Monthly Archives: September 2014

Folk : mémoire, racines et traditions.

 

vent du nord

Au fondement de tout, je crois cependant avec fermeté que ce qui tient le folk encore aussi vivant en 2014 réside dans ses racines.

En effet, comme le blues constitue l’origine même du rock, le folk quant à lui va chercher son essence dans la musique traditionnelle. Par musique traditionnelle, on entend bien sur une musique se voulant ancrée profondément dans la mémoire collective d’un peuple donné. Ainsi, il est fort probable que le son d’un artiste ou d’un groupe folk sera influencé par l’endroit d’où il provient. De ce fait, le folk écossais ira chercher ses sources de construction musicale dans une tradition purement écossaise comme le fera le folk américain ou encore le folk allemand (pays où on peut d’ailleurs remarquer une scène folk extrêmement importante à travers les maintes sessions internet provenant de là-bas, mais nous y reviendrons plus tard). Les racines sont donc sans aucun doute importantes pour le folk, ce qui mène (cause à effet ici) rapidement à constater que la musique folk moderne et la musique traditionnelle de bien des pays parviennent à vivre en symbiose et harmonie, à la joie de bien des amateurs d’une musique « faite comme dans l’temps ». Est-ce que ce processus est fait consciemment? Je ne crois pas. Mon opinion se dirige plutôt dans un sens différent. La musique folk est à mon avis plutôt produite par des artistes qui ne pensent pas trop à ce qu’ils font, mais qui le font tout simplement et ce, de manière très honnête. Une bonne chanson folk peut se résumer à une structure musicale simple, facteur directement relié à la musique traditionnelle, et s’attacher à un texte bien senti. Ainsi, on a devant nous l’artiste, sa guitare, sa voix et ses mots, il ne suffit de rien d’autre pour savoir apprécier ce genre musical, et c’est ce qui le rend merveilleux.

Dans cet ouragan de guitares acoustiques et de voix nasillardes, il est plutôt intéressant de se pencher sur le cas du Québec. Effectivement, encore un fois, on ressort du lot ici. Selon certains ce pourrait être pour le mieux, mais selon d’autres, et j’en fais partie, c’est plutôt en mal. M’intéressant au folk, mon esprit mélomane n’a pu s’empêcher de creuser jusque dans la tradition musicale de bien des pays, dont font partie l’Écosse (dans mon cœur c’est un pays bon), l’Irlande et bien sur notre magnifique Québec. Ce qui est troublant au Québec, c’est que la musique traditionnelle est relayée au second plan de la culture populaire. L’esprit du québécois moyen lorsqu’il pense à musique traditionnelle fera une analogie douteuse entre celle-ci et le reel de violon de cabane à sucre. Ce sont effectivement tous des facteurs entre lesquels il semble évident d’établir un réseau. Cependant, la musique traditionnelle bien d’ici a pourtant tellement plus à offrir ; de la sensibilité, de la lenteur, de magnifiques histoires chantées ainsi qu’un pied dans une histoire qu’on tend malheureusement parfois à trop oublier. Je ne changerai par contre pas le monde dans cet article. Ainsi, je vous laisse sur cette pensée en vous encourageant à continuer de faire vivre folk et trad. pour le meilleur des artistes, de leurs chansons et de la musique elle-même.

LE PARLEUR

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Un inconnu, une critique.

L’idée c’est de choisir un album qui nous est inconnu.  De l’album qu’on a jamais osé écouter à l’album qu’on a toujours mis de côté en passant par ces EP cachés et groupes inconnus qu’on retrouve sur les internets.  Aujourd’hui c’est le groupe The Urban Indians et leur album éponyme qui remporte le tirage au sort!  Je ne les connais pas, ayant fait l’acquisition de leur album par sélection abusive sur la liste Poulet Neige.   (Une étiquette de disques québécoises qui distribue des cadeaux de noël en musiques d’ici!)  Je le vois traîner depuis longtemps dans ma bibliothèque iTunes.  Une belle pochette, un nom attirant, j’ai tout de suite trouvé le choix idéal pour essayer mon nouveau jeu!  J’écris donc ces lignes pendant ma première écoute de l’album.

