Monthly Archives: November 2014

Quelle est la pertinence d’un nouvel album de Pink Floyd en 2014?

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Petite mise en contexte

On peut déjà les entendre, les puristes comme ceux qu’on nomme les haters, se délecter de la récente sortie du dernier album studio de Pink Floyd, The Endless River, pour lancer sur les réseaux sociaux leurs opinions au sujet de cette parution. Comme j’en avais parlé dans un article précédent, je crois que l’on devait s’attendre à ce genre de commentaires. Les raisons sont simples. D’un côté, on a les puristes qui croient que Pink Floyd n’existait déjà plus après la sortie de Piper at the Gates of Dawn. Sous un autre angle, on retrouve des mélomanes qui, sans renier le reste de l’œuvre de Pink Floyd, ne l’ont jamais tant approfondie et rangent le nouvel opus du groupe dans le même tiroir que les comebacks de groupes tels que Kiss ou Aerosmith qui malheureusement, ne se sont pas tellement renouvelés avec leurs nouveaux albums studio.

Cependant, il ne faut surtout pas oublier que The Endless River reste assez inclassable puisque les enregistrements, particulièrement ceux des claviers, datent des sessions de l’album Division Bell, c’est donc de dire que l’écoute ne peut se faire dans la même optique que celle d’un comeback. De plus, David Gilmour et Nick Mason ont été limpides à ce sujet, il n’y aura pas de tournée pour cet opus. Gilmour a d’ailleurs mentionné qu’il n’avait pas de temps pour ramener Pink Floyd dans sa vie.

The Endless River, est un album en majeure partie instrumental qui se propose à nous comme une expérience d’écoute qui poursuit la ligné de Momentary Lapse of Reason et de Division Bell. De ce fait, il n’est donc pas étonnant d’entendre les fortes influences de cette phase de Pink Floyd lorsqu’on en fait l’écoute. Bien sur, on ne retrouvera pas de chansons légendaires telles que Breathe, Comfortably Numb ou encore Echoes sur cet album, car là n’était pas le but. Nous savons que le claviériste Richard Wright est décédé en 2008. The Endless River, c’est un dernier hommage à ce membre pilier du groupe britannique.

Un brin d’histoire

Pink Floyd, à travers les années, se constitue à mon avis de phase que l’on peut distinguer selon les albums. On retrouve tout d’abord la phase déterminante à l’avenir du groupe, celle qui va définir jusqu’à Wish you Were Here en 1975, l’inspiration principale du groupe. Cette phase, aussi courte fut-elle, c’est celle de Syd Barrett. Elle se forme majoritairement autour des origines jusqu’au départ officiel de Barrett au moment de l’album Saucerful of Secrets sur lequel il n’interprète qu’une seule chanson Jugband Blues dont les paroles signent sont départ.

Ensuite, c’est la période de recherche pour Pink Floyd. Cette recherche sonore nous offrira des albums que j’apprécie particulièrement pour leur importance dans ce qui définira la suite. Ainsi, on peut retrouver dans cette deuxième phase la bande sonore du film More, l’album aux arrangements classiques et audadieux Atom Heart Mother, ou encore le très expérimental Ummagumma. Plus difficiles d’écoute, ces albums représentent malgré tout à mon avis un point tournant important dans la carrière du groupe.

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Puis, on entre dans ce que je nommerai ici la phase de symbiose sonore, celle où les membres de Pink Floyd, et ils l’admettent eux-mêmes, sont sur une longueur d’onde similaire. Chacun fait ce qu’il a à faire du mieux qu’il le peut. Ainsi, Gilmour aux guitares et au chant, assume complètement son importance dans le groupe. Roger Waters se découvre comme un parolier d’exception. Les claviers de Rick Wright gagnent en importance et la batterie de Mason gronde comme jamais auparavant. Cette symbiose parait à prime abord sous le nom de Meddle. C’est cet album qui contient la mythique Echoes, morceau inoubliable qui est encore à ce jour encensé dans le monde culturel. Cette phase comprend également le tournage du fantomatique film Live at Pompeii, un immanquable pour les vrais fans du groupe. Ce moment d’unicité que connaît Pink Floyd prend sa catharsis avec l’album Dark Side of the Moon, dont je n’ai certainement pas besoin de faire l’éloge ici. Je tiens malgré tout à vous rappeler que ce long-jeu à la pochette si efficace est resté au billboard durant les 14 ans qui suivirent ça sortie.

