Monthly Archives: December 2014

Mon buzz 2014? Broken Bells.

L’année tire déjà à sa fin, on en vient a se poser plusieurs questions et même pour certain a planifier de futures résolutions, celles passés étant déjà passé dans l’oubli.  Pour ma part, je ne me rappel même plus si j’en avais prises!  On retrouve par les temps qui court plusieurs top10 des meilleurs albums de l’année, ou les meilleurs albums à venir en 2015.  Une chose est sur, on a été royalement servie en 2014 et la prochaine année s’annonce assez lucrative.  Pour ma part je ne tenterai pas de déterminer quels albums mériteraient d’être dans une tel liste.  Plusieurs albums furent joué sur repeat dans mon lecteur, au grand malheur de ma copine qui a parfois voulu m’arracher la tête à force d’entendre souvent les mêmes chansons…  Un album en particulier marqua plusieurs grands moments de mon année 2014, After The Disco du groupe Californien Broken Bells.

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Des moments triste de l’année aux bons moments, c’est assurément le seul album qui s’avéra m’accompagner tout au long de mes aventures (et mésaventures…).  Je les ai découvert beaucoup trop tard a mon goût, peu après la sortie de leur second album en Février passé.  Composé du producteur Brian Burton, plus connu sous le nom de Danger Mouse (U2, The Black Keys, Sparklehorse) et du chanteur du groupe The Shins, James Mercer, Broken Bells est selon moi difficilement classable dans une catégorie précise.  À la fois très indie rock, la touche expérimentale du groupe a quelque chose de peu commune, joignant facilement l’électronique à une guitare sèche très simpliste.  Grossièrement, ce duo très profond livre une ambiance qu’on retrouve dans peu d’autres projets.

Dès les premières minutes de l’album, Perfect World nous annonce assez bien ce à quoi on aura droit.  C’est la voix très monotone de James Mercer qui donne le ton à cet album, accompagné des rythmes de Danger Mouse, cette monotonie se transforme alors en une énergie saisissante.  C’est néanmoins dans la pièce After The Disco qu’on comprend tout le sens de ce mix inhabituel.  Lorsque James Mercer montre tout le registre de voix qu’il possède, encore une fois on ne décroche pas de ces rythmes qui restent encrés dans notre tête.  L’une des pièces fortes de l’album, Leave It Alone, un hymne émotionnel captivant à souhait, sans contredits l’une des meilleurs compositions du duo.

Broken-Bells

On ressent énormément la vibe de Danger Mouse sur After The Disco, tel qu’on a pu le sentir également sur Turn Blue, le plus récent opus des Black Keys ou sur la dernière parution de U2, Songs of Innocence.  C’est le son typique du producteur, poussé à son maximum, démontrant très clairement ce qu’il a amené dans ses collaborations avec des groupes très imposants.

‘’Give it up, give it up, you lost control

Cause nothing stays around too long’’

Ce qui me fascine le plus de Broken Bells c’est sans doute leur capacité à créer des rythmes qui accompagnent parfaitement les thèmes abordés, on peut facilement comprendre ce qu’ils ressentaient en enregistrant la pièce.  La pièce Control reflète parfaitement cette capacité que les deux musiciens exploitent tout au long de l’oeuvre.  Le même principe se retrouvera sur la fin d’un album qu’on apprend à découvrir à chaque nouvelle écoute.  Les pistes The Angel And The Fool et The Remains Of Rock & Roll concluent à merveille cette épopée d’un groupe qu’on entendra assurément davantage parler dans les prochaines années.  J’attends déjà avec impatience leur prochain album, moi qui doit avoir écouter After The Disco une bonne centaine de fois cette année!

Je profites de ces quelques lignes de probablement ma dernière publication de l’année (peut-être l’avant-dernière…) pour vous inviter à nous transmettre vos buzz de l’année, la musique qui vous a fait tripper plus que tout!  Mais principalement, faites-nous découvrir des choses!  Qu’est-ce qui attends correspondancesblog en 2015?  On espère plusieurs articles, encore davantage de critique Live, peut-être de nouveaux collaborateurs?  On a énormément de plaisir à écrire et avons plusieurs projets en tête pour la suite!

LE FRÈRE

 

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Fiori : l’album québécois de l’année?