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Déjà je suis surpris au commencement de la première piste, Running Home.  Je m’imagine un groupe à la Keane ou à la Kings of Leon, voir même Interpol.  Le piano est mis en premier plan, un rythme de drum entraînant et une voix mélodique et chaleureuse l’accompagnent.  Cette première piste a réellement ce petit quelque chose qui nous donne envie d’écouter tout ce qui suivra.  Purple, Gold and Green, un second titre intéressant.  Je me mets donc à spéculer sur la provenance du groupe, je vote pour Montréal!  Un style ambiant avec de fortes influences jazz, c’est ce que nous sert le groupe The Urban Indians déjà dans ces trois premières pièces.

Je me permet alors quelques recherches rapides qui m’en apprennent très peu sur le band.  Quatre gars qui forment un groupe de Montréal avec une petite description mélancolique.  Dans la vie comme dans leur musique, The Urban Indians semble être un groupe qui désire faire durer les mystères.  Chaque piste amène sa petite touche à cet album.  5 chansons très différentes mais qui s’assemblent à merveille.  La dernière s’intitule Urban Indian tout simplement, et en effet elle décrit bien la chanson qui représente le plus tout les aspects du groupe.

Je suis très satisfait de la tournure de cette nouvelle idée.  Me forcer à critiquer un album dès sa première écoute et me forcer à écouter quelque chose que je n’osais pas écouter depuis trop longtemps.  The Urban Indians feront certainement partie mes prochains coups de coeur.  Un groupe d’ici très intéressant pour tout amateur de indie ambiant à souhait!  Je retenterai certainement l’expérience de “Un album, Une critique” prochainement!  Nous passons trop souvent à côté de très bons produis d’ici, malheureusement la concurrence mondiale est forte et très accessible.  Mais c’est ce qui fait la beauté de l’industrie de la musique, qui ne cessera d’évoluer avec les années.

LE FRÈRE

Je vous laisse ici le lien vers Poulet Neige: http://pouletneige.com/

Et un autre vers le bandcamp de The Urban Indians: http://theurbanindians.bandcamp.com/

Leur album est disponible en name your price!

27 fois l’aurore : une évolution en beauté pour Salomé Leclerc

Salomé

Salomé Leclerc avait déjà su imposer un son bien unique à elle en 2011 avec Sous les arbres. Elle nous relance aujourd’hui avec 27 fois l’aurore dans la chaleur tourmenteuse d’un album qui nous montre que l’art d’écrire des chansons, c’est aussi l’art de savoir évoluer avec élégance.

Cette dernière parution de Salomé Leclerc, vient pour moi s’enraciner bien profondément dans la définition ce que qui se fait de mieux ici. Autant elle arrive à aller chercher avec la portion folk de sa musique quelque ressemblance avec le vétéran respecté de tous Daniel Bélanger, autant elle parvient à s’illustrer avec un son bien moderne qui saura plaire aux fans de Jimmy Hunt ou encore aux nostalgiques d’un Karkwa qui nous a quitté en beauté.

Arlon, le single sur 27 fois l’aurore, nous expose rapidement à ce qu’a tenté d’explorer Salomé Leclerc sur ce deuxième album. Lorsque Sous les arbres nous faisait se pencher plus près d’un folk langoureux, on se laisse cette fois-ci tomber jusqu’à s’en échapper l’âme dans des arrangements électroniques minimalistes qui viennent élargir la voix rauque de l’auteure-compositrice jusqu’à des démesures toutes en finesse.