Suite à Dark Side of the Moon, on commence à sentir certains conflits au sein du groupe, qui malgré tout, nous offriront Wish You Were Here, un album qui cautérise la plaie qu’avait laissée ouverte Barrett lors de son départ plusieurs années auparavant. L’album, construit autour de ce membre initial de Pink Floyd se veut, autant dans sa musique que dans ses textes, émotionnellement très rattaché au « diamant fou » que représente Syd pour le quatuor. Suite à la parution de Wish You Were Here, on entre dans la grande épopée de la phase Roger Waters qui nous offrira plus particulièrement les très intéressants Animals et The Wall. Ils restent à ce jour très haut placés sur mes étagères de disques. The Wall devient à cette époque la quintessence de l’album concept. Malgré tout, c’est dans cette phase que s’établiront les plus fortes tensions au sein du groupe. Mason et Gilmour n’ont plus de plaisir à jouer avec Waters, qu’ils considèrent un peu trop tyrannique. L’âge d’or de Pink Floyd s’émoussera donc tranquillement jusqu’à la sortie de The Final Cut, le douzième album du groupe en 1983.

Quatre ans plus tard, Pink Floyd remet ses pendules à l’heure, malheureusement sans Roger Waters pour offrir à son public le très différent Momentary Lapse of Reason. Avec cet album qui redonne une raison d’être au groupe, on entre dans la phase David Gilmour. Cette phase s’ancre profondément dans le son lui-même des albums Momentary Lapse of Reason et Division Bell qui se concentrent majoritairement vers un rock ambiant, certes progressif à sa façon où les voix de Wright et de Gilmour son mises de l’avant tout comme leurs instruments respectifs. À cette mêmme époque, Pink Floyd filme un spectacle au Earl’s Court de Londres ainsi qu’à Venise sur une scène flottante. À nouveau, le monde se focalise un peu plus sur cette musique intemporelle.

Pourquoi The Endless River?

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Vous remarquerez que ce bref résumé historique n’inclut aucune phase associée à Richard Wright en soi. Il est de mon avis que la raison principale de cette exclusion est due au fait que l’importance du claviériste s’est faite sentir autant lord de Piper at the Gates of Dawn que lors de la tournée The Wall, durant laquelle celui-ci n’était, fait plutôt cocasse, pourtant qu’un pigiste. Comme les membres du groupe, les véritables admirateurs de Pink Floyd savent malgré tout reconnaître l’importance capitale de l’apport de Wright au son du groupe. Ses claviers éthérés apportent cette cohésion qui n’aurait peut-être jamais été présente sans le silencieux musicien. Ainsi, sans pour autant venir critiquer The Endless River dans une formule classique, je souhaite simplement mentionner qu’il peut constituer un hommage posthume à l’importance de Wright. Par le grand respect que portent Mason et Gilmour à leur défunt collègue, il était capital de boucler la boucle de manière à comprendre que la phase Richard Wright s’est étendue de 1967 jusqu’à aujourd’hui pour continuer de couler comme une rivière sans fin plus forte que les mots.

« It’s louder than words

This thing that we do »

LE PARLEUR

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The Beaches.

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S’il y a un band Canadien qui selon moi a le potentiel de devenir un phénomène indie d’ampleur dans le futur, c’est bien le quatuor féminin The Beaches.  Je m’attarderai aujourd’hui à la critique de leur premier mini-album éponyme paru en 2013 et produit par nul autre que Raine Maida.  The Beaches fait parti du grand mouvement Indie Rock qui s’est emparé de nos oreilles il y a déjà plusieurs années et qui ne cesse depuis de prendre une importance inévitable.