 

Vais-je choisir un album que j’ai préféré parmi tous ceux qui me sont passés par la tête depuis les douze derniers mois? En fait, je ne sais pas encore parce que, pour l’instant, je n’ai pas encore fait le tri dans mon esprit à savoir si une découverte ou une sortie était plus encline qu’une autre à triompher sur le podium de mes intérêts. Par contre, j’en suis venu à réfléchir à ce dont je n’ai pas encore parlé et qui, pourtant, a fait jaser pas mal sur la scène québécoise cette dernière année. Le premier nom qui m’est venu à l’esprit, Serge Fiori.

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Son nouvel album, qui porte son nom, s’annonçait comme un souffle de cor dans l’industrie nationale du disque. Les mêmes questions désagréables sont revenues : Y aurait-il un retour d’Harmonium? Fiori va-t-il faire une tournée? À ce genre de questions, il va de soi qu’on connaît déjà la réponse. Non et… non. Il est plutôt de mon avis qu’il faut savoir apprécier ce que ce grand artisan de la musique a su nous offrir depuis sa très longue absence. Cependant, Fiori est cité à quelques endroits comme album de l’année. Claude Rajotte, qu’on connaît comme un critique assez sévère, lui a même offert un 11/10 lorsqu’il détruit en ondes des groupes émergents. Vendu d’avance monsieurs Rajotte? Nous savons que l’animateur de Musiqueplus était critique de disques à CHOM fm dans les années 70 et qu’il fut un des premiers à donner sa chance à Harmonium. Doit-on néanmoins mettre le Fiori d’aujourd’hui dans le même panier que l’Harmonium d’antan? Je parle ici de ce même Harmonium qui encore aujourd’hui, ne peut que nous revenir dans les oreilles, tout l’temps.

Il est en effet assez difficile de dissocier l’un de l’autre, vu l’apport créatif de Fiori au groupe dont il fut de leader il y a de ça déjà bien des années. Cette touche Harmoniumesque, Marc Pérusse, l’homme derrière la console de mixage, est parvenu à la manier en maître. Ainsi, on retrouve sur le nouvel album du chanteur et adepte de la douze cordes ce qui nous plait le plus de l’époque de Si on avait besoin d’une cinquième saison sans pour autant qu’on en remâche les idées.

Comme Fiori l’avait mentionné en 2006 lors d’une longue entrevue accordé aux Francs-Tireurs, il avait la volonté de faire un album plus blues. 2014 arrivé, il tient sa promesse et vient nous présenter des pièces francophones à un blues bien récupéré dans son propre style. Zéro à dix constitue un bon exemple de cette influence sur l’album. Il en va de même pour la satirique Crampe au cerveau, qui énonce, sous une musique fort agréable, la haine de l’auteur-compositeur pour le gouvernement Harper. Ce qui choque davantage, ce sont certains textes sur l’album. Les deux chansons précédemment mentionnées, et je présente ici un avis purement personnel, sont abordées sur un degré tellement primaire qu’on ne peut plus reconnaître la force poétique de Fiori, celle qui nous faisait décoller la conscience à des miles en l’air avec Harmonium ou Fiori Séguin. Déçu, je l’ai aussi été par le texte de Le Monde est Virtuel, single de l’album. Comment est-ce que l’auteur d’un chef-d’œuvre comme l’Exil peut-il se contenter de faire rimer twitter avec toaster? La musique du single reste malgré tout fort bien écrite et m’a permis d’apprécier la pièce pour ce qu’elle est : un single radiophonique qui assume clairement ses idées (légèrement dépassées d’ailleurs).

Heureusement, Fiori est aussi un album convaincant qui affiche fièrement des pièces comme Le chat de gouttière, Démanché ou l’Heptadesque Si Bien. Mes principaux coups de cœur se sont formés dès la première écoute de l’album, le jour de sa sortie, à travers l’excellente Jamais où Fiori est accompagné de son ancienne collègue d’Harmonium Monique Fauteux. Encore une fois, ils prouvent que leurs voix peuvent se marier à une perfection qui n’est, à mon avis, égalée que de peu de chanteur au Québec. Le sanskrit de Laisse-moi partir et de Seule ne laisse aucun doute quant au génie de Fiori de pouvoir mélanger spiritualité et musique. Il l’avait d’ailleurs brillamment démontré avec ses albums de mantras il y a quelques années.

