire connaître. Il est du moins de mon avis que la tâche n’est certes pas facile pour ceux qui veulent faire de la musique différemment de s’affirmer sur une scène où on apprécie davantage la prévisibilité des structures musicales et la récurrence dans les mélodies.

Je terminerai néanmoins sur une note positive en disant qu’il est agréable de voir que, malgré le raz-de-marée de l’industrie de la musique pop ultra-radiophonique, la scène alternative nous offre chaque mois de nouveaux groupes et de nouveaux albums qui nous permettent de constater qu’il se fait encore, ici et à l’étranger, de l’excellente musique.

LE PARLEUR

Pour en apprendre un peu plus sur cette prise de bec entre les deux britanniques, voici quelques liens du magazine NME :

http://www.nme.com/news/noel-gallagher/82202

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/69386

http://www.nme.com/news/ed-sheeran/82209?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=districts

Un nouvel album pour Admirals

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Ils nous serviront leur prochain album en guise de cadeau de Noël le 27 décembre prochain, ce qui nous laisse encore un peu de temps pour s’y préparer.  Après tout, la pochette présage quelque chose d’assez violent!  Release The Hounds sera le troisième album du groupe, une oeuvre qui laisse présager un virage important pour le band.  Cela fait maintenant plus de 8 ans que ces jeunes (maintenant plus si jeunes!) du Lac-Saint-Jean roulent leur énergie un peu partout au Québec.  Je les suis du coin de l’oeil depuis quelques années et j’ai bien hâte de découvrir en entièreté ce nouvel album.

Au cours des derniers mois, Admirals nous tenait en haleine en publiant des cover et A capella de genres variés sur leur chaîne Youtube.  De Simon and Garfunkel à Foo Fighters en passant par Jack White et The Killers, on a eu droit à plusieurs surprises de leur part!  Très intéressant de découvrir ce qui inspire le band, quelle musique les fait tripper et influence leur art.

Déjà deux extraits sont disponible sur leur page Facebook, et j’ai eu la chance d’en écouter un troisième en primeur.  Die of an Overdrive fut dévoilé il y a déjà un an, on nous envoie une énergie débordante.  Bien que le band se qualifie globalement de Classic Rock, on constate de multiples influences, des sonorités d’ailleurs très punk et ska.  Ces influences ska prennent d’ailleurs toutes leur sens dans le seconde partie de Beyond the real , un changement radical dans la structure de la chanson, touche très intéressante qui aurait selon moi due être exploitée tout au long de la chanson!  On imagine facilement trombones et trompettes se mêler à tout ça et des ballons de plages voyageant sur la foule!  C’est la pièce Campbell river , qui ne vous est malheureusement pas encore accessible, qui a su le mieux me surpendre.  Une chanson qui aurait facilement pu se retrouver sur le dernier opus de Rancid ou même The Gaslight Anthem!

Release the Hounds devrait nous réserver plusieurs autres surprises.  Si la tendance se maintient on aura droit à un album moins Classic Rock que les précédents.  Les musiciens semblent avoir trouvé un son propre à eux, un mix entre le Classic Rock, le Punk et le Ska.  Je suivrai la sortie prochaine de l’album avec attention, je dois dire que les derniers titres du groupe m’ont réellement surpris.  Admirals c’est un band qui ose s’aventurer vers un genre ou il est plutot difficile de ressortir du lot, particulièrement au Québec.  Si un album est fait pour les faire sortir en force, c’est bien Release the Hounds.

LE FRÈRE

27 fois l’aurore : une évolution en beauté pour Salomé Leclerc

Salomé

Salomé Leclerc avait déjà su imposer un son bien unique à elle en 2011 avec Sous les arbres. Elle nous relance aujourd’hui avec 27 fois l’aurore dans la chaleur tourmenteuse d’un album qui nous montre que l’art d’écrire des chansons, c’est aussi l’art de savoir évoluer avec élégance.