Dès le début de l’album, c’est la pièce Loner qui a la tâche d’attirer notre attention, tâche très importante lorsqu’il s’agit d’un premier album.  La première pièce sera décisive à savoir si les gens retiendront le nom du groupe ou non.  Un son très lourd porté par la voix de Jordan Miller, ce qui apporte un contraste très intéressant, une marque bien particulière qu’on voit trop peu souvent.  Les mêmes sonorités suivent sur Absolutely Nothing, accompagné de back vocals très féminins et entraînants.  The Beaches offre un son contenant beaucoup d’influences blues utilisé de manière très rock n’ roll, voire même quelques influences hard rock très intéressantes.

C’est en créant un son propre à elles que le quatuor féminin réussit à se démarquer sur le marché.  Bien que leurs influences plongent énormément dans un son plutôt lourd et pesant, elles amènent le tout de manière très structurée, ce qui permet de faire ressortir le vocal au premier plan.  Comme on peut le voir sur Boy Wonder, les back vocals amenés par les musiciennes sont toujours très entraînants et importants.

C’est la pièce Youth Lament qui retient mon attention particulière.  Son côté simpliste permet de savourer le chant de Jordan Miller à son meilleur.  L’album se conclue sur les pièces Kids et Wanna Know, deux pièces très vivantes qui nous font découvrir un autre genre de son qui pourra nous être offert dans le future par The Beaches.  À ce moment on comprend encore mieux la pertinence de Youth Lament à la mi-album, créant le pont parfait entre deux genres de pièces qui peuvent maintenant se retrouver à la perfection.

Prenez note que The Beaches seront de passage à Montréal le 4 Décembre prochain au Divan Orange dans le cadre d’une tournée Canadienne en compagnie du groupe The Mohrs, également un groupe Canadien qui est représenté par une voix féminine.  Vous verrez probablement la critique de ce spectacle paraître sur le blog en début Décembre!

LE FRÈRE

http://www.thebeachesband.com/

…Honor is all Rancid knows

Voilà un huitième album studio qui nous est offert par la bande de Tim Armstrong.  Un album qui a tout pour plaire aux vieux fans comme aux nouveaux, un album qui procurera certainement quelques sourires nostalgiques à tout ceux qui suivent le groupe depuis leur succès mondial …And Out Come The Wolves.  D’ailleurs y aurait-il un lien entre les trois points présents devant le nom de ce nouvel album et son prédécesseur?

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Rancid est l’un de ses groupes punk ne vieillit tout simplement pas, et c’est à ces groupes qu’on définit le Punk.  NOFX, Bad Religion, Pennywise, The Offspring, Lagwagon et Rancid sont ces bands qui ont popularisé la musique Punk dans les années 90, un genre de musique qui n’a plus cessé de prendre de l’expansion depuis.  Évidemment, je ne m’attendais pas du tout à une déception lors de l’annonce d’un nouvel album pour Rancid, ayant particulièrement affectionner Let The Dominoes Fall paru en 2009.  Néanmoins, à ma grande surprise, …Honor Is All We Know s’avère encore plus surprenant que tout ce que j’avais imaginé, je me surprend à croire qu’il arrive même à la cheville de …And Out Come The Wolves.  Le producteur de cet album est nul autre que Brett Gurewitz, guitariste de Bad Religion et propriétaire du label Epitaph Records.

L’album commence déjà très énergique avec les pièces Back Were I Belong, Raise Your Fist et Collision Course, trois pièces qui sauront bien vite nous transporter dans la vibe Rancid.  …Honor Is All We Know nous entraîne par des “Oi Oi Oi!”, des back vocals bien placés, des riffs de basse puissants et la voix de Tim Armstrong qui réussie à nous charmer par son côté hors-norme assumé.  On a droit également à Lars Frederikson au chant sur plusieurs pièces de cet album, ce qui permet de profiter à 100% du potentiel du groupe, les interventions de Lars apportant toujours leur lot de surprises au son du groupe.