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Ce qui rassure, c’est que les textes des trois dernières chansons mentionnées permettent de comprendre que Serge Fiori n’a rien perdu de sa plume. Si l’humour un peu facile de certaines autres chansons ne me plait pas, il peut cependant venir rejoindre un autre public. J’aime profondément la musique de cet auteur-compositeur en grande partie pour ses textes et leur manière d’être chantés.

Au final, c’est d’ailleurs pourquoi je ne décrocherai jamais vraiment des trois albums studio d’Harmonium. Que l’on passe par Si doucement qui chante le moment présent, Depuis l’automne, élégie socio-politique ou que l’on passe par Lumières de Vie qui raconte l’éclipse à travers la conscience humaine, il n’est aucune raison sur terre de ne pas donner d’attention au travail de Serge Fiori. Son album, je l’ai acheté, je l’ai aimé, mais j’essaie malgré tout de rester critique quant à son importance en 2014. Les Québécois sont un peuple émotif, l’album s’est vendu sur de la nostalgie, mais heureusement, il reste un album de qualité. Est-ce qu’il vient révolutionner l’année 2014 en musique? La question est peut-être trop grande pour y répondre. Fiori vient-il révolutionner VOTRE année 2014 en musique? Il n’appartient qu’à vous de trouver la réponse.

LE PARLEUR

The Voidz + Julian Casablancas

tyranny-coverFinalement, après une interminable fin de session, c’est le moment pour moi de vous transmettre ce que j’en pense de ce nouveau projet.  Julian Casablancas nous avait déjà confirmé qu’il offrirait du nouveau matériel solo, le projet prit finalement une tournure différente.  Pourquoi pas créer un nouveau groupe?  Encore mieux?  Créer un nouveau groupe avec son nom.  On connaît déjà le potentiel solo du New Yorkais, il est également le principal compositeur des Strokes, comment pourrait-il nous décevoir?  Julian Casablancas + The Voidz ne fera visiblement pas différence!

Ils ont nommé ce premier album Tyranny, déjà d’avance on constate par sa pochette peu attirante que le groupe vise plutôt sur la réputation de Casablancas qu’autre chose.  C’est cependant une fois dans le lecteur qu’on comprend.  Cet album n’aurait pas pu en être un solo de Julian, on ressent un souffle très différent de ces dernières parutions.  Un souffle nouveau qui garde le côté à la fois charmant et déstabilisant du chanteur.  La pièce Take Me in Your Army ouvre majestueusement l’album, son côté simpliste et les râlements lointains de Casablancas ont tout pour nous charmer rapidement.  Et que dire des accompagnements de synthétiseurs qui nous entraînent tout au long de l’album?  Tout simplement parfait, l’effet fonctionne à merveille.

C’est dans la pièce Crunch Punch qu’on reconnaîtra davantage les influences des Strokes, avec un peu moins de classe!  Chaque titre amène son grain de sel à cet album, de M.utually A.ssured D.estruction (quel magnifique titre) à Off To War… , je n’ai pas cessé d’être surpris par The Voidz.  Julian Casablancas sait visiblement bien s’entourer et je crois légitime de préférer nommer le band The Voidz + Julian Casablancas.  C’est décidément l’ampleur de cette bombe d’énergie musicale qui fera ressortir ce projet parmis les autres.

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La piste Human Sadness m’a particulièrement marqué sur Tyranny, 11 minutes qui réussisent à chasser tout doute quant à la qualité de l’album.  Les cris aigus de Julian accompagné des multiples solo en background, la déchéance, le sarcasme et la beauté s’entremêlent au sein d’un même titre hallucinant.  Je pourrais parler de plusieurs autres titres, mais je me contenterai de nommer mes autres coups de coeurs qui méritent un coup d’oeil attentif, Nintendo Blood, Johan Von Bronx et Xerox.

Je conseille à tout le monde de prendre quelques minutes pour écouter Tyranny, un album qui déstabilisera un tantinet, hors des chantiers battus et loin de tout ce qu’on avait pu imaginer.

LE FRÈRE

The Beaches @ Divan Orange

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On est pas mal chanceux ces dernières semaines, après The Pretty Reckless, The Tea Party et Chocolat, voilà que j’ai également eu la chance d’assister au spectacle des Beaches au Divan Orange jeudi soir dernier.  Une petite soirée fraîche après une dernière semaine de cours avant les examens, un show parfait pour se reposer entre deux rush!