Cette dernière parution de Salomé Leclerc, vient pour moi s’enraciner bien profondément dans la définition ce que qui se fait de mieux ici. Autant elle arrive à aller chercher avec la portion folk de sa musique quelque ressemblance avec le vétéran respecté de tous Daniel Bélanger, autant elle parvient à s’illustrer avec un son bien moderne qui saura plaire aux fans de Jimmy Hunt ou encore aux nostalgiques d’un Karkwa qui nous a quitté en beauté.

Arlon, le single sur 27 fois l’aurore, nous expose rapidement à ce qu’a tenté d’explorer Salomé Leclerc sur ce deuxième album. Lorsque Sous les arbres nous faisait se pencher plus près d’un folk langoureux, on se laisse cette fois-ci tomber jusqu’à s’en échapper l’âme dans des arrangements électroniques minimalistes qui viennent élargir la voix rauque de l’auteure-compositrice jusqu’à des démesures toutes en finesse.

Il reste assez limpide que Leclerc aime travailler des textes bien léchés qui pourraient, à mon avis bien personnel, se lire dans un recueil de poésie auquel on aurait retiré toute musique. Par contre, et c’est là que cette artiste vient prendre sa place sur la scène québécoise (et francophone en général), les textes vaporeux ne viennent pas prendre la place de la musique, et la musique ne vient pas non plus prendre la place des textes. En fait, ces musiques forts bien écrites et les mélodies de 27 fois l’aurore semblent d’elles-mêmes venir se coller à la poésie enveloppante de tout l’album. Personnellement, il me semble que la chanson Devant les canons s’affirme comme un des meilleurs exemples de ce mélange entre une poésie pure, moderne et audacieuse, et une musique où les arrangements léchés viennent accompagner celle-ci à la perfection. Pour les arrangements, on remercie d’ailleurs le très productif Philippe Brault (Random Recipe, Pierre Lapointe) d’avoir accompagnée la chanteuse dans la réalisation de ce deuxième album. Tout est extrêmement bien équilibré, même dans les déséquilibres.

27 fois l’aurore est un album que j’attendais depuis un moment, et je dois avouer qu’il représente déjà pour moi toutes ces musiques qui viennent si bien nous convaincre que les textes de chanson se font parfois véritable littérature. L’album prend place sur mon étagère entre Karkwa et Douze Hommes Rapaillés sans trop s’éloigner de Jimmy Hunt et de Martin Léon, c’est donc dire que Salomé Leclerc écrit une musique qui s’accole bien à la liste de celles qui me rendent fier de ce qui se fait ici.

Merci pour le bel album d’automne.

P.S. La chanson Arlon se retrouve également sur la compilation Trente d’Audiogram, l’interprétation en vaut le détour!

LE PARLEUR

Une surprise Irlandaise

Le marché de la musique est en déclin depuis déjà plusieurs années.  Avec l’accès plus que facile au téléchargement en quelques clics, seul les mélomanes achètent encore leur disques en copies physiques!  Radiohead avait fait un grand pas en 2007 en offrant en version digital l’album In Rainbows au prix désiré par le client.  7 ans plus tard, c’est U2 qui suit le pas en offrant son tout nouvel album, Songs Of Innocence, gratuitement sur la plateforme Itunes.

U2

Déjà que la sortie d’un nouvel album du légendaire groupe irlandais U2 allait faire beaucoup parler, sa gratuité en fit tout un événement!  J’avais déjà prévu m’attarder sur cet album, sachant que Danger Mouse (Broken Bells, The Black Keys…) avait produit l’album.  Sans être un grand fan du quatuor irlandais, je respecte l’évolution et l’engagement du groupe, et je sais que dès que Danger Mouse se mêle d’un projet, il en ressort toujours quelque chose d’intéressant!  Bono présente cet album comme étant l’album le plus personnel de leur répertoire.  Effectivement, on ressent beaucoup cet émotion sur ce nouvel album.  Pour un groupe qui avait l’habitude de s’associer a des causes humanitaires, de critiquer et vouloir toucher des cordes sensibles, cette fois ci ils décident de se dévoiler eux-mêmes.