C’est malheureusement trop rapidement qu’on fera le tour de cet album après moins de 33 minutes réparties sur 14 pistes.  On peut néanmoins rapidement passer outre ce point négatif par la qualité de ce qui nous est livré.  Les pièces Honor Is All We Know, Already Dead et Malfunction font parties des pièces qui nous rappellent le début du groupe.  Somme toute, bien que physiquement la bande de californiens ne se ressemble plus tout après des années à vivre comme des punk-stars, leur musique dégage toujours encore aujourd’hui la même énergie puissante qui nous fit tripper dans notre jeunesse.  Le jeune punk qui se trouve toujours en moi ne peut s’empêcher de le dire, Punk’s not dead!

LE FRÈRE

Daniel Boucher, Toutte est temporaire.

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Six ans se sont maintenant écoulés depuis la parution de l’album Le Soleil est sorti de l’auteur-compositeur-interprète Daniel Boucher. Il faut s’avouer que bien des artistes nous habituent à des sorties d’albums bien régulières. Les projets se succèdent malgré tout pour le Gaspésien d’adoption, on a d’ailleurs pu le voir dans les comédies musicales Dracula et Les filles de Caleb ces dernières années. Il continuait aussi d’enchaîner quelques spectacles malgré l’absence d’album récent. J’avais eu l’occasion d’assister à un spectacle intime au théâtre de l’Anglicane de Lévis il y a deux ans. Aussi intéressants que furent ses projets, je n’en suis pas du moins content d’enfin pouvoir faire l’écoute de son plus récent projet Toutte est temporaire.

J’ai découvert Daniel Boucher il y a de ça bien des années, au temps de Dix Mille Matins, un album qui, malgré mon jeune âge de l’époque, conserve encore aujourd’hui une valeur émotionnelle importante en mon fort intérieur. Ainsi, c’est Dix mille matin qui est parvenu à me donner la piqure pour la musique qui se produit ici en français, trêve de légiférassions, venons en à Toutte est temporaire.

Honnête envers lui-même, Daniel Boucher ne s’est encore une fois pas pressé pour présenter à son public un album qui, tout en se collant solidement au bloc cohésif du reste de son œuvre, ne cherche pas non plus à reproduire la même formule indéfiniment. Générique n’est de toute évidence pas un qualificatif que l’on peut associer au compositeur de la presque légendaire Désise. Dans cette optique de ne pas presser la production d’un nouvel album, le mélodiste arrive à se réinventer dans une musique bien plus minimaliste que celle de l’exotique et psychédélique album La Patente. Malgré tout, certains morceaux conservent la lourdeur que possédaient des morceaux comme Silcone ou encore Ma croûte. Cette lourdeur se teinte particulièrement dans À ma place, un morceau qui tout en nous faisant hocher vigoureusement la tête, nous laisse réfléchir sur un texte qui soulève bien des questionnements. Toutte est temporaire m’a plongé dans une image de moi-même enfermé dans un chalet dépourvu d’électricité en plein hiver.

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On a souvent accordé à Daniel Boucher le prestigieux titre de chansonnier. Au Québec, être un vrai chansonnier, c’est de porter sur ses épaules l’héritage des Félix Leclerc et Gilles Vigneault de ce monde. Depuis les quinze dernières années, il est évident que Daniel Boucher a convaincu le public de ce côté. La chanson Mont-Louis s’inscrit dans cette manière de manier la chanson pour en faire ressortir d’uniques histoires. Mont-Louis va nous remettre à l’esprit que l’amour et ses déboires peuvent encore être présentés avec originalité. On a droit à une ballade décalée de son cadre qui, à mon avis, nous montre que Boucher a appris de ses expériences en comédies musicales. Le morceau Granby s’introduit à nos oreilles dans cette même optique et constitue, à mon avis, une annonce très positive pour le futur de cet artiste déjà respecté qui va, j’en suis sur, rappeler au grand public la grande qualité de son travail sur son prochain album.