C’est le groupe montréalais Frisky Kids qui ouvrit le bal, malheureusement je n’ai pu assister qu’à leur deux dernières pièces.  Un groupe qui semble teinté de la vibe des Black Keys, White Stripes et des Arctic Monkeys, bref, un Garage Rock qui a de la classe.  Quoi qu’il en soit, même ma copine me murmura à l’oreille qu’ils avaient un quelque chose d’attirant dans leur son.  À suivre, je tenterai certainement de me faufiler à leur prochain passage dans la métropole.

J’ai réellement eu un coup de foudre pour le Divan Orange, magnifique petite salle qui possède une certaine chaleur particulière.  Ma Moosehead en main et un cocktail Hawaïen pour ma copine, c’est le groupe The Mohrs qui entra sur scène, originaire de Toronto et leadé par la charismatique Jackie Mohr.  Sa guitare en main et le regard plein d’assurance, Jackie était prête à donner son 110%.  Malgré le peu d’achalandage en ce jeudi soir, le public semble réceptif, personnellement j’ai adoré leur style.  Un son typiquement canadien, une assurance de leur style plutôt undeground tout en gardant une touche pop grâce à la magnifique performance vocale de miss Mohr.  Un band original qui a le potentiel de faire davantage parler dans les années à venir.

Finalement j’en oublie presque la raison de mon déplacement, Jordan Miller, Kylie Miller, Eliza Enman McDaniel et Leandra Earl, ces quatre canadiennes qui forment The Beaches.  Elles ouvrent rapidement le show avec des pièces de leur plus récent EP, Heights.  Très énergique on est vite entraîné, les gens se dirigent rapidement vers l’avant et on sent déjà que tout le monde attendait ce groupe pour bouger.  Personnellement les pièces de leur premier EP éponyme viennent davantage me chercher, mais le mix entre les deux albums du groupe se fait à la perfection.  On a droit à plusieurs solo de la part des musiciennes, ce qui reste à mon avis les meilleurs moments de ce spectacle, des Jams qui ne tardent pas trop en longueur et qui montent l’ambiance à une vitesse hallucinante.  Mention spéciale à Kylie Miller qui nous offre un moment très touchant, elle-même à la voix en s’accompagnant à la guitare pour terminer sur un solo.

Somme toute, pour tout ceux qui me diront qu’il ne s’en fait pas de bonne musique au Canada, vous ne savez pas ce que vous manquez!  Je tenterai certainement de me redéplacer à quelques spectacles plutôt underground, et vous tiendrai au courant!  D’ici là, je vous avait promis une critique du dernier projet de Julian Casablancas et se devrait être ma prochaine publication.  Peace.

LE FRÈRE

The Beaches      The Mohrs      Frisky Kids

Je vous laisse ce vidéo des Mohrs!

Chocolat au Zénob de Trois-Rivières; pour l’amour de la musique.

La sloche recommence à joncher les rues, le stress du temps des fêtes se fait sentir sur le visage des passants, mais ce soir là, on s’en fout. À quelques jours du spectacle, on avait vu passer sur la page facebook du Zénob l’annonce d’une veillée en compagnie de Chocolat. Si le nom vous sonne une cloche, c’est sans doute que vous vous êtes intéressés à Jimmy Hunt dans les dernières années.

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Une fois bien assis à une table un peu en retrait, on attend tranquillement, en sirotant une bière ou deux, ou trois… que commence Corridor, qui lancent le bal avant Chocolat. Dès les quelques minutes de tests de son, on remarque que Corridor fait dans un type de musique qui s’apprécie très bien dans la salle de spectacle qui n’en est pas une du Zénob. Particulièrement axée sur la relation entre les deux guitares, la musique de Corridor a tout pour ne jamais passer à la radio, mais n’est-il pas agréable de tomber en décalage quelques fois? Déjantée, leur performance de l’intégrale de l’album Un magicien en toi est davantage parvenue à m’accrocher à sa deuxième moitié. Était-ce par l’accoutumance de mon oreille à ce son hors de l’ordinaire ou parce que la progression de l’album se constitue de manière à laisser un souvenir plus prenant sur leur musique? Dur à dire. Reste cependant que Corridor est un groupe qui fait dans la différence et qu’on aime ça ainsi.