Songs Of Innocence c’est un album qui nous fera sentir que U2 en a encore à nous offrir, même après près de 40 ans d’existence.  L’album s’ouvre sur une chanson en hommage à Joey Ramone, The Miracle (Of Joey Ramone) montre parfaitement l’énergie qu’on ressentira tout au long de l’oeuvre.  Une pièce que j’affectionne particulièrement, Volcano, complètement au centre de l’album.  La piste vocale de Bono s’enchaîne parfaitement aux accords lourds qui l’accompagnent.  D’ailleurs c’est probablement une pièce qui fera office de single dans les prochains mois, je gagerais là-dessus!  Ce qui est intéressant sur Songs Of Innocence, c’est la variété de son qu’on y retrouve.  D’un genre très 80’s, U2 restent fidèle à leurs racines, The Edge et Bono nous offrent encore beaucoup de bruits et back vocal qui appuie à la perfection les arrangements musicaux.  Du début jusqu’à la fin, on est entrainé à vouloir chanter et fredonner les 11 titres de l’album.  La pièce Cedarwood Road fait également partie de mes coups de coeur par sa manière de nous tenir en haleine.  Sur la fin de l’album, de Sleep Like a Baby Tonight (une pièce remarquable à écouter sur repeat!) à The Troubles, on comprend l’influence de Danger Mouse, reconnaissant son style d’arrangement, et les sonorités propres au style du producteur.

Somme toute, je suis satisfait de cette oeuvre. U2 aura certainement droit à mon soutien sur ce disque.  Au lieu de nous fournir du remâcher, la bande irlandaise nous montre ce qu’elle peut offrir de nouveau à son public.  Tout ce que j’ai à dire, c’est que j’en veux plus!  Je respectais déjà énormément la carrière du groupe, maintenant je ne douterai pas un moment de leur capacité à me surprendre.  Vous lirez partout que cet album n’est que déception par-dessus déception.  N’en croyez rien et faites-vous votre propre idée, je vous garantis que vous ne serez pas déçu.

LE FRÈRE

Trente : un magnifique présent musical de début d’automne.

Trente

« 30 ans, 30 artistes et 30 chansons », c’est la devise qu’a donné Audiogram, la boîte de production montréalaise, à sa nouvelle compilation, mais quelle compilation!

Il n’en fallait pas plus pour l’équipe d’Audiogram pour réunir 30 de leurs plus respectables auteurs-compositeurs interprètes dans le but de créer un disque ma foi, indéniablement efficace. Ce qui plaît sur le disque, c’est particulièrement que les chansons choisies par les artistes (à quelques exceptions près), ne sont pas automatiquement leur meilleur succès. Ainsi, Jean Leloup aura choisi d’interpréter Johnny Go, un de ses hits qui n’est malgré tout pas le choix facile à mettre sur une compilation. Dans la même veine, Daniel Bélanger a choisi de nous faire cadeau d’une version très minimaliste de sa chanson Ensorcelée et Pierre Lapointe nous offre quant à lui Tel un seul homme dans une version qui rappelle son spectacle qu’il avait donné seul au piano il n’y a pas si longtemps que ça encore. Bien sur, je ne vais pas ici me mettre à nommer toute la brochette d’artistes qui passe sur le disque, mais me contenterai de dire qu’on va de Jim Corcoran à Hôtel Morphée tout en passant par Salomé Leclerc, Pierre Flynn et Bran Van 3000. Ces simples noms nous font rapidement prendre conscience de la grande variété d’artistes qu’a su nous offrir Audiogram au cours de son existence aujourd’hui plus significative qu’elle n’y paraît.

Ce qui est intéressant avec Trente, c’est qu’on peut aussi visionner les enregistrement de ces chansons, toutes en noir et blanc et suivant la même ligne directrice; c’est-à-dire d’établir une connexion entre l’artiste et sa performance de manière à nous montrer de quoi telle ou telle chanson pouvait avoir l’air avant d’être arrangée et mise sur disque. Ainsi, plusieurs versions se font très intimes et très intéressantes, aucun fla-fla n’est au rendez-vous sur cette compilation. D’ailleurs, ce minimalisme est également prôné dans la direction photographique du projet qui s’affirme, comme mentionné plus haut, en noir et blanc, mais surtout en un seul plan fixe, ce qui nous permet d’avant tout se concentrer sur la musique. Aussi, pour les lecteurs musiciens, vous en profiterez pour remarquer l’éventail d’équipement d’enregistrement de qualité qui passe sous nos yeux lors de ces trente performances; rien d’autre que des micros à en faire baver tout ingénieur de son amateur.