Le chanteur et guitariste va utiliser l’échantillonnage sur deux morceaux de Toutte est temporaire : La Langue et le simple Embarques-tu. La Langue réutilise un discours nationaliste d’Yvon Deschamps sur la francophonie. Ce morceau, interprété à la fête de la Saint-Jean-Baptiste du Parc Maisonneuve l’été dernier explicite de manière limpide les allégeances sociopolitiques de Boucher, qui ne s’est jamais caché pour parler de souveraineté. La chanson Embarques-tu utilise l’échantillonnage à la façon plus moderne. À l’aide d’un morceau des Karrick intitulé Je n’ai as de rose pour ta fête, Boucher parvient à recréer une chanson originale qui laisse en bouche un goût de la crème glacée molle présentée sur la pochette de l’album. Embarques-tu, c’est le kitsch et la réutilisation du vintage sonore à son meilleur.

À l’aise comme musicien autant que comme poète, Daniel Boucher a encore une fois su me convaincre de rester accroché à toute son œuvre avec ce nouvel album. Cependant, je reste malgré tout conscient que, comme Le Soleil est sorti, Toutte est temporaire n’est pas un nouveau Dix Mille Matins pour Boucher. Ses deux premiers albums restent ceux que j’utilise pour faire découvrir cet artiste à mon entourage.

Après quelques écoutes, c’est Salon Magique qui s’est avéré comme le meilleur souvenir auditif de Toutte est temporaire. Histoire racontée tout en blues, Salon magique explore l’onirisme et les expériences intérieures avec une musique d’une fluidité de rivière accompagné un texte qui touche autant au psychédélisme qu’à l’absurde.

Pour une quatrième fois, Daniel Boucher est parvenu à me faire réfléchir à l’aide de textes forts qui ne pourraient être écrits par un autre. Les musiques de l’album nous remettent en mémoire que Boucher est un musicien aux multiples talents qui, l’oreille audacieuse toujours à l’écoute des instrumentations, éprouve un grand plaisir à simplement jouer de la guitare. On retire de Toutte est temporaire (l’album comme la chanson), une volonté de vivre le moment présent bien plus en profondeur qu’avec l’éphémère devise yolo.

P.S. Ayant réussi à terminer mon article par yolo, je vous souhaite maintenant une bonne écoute!

LE PARLEUR

The Pretty Reckless @ L’Olympia

C’est avec déjà quelques bières dans le corps que je me mis en route vers l’Olympia de Montréal la semaine dernière.  The Pretty Reckless et Adelitas Way, un beau samedi ensoleillé d’automne. La petite soirée qui s’annonçait bien mouvementée.  C’est le groupe Crash Midnight qui devait assurer la première partie dès 20h, à mon grand désarroi, lors de mon arrivé à 20h15 la première partie achevait déjà sa dernière chanson.  Qu’il en soit ainsi, je devrai les entendre une autre fois pour me faire une idée!

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Adelitas Way et une foule en délire

Je ne m’attendais pas à grand chose de leur part, n’ayant jamais été particulièrement attiré vers leur son qui sort peu des chantiers battus.  Néanmoins, on m’a souvent vanté leur énergie dégagée sur scène, après tout ça restera toujours le grande force de ces groupes de rock alternatifs qui ne cesseront pas de se multiplier.  On m’avait très bien informé, d’ailleurs je me surprend à particulièrement aimer ce que le band de Las Vegas offre à ses fans.  Ceux-ci sont particulièrement en feu, considérant qu’une bonne partie de la foule s’est déplacée pour voir Taylor Momsen, le chanteur Rick DeJesus n’en manque pas une pour rallier la foule.

C’est selon moi le point fort de cette soirée à l’Olympia, une foule extrêmement réceptive qui ne demande qu’à vivre l’expérience à fond avec les bands présent.  Les fans étaient au rendez-vous, on devait jouer un peu du coude pour se rendre au bar et au vestiaire.  Malgré le succès du groupe Adelitas Way, dès qu’ils quittèrent la scène la foule scanda déjà le nom Taylor Momsen.

Taylor Momsen & The Pretty Reckless

Si Adelitas Way a réussi à faire vibrer l’Olympia et à faire chanter la foule, il ne faisait aucun doute que The Pretty Reckless nous mènerait à l’extase.  Dès la rentrée sur scène de Taylor Momsen il n’était plus envisageable de dire un mot à son voisin.  On ne se cachera pas que c’est le centre d’attraction de ce groupe qui a particulièrement acquis son identité cette dernière année avec la sortie de leur plus récent opus, Going To Hell.  Je dois avouer qu’aujourd’hui, les membres du groupe affirment de plus en plus leur rôle, particulièrement le guitariste Ben Phillips qui m’étonne énormément à offrir des back vocals solides et pertinents.  Rapidement on remarque que le groupe semble vouloir se détacher de l’image de Taylor et s’identifier pleinement en tant que groupe.