Après une période d’attente très raisonnable, Chocolat entre en scène d’une manière des plus intéressantes. En effet, aucune arrivée officielle du band ne peut créer de surprise quand, quelques minutes avant le spectacle, le groupe est au bar à deux mètres de tout le monde dans la salle vu la taille de celle-ci. Ainsi, un dernier test de son, finissant par se transformer en jam se métamorphose devant nous en l’introduction sans présentation à un spectacle où rien d’autre ne sera important que la musique.

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J’avais déjà fait à plusieurs reprises l’écoute du dernier album de Chocolat. Tss Tss, m’avait laissé sur une émotion très positive. Le rock psych-prog-glauque, sur album ne venait pas s’éloigner de la touche magique de Jimmy Hunt, mais s’affirmait malgré tout comme pourvu d’une grande liberté d’expression sonore. En spectacle, il est clair que cette volonté d’émancipation musicale est assumée à 110% par Hunt et ses comparses. Très souvent instrumentales, les musiques seront construites autour de chacun des musiciens de sorte que l’on puisse sentir émaner de l’ensemble rythmique le plaisir et la cohésion de musiciens honnêtes avec eux-mêmes. Intéressant d’ailleurs de voir Hunt prendre le lead à la guitare lorsque nous sommes pourtant habitués d’écouter Emmanuel Ethier, le guitariste à qui on doit le travail de six cordes sur Maladie d’Amour, nous impressionner avec sa Rickenbacker noire. Ysaël Pépin, c’est le nom d’un bassiste qui, pour se spectacle était tout sauf le cliché du bassiste en retrait. Bien plus que sur l’album l’accent est mis sur la basse à l’avantage du groove et du rythme.

Rapidement, on se met à oublier l’album, on assiste à une sorte de gros jam qui ne s’arrête plus de gagner en intensité. La structure est dans la symbiose musicale entre les membres de Chocolat, si forte que j’en oublie mon verre de bière, tous mes autres sens sont engourdis au profit de mon ouïe qui jubile de plaisir d’entendre un spectacle qui surpasse mes attentes. L’ambiance underground de la musique se prête bien à la renommée Zénob. Corridor et Chocolat ne sont pas les premiers représentants de la contre-culture à y mettre les pieds. À deux reprises, on a droit à une grotesque scène de bodysurf par Jimmy Hunt lui-même, qui supporté par une foule de parterre d’une dizaine de personne, montre qu’il n’en a absolument rien à foutre des grandes salles et de ses deux Félix qu’il a gagné à l’Autre gala de l’Adisq. D’ailleurs, quelle meilleure manière de se balancer des conventions que de partir en tournée avec un groupe comme Chocolat quand il serait de toute évidence possible pour le gentleman rockeur de continuer de mousser les ventes de Maladie d’Amour avec une autre tournée solo.

C’est pour le plaisir d’une musique sans compromis que je vous suggère fortement d’aller assister à une performance de Chocolat s’ils passent par chez vous.

LE PARLEUR

https://www.facebook.com/pages/Chocolat/10242781415?fref=ts

http://chocolatmtl.bandcamp.com/

The Tea Party @ Métropolis

C’est avec beaucoup d’attentes que nous nous aventurions ce samedi dernier au Métropolis de Montréal.  Nos billets en poche depuis déjà quelques semaines, nous étions tous bien préparés mentalement à assister pour la toute première fois à un spectacle des Tea Party.  Je dois nous avouer déjà conquis d’avance, leur plus récent album The Ocean At The End figure certainement parmi mon Top10 des sorties 2014 et leur blu-ray Live From Australia sorti en 2012 fait également parti de mon Top10 des shows enregistrés à voir.  Durant l’heure d’attente qui nous séparait de la prestation, chacun s’amusa à parier sur les pièces qui nous seraient présentés, particulièrement la pièce d’ouverture.

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Qu’il en déplaise ou non, avant d’avoir réponses à nos questions, il fallait passer par la première partie qui était assurée par le groupe The Mandevilles.  Ce groupe canadien originaire de Welland nous offrit un Rock And Roll Américain très typique, la sauce country en bonus.  Avouons que le jolie sourire et les déhanchements de la chanteuse n’étaient pas assez pour satisfaire notre soif de Tea Party.  Malgré tout, The Mandevilles s’avéra une première partie très solide et nous donne droit à quelques riffs très entraînant et certains même assez intéressants.