Du fait que cette nouvelle sortie d’Audiogram ne constitue qu’une compilation, je ne n’approfondirai pas ici les chansons qu’on peut y entendre. Il suffit en fait de se laisser porter par la vague d’artistes bien d’ici et de morceaux qui ont déjà su avec brio traverser les années et les oreilles de maints auditeurs. Bonne écoute!

LE PARLEUR

http://audiogram.com/trente/

Un nouveau projet pour Julian Casablancas!

En 2009 il sortait son tout premier album solo, Phrazes For The Young, dans moins d’un mois il en offrira un second avec le groupe The Voidz pour l’épauler.  À la manière de Kurt Vile & The Violators ou bien de Nick Cave & The Bad Seeds, Julian Casablancas & The Voidz nous fera découvrir l’artiste sous un tout nouveau son.  L’album s’intitulera Tyranny et sera dévoilé le 23 septembre.  La formation sera de passage à Montréal au Théâtre Corona le 22 Novembre, un bon moment pour revenir sur la carrière du New Yorkais.

Julian Casablancas & The Voidz

Julian Casablancas, c’est d’abord et avant tout le chanteur du groupe New Yorkais The Strokes.  C’est l’homme derrière la voix à la fois rauque et aiguë qui entoure le phénomène.    Les trois premiers albums du groupe restent encore aujourd’hui des références en ce qui attrait au rock de garage.  C’est un groupe qui eut la chance de connaître très rapidement le succès et réussit à se faire respecter du public.  Leurs deux derniers albums nous ont néanmoins laissé sur un goût très différent des premiers.  On sent qu’ils désirent se détacher de leur son très sale et peu travaillé pour se diriger vers des sons plus clairs, moins agressifs.  Néanmoins, on nous sert des oeuvres de qualité qui rendent bien la maturité que les membres ont acquise dans leurs carrières solo respectives.

Pistes à écouter des Strokes

  • Reptilia
  • You Talk Way Too Much
  • Under Control
  • Juicebox
  • The End Has No End
  • Vision of Division
  • Ize Of The World
  • Taken For A Fool
  • Under Cover Of The Darkness
  • One Way Trigger
  • Chances


C’est durant le hiatus des Strokes que Julian Casablancas sortie, en 2009, son album solo.  Il nous présentait alors une nouvelle facette de l’homme qu’on connaissait.  C’est principalement les changements dans sa voix qui donnèrent fraîcheur à tout ça.  Une voix plus aiguës, tout en gardant sa particularité.  Leur musique est très riche, emplie de synthétiseurs et de nombreux rythmes qui ajoutent beaucoup à l’album, on est sans cesse submerger de nouveaux sons.  La pièce 11th Dimension démontre parfaitement l’énergie développée par Julian, elle nous amène d’ailleurs vers la particulière 4 Chords Of The Apocalypse.  Ce titre démontre toute l’énergie que le New Yorkais a su investir sur cet album, il nous fait ressentir l’émotion du chanteur dans toute sa splendeur.  Julian Casablancas participa a plusieurs projets, notamment avec Daft Punk sur leur dernier album Random Acces Memories, avec Danger Mouse et Sparklehorse, QOTSA et même sur scène avec Arcade Fire.  À la suite du retour du groupe, je ne croyais plus vraiment à une suite de cette aventure soloïque du chanteur.  Néanmoins, en 2014 il revient, accompagnée du groupe The Voidz, Le teaser me fait déjà saliver, j’ai bien hâte d’écrire quelques lignes à son sujet!  Julian Casablancas & The Voidz réussiera-t-il à me surprendre?

LE FRÈRE