Le choix des chansons est irréprochable, le pont parfait entre les vieux succès et le nouvel album qui se devait selon moi de rester en premier plan.  La foule chante, saute et lève le point haut et fort durant tout le spectacle, l’ambiance parfaite pour un genre de musique ou le lien entre la foule et l’artiste se doit de prendre toute son importance.

Fait à noter, entre chaque chanson, ou presque, on a droit à un blackout total.  Plus de lumière, plus de son, jusqu’au commencement de la prochaine pièce.  Ce choix de mise-en-scène me laisse perplexe, en quoi est-ce pertinent?  J’ai rapidement l’impression d’assister à la lecture live d’un album, l’absence de contenu entre les pièces devenant rapidement redondant.  Malgré tout, les déhanchements de la chanteuse semble faire rapidement oublier ce petit point négatif à une foule qui en demande tout simplement plus après chaque minute écoulé!


LE FRÈRE

La fuite : un premier album pour Simon Lacas.

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La Fuite de l’auteur-compositeur-interprète Simon Lacas est un album que j’attendais par ma curiosité d’en entendre plus de la part d’un artiste émergent qui avait su surprendre aux Francofolies de Montréal, gagnant du prix de l’Étoile montante.

Avant la sortie de La Fuite, j’avais pu faire l’écoute des pièces Lotus et Encore qui m’avaient ensembles montré ce que le son de Lacas semblait bien reconnaissable d’une chanson à l’autre. Pour un artiste émergent, il est, je crois, important de savoir faire preuve de cohésion et le jeune musicien de Terrebonne nous convainc sur ce point.

Aussitôt que l’occasion se présente à moi, je fais donc l’écoute de ce premier album d’un bout à l’autre, casque d’écoute aux oreilles. La Fuite gagne d’ailleurs à être écouté de cette manière. Très introspectif, ce projet est doté d’arrangements léchés qui se transportent d’une oreille à l’autre et qui méritent d’être appréciés dans sa bulle. La première chanson, Érotomanie, nous introduit à l’univers de Lacas en progressant vers une entrée en voix qui donne le ton au reste de l’album : mélancolie et langueur sont au rendez-vous.

la fuite

Tout au long de l’écoute, il est possible de déceler des mélodies très bien travaillées qui, à mon avis constituent une des grandes forces de solidité sur La Fuite. Par contre, ces mélodies fort bien amenées aux airs accrocheurs qui dénotent d’une pop de qualité sont agrémentées de cassures musicales psychédéliques, progressives ou rock qui ne vont certainement pas déplaire aux mélomanes. On sent que Simon Lacas est un auteur-compositeur honnête qui n’écrit pas uniquement pour le bon plaisir d’obtenir la reconnaissance du grand public. Il est bon de voir et d’entendre des artistes qui ne font pas de compromis.

Les thématiques reliées aux textes telles que les dépendances, la folie ou l’anxiété ont tout pour tomber dans le cliché, ce n’est cependant pas le cas du tout. Il reste cependant que la naïveté de ceux-ci mène parfois à des tournures un peu disloquées qui, sans en devenir déplaisantes, sauront sans aucun doute prendre de la maturité sur un souhaitable deuxième album.

Il est intéressant d’entendre se mélanger les diverses influences de Lacas qui passent autant par la pop francophone moderne bien québécoise ainsi que par la musique britannique telle qu’on aime tellement l’entendre pour ses qualités mélodiques. Le tout est agrémenté, comme dans Encore, de solos de guitare qui vont replonger l’auditeur dans un rock progressif qui semble sortir d’outre-tombe. Cependant, on vient à quelques moments perdre Lacas dans ces multiples influences qui, à certains moments, sont un peu trop tangibles. On sent que Daniel Bélanger, Radiohead ou encore Karkwa ne sont pas très loin derrière ce qui constitue l’album. On ose espérer que ce travail de synthétisation des influences se poursuivra sur un deuxième album où le son de Lacas, qu’on reconnaît quand même tout au long de La Fuite, mènera l’artiste à assumer davantage sa personnalité musicale qui de toute évidence vaut la peine d’être considérée dans le monde de la culture québécoise.