C’est sous les hurlements et applaudissements du public que se présentèrent sur la scène les trois musiciens du groupe.  Très rapidement, on a pu reconnaître les notes de la première pièce, The L.O.C. (The Line Of Control), titre d’ouverture sur leur plus récent opus qui semble déjà ravir toute la foule.  Sans attendre nous sommes entraînés dans la vibe du groupe, rien ne pourrait alors arrêter cette expérience, pas même un léger incident technique avec la guitare de Jeff Martin lors de la prestation de The Bazaar.  On en oublie le temps, on en oublie nos malheurs quotidiens, tout ce qui se passe dans notre tête c’est le moment présent, la voix de Jeff Martin si particulière qui nous a tant charmé depuis leur tout premier album éponyme.

Bien que nous rêvons d’entendre les vieux succès du groupe, ceux qui nous ont fait tant espérer la reformation du groupe de 2006 à 2011, The Tea Party nous livre plusieurs de leur plus récents succès.  The L.O.C. , The Black Sea, The 11th Hour, Water’s On Fire et The Ocean At The End, cinq pièces qui viennent nous convaincre de leur efficacité sur scène, particulièrement The 11th Hour qui fut accompagné d’une sublime introduction de Halcyon Days interprété à l’aide d’un Godin Multioud 11 cordes, nouvelle acquisition de Jeff Martin.  C’était d’ailleurs la première fois qu’il l’utilisait sur scène.

Les plus vieux succès du groupe ne sont pas mis de côté, la prestation de près de deux heures offerte par la formation Canadienne a tout pour satisfaire un public varié.  On aura même droit à plusieurs medleys tout au long du spectacle qui permettront de savourer plus d’une pièce du groupe.  C’est ainsi que nous fut offerte Release, interprété au centre de Water’s On Fire, qui s’avéra une pure merveille à entendre en live, nous qui doutions au départ du choix de ce single.  C’est au cours de l’interprétation de Save Me que le groupe nous offrit des passages de la mythique The Messenger et également une reprise de Led Zeppelin, Kashmir, pour ensuite revenir sur Save Me, un medley particulièrement intéressant et enivrant.

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Le groupe ne manquera pas d’utiliser l’éventail de ses capacités, du solo de Theremin durant Lullaby à l’utilisation d’archet sur une guitare ou l’utilisation d’un Esraj, ce prestigieux instrument originaire de l’Inde.  L’énigmatique Stuart Chatwood démontrera comme toujours hors de tout doute le rôle qu’il tient au sein du groupe.  Tel un pilier central, il assure la cohésion entre toute ces sonorités bien distinctes par son utilisation particulière de son instrument principal, la basse, mais également l’utilisation de son système numérique.  En tout temps il jette un regard rapide sur son écran, prêt à pallier toute éventualité.  Jeff Martin assure le lead d’animation, allant d’anecdotes à l’auto-dérision, il ne cesse de demander la participation de la foule qui ne tarde jamais à lui répondre.

The Tea Party c’est essentiellement un trio de musiciens exceptionnels.  Jeff Burrows assurera toujours un drum très présent qui saura s’estomper au bon moment.  Stuart Chatwood et Jeff Martin manipulent tout deux plusieurs instruments et sauront nous transmettre ce désir de vouloir élargir notre collection.  Je ressort de ce spectacle avec une seule idée en tête, jouer davantage, découvrir encore de nouveaux sons, mais surtout, apprécier à nouveau un show de Tea Party.

LE FRÈRE

Set-List du show (http://bit.ly/1B9MePB) :

  1. The Line of Control
  2. The Bazaar
  3. The Black Sea
  4. Psychopomp
  5. Fire in the Head
  6. The 11th Hour (with Halcyon Days  intro)
  7. Lullaby
  8. Water’s On Fire / Release/Water’s On Fire
  9. Save Me/The Messenger/Kashmir/Save Me
  10. The Ocean at the End
  11. Temptation/Transmission/Temptation
  12. Heaven’s Coming Down/All Along the Watchtower/Heaven’s Coming Down
    Encore
  13. Winter Solstice
  14. Sister Awake/Pulse/Sister Awake

Voici un prestation du groupe en 2012 lors du Reformation Tour