Les Voix constitue à mon avis, avec Lotus, Encore et la finale Elle, un moment fort de l’album où les arrangements minimalistes prennent une tournure d’une lourdeur extrêmement intéressante à la fin qui dénote justement cette volonté de l’artiste de ne pas faire de compromis.

Je vous laisse donc ici en vous encourageant fortement à écouter La Fuite de Simon Lacas avec attention, car c’est un auteur-compositeur dont nous entendrons certainement parler dans le futur. Du moins, ce serait à l’avantage de l’artiste comme du public, de laisser entrer encore plus de ce type de musique très inspirée dans notre culture populaire. Et il faut avouer qu’il est toujours bon d’entendre un chanteur oser bien à l’aise des notes en voix de tête qui tiennent de flambeau des Thom Yorke et Fiori de ce monde!

LE PARLEUR

http://simonlacas.com/

http://simonlacas.bandcamp.com/releases

Killer Be Killed

J’aborde aujourd’hui un genre de musique bien différent de nos dernières publication.  En cette journée pluvieuse, après avoir passé des heures à écouter Kasabian, Arcade Fire et Hozier, je décide de mettre Killer Be Killed dans mon lecteur.  Un choix bien surprenant mais qui permet rapidement de s’évader vers une tout autre ambiance.  J’ai découvert ce groupe de métal il y a quelques mois avec la parution de leur premier album éponyme.  Pour ceux qui ne connaissent pas, Killer Be Killed c’est ce qu’on peut qualifier d’un supergroupe, et dans ce cas ci on ne peut pas en dire autrement.  Greg Puciato de Dillinger Escape Plan, Max Cavalera de Soulfly et Troy Sanders de Mastodon assurent à eux trois une formation vocale riche en variété.  C’est Dave Elitch de Mars Volta qui assure pour sa part une présence de percussion sans faille.  Des groupes qui possèdent une réputation qu’on ne peut plus nier, un mix qui a tout ce qu’il faut pour offrir un album qui vous fera soulever de votre siège.

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Je ne suis pas un grand amateur de métal, mais je sais apprécier ce genre de musique qui a énormément évolué ces dernières années et qui nous offrent à présent une multitude de surprise chaque année.  La première pièce de l’album, Wings Of Feather And Wax,  réussie à charmer rapidement par les jeux de voix des trois musiciens et chanteurs.  Dave Elitch quant à lui nous prouvera à nouveau que son double-kick est sans faille.  Le drum très présent et puissant en est pour beaucoup sur la réussite de cet album, on ne cesse d’être impressionné par les riffs qui nous sont offerts par le drummer de Mars Volta.

Mes coups de coeur vont sans contredits à Melting Of My Marrow et Snakes Of Jehovah, deux pièces consécutives qui offrent chacune leur lot de surprises.  La grande force de Killer Be Killed réside dans le mix des voix, trois sonorités très différentes qui se superposent et s’échange le lead tout au long des pistes.  Qu’on soit amateur de voix plutôt rauque ou plutôt aiguë, du Scream au Clean, on trouvera rapidement son compte sur cet album.

C’est évidemment un album à découvrir pour tout amateur de métal, notamment pour les fans de groupes des membres respectifs.  Une production très bien orchestrée, ne nous donne pas l’impression d’écouter un un supergroupe qui ne sert qu’à garnir les poches de Nuclear Blast, le label du groupe.  On sent les trippe de ces musiciens de talents qui participent à un projet bien différent de ce qu’ils nous offrent d’habitude.  Killer Be Killed restera pour moi un album qui porta une trace bien particulière sur un genre de métal en constante évolution.

LE FRÈRE