Il reste assez limpide que Leclerc aime travailler des textes bien léchés qui pourraient, à mon avis bien personnel, se lire dans un recueil de poésie auquel on aurait retiré toute musique. Par contre, et c’est là que cette artiste vient prendre sa place sur la scène québécoise (et francophone en général), les textes vaporeux ne viennent pas prendre la place de la musique, et la musique ne vient pas non plus prendre la place des textes. En fait, ces musiques forts bien écrites et les mélodies de 27 fois l’aurore semblent d’elles-mêmes venir se coller à la poésie enveloppante de tout l’album. Personnellement, il me semble que la chanson Devant les canons s’affirme comme un des meilleurs exemples de ce mélange entre une poésie pure, moderne et audacieuse, et une musique où les arrangements léchés viennent accompagner celle-ci à la perfection. Pour les arrangements, on remercie d’ailleurs le très productif Philippe Brault (Random Recipe, Pierre Lapointe) d’avoir accompagnée la chanteuse dans la réalisation de ce deuxième album. Tout est extrêmement bien équilibré, même dans les déséquilibres.

27 fois l’aurore est un album que j’attendais depuis un moment, et je dois avouer qu’il représente déjà pour moi toutes ces musiques qui viennent si bien nous convaincre que les textes de chanson se font parfois véritable littérature. L’album prend place sur mon étagère entre Karkwa et Douze Hommes Rapaillés sans trop s’éloigner de Jimmy Hunt et de Martin Léon, c’est donc dire que Salomé Leclerc écrit une musique qui s’accole bien à la liste de celles qui me rendent fier de ce qui se fait ici.

Merci pour le bel album d’automne.

P.S. La chanson Arlon se retrouve également sur la compilation Trente d’Audiogram, l’interprétation en vaut le détour!

LE PARLEUR

Folk : une musique profondément humaine.

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Dans un monde où la technologie vient toujours nous submerger un peu plus, il est inévitable de ne pas se servir d’elle dans la production et la diffusion de la culture, c’est d’ailleurs grâce à celle-ci qu’il nous fut possible de mettre au point ce blogue en quelques clics. La musique n’échappe pas aux avancées technologiques elle non plus, et nous pouvons nous compter chanceux de cette tournure événementielle, puisqu’elle nous permet de constater qu’à peu près tous les genres musicaux s’épanouissent grâce à celle-ci. Bien évidemment, l’accessibilité à la création musicale et à l’enregistrement de cette forme d’art amène avec elle un flot continu de musique pour notre bon plaisir. Il faut donc l’accepter et savoir bien trier pour pouvoir apprécier le meilleur de ce qui se fait dans tel ou tel type de projet selon nos goûts personnels. La musique électronique est, à mon avis, une de celles dont les sous-genres bénéficient le plus de cette ouverture massive au monde que nous permet l’internet.

Dans un autre ordre d’idées, je tenais ici à vous parler du phénomène opposé qui prend forme depuis quelques années à mesure que les musiques dites technologiques prennent de l’ampleur; ce phénomène qui trouve sa voie sous la bannière respectable de la musique Folk.

En effet, c’est grâce aux internets, mais bien avant tout à leur talent qu’une quantité phénoménale de gratteux de guitare parviennent à se bâtir une notoriété tout en nous proposant des chansons qui auraient bien pu être écrites à une autre époque que la nôtre. Avant tout, voici que je me pose cette question : qu’est-ce qui produit ce phénomène d’engouement?

Bien sur, je n’ai pas la réponse à cette question puisque qu’il n’y en n’a pas vraiment d’autre que le simple amour d’une bonne chanson aux sonorités organiques. L’humain n’est pas encore un robot. Pour cette raison, il saura toujours apprécier ce folk qui, à mon avis, constitue une musique profondément humaine. De plus, il faut se dire que depuis que les Mitchell, Dylan, Simon & Garfunkel, Havens, Harmonium ou encore Piché de ce monde ont su établir des base solides au folk populaire, il est difficile de venir ensuite lui arracher ses lettres de noblesse. Il reste que malgré tout, celui-ci perdure avec beauté.  Analogie intéressante : on peut d’ailleurs trouver, comme dans la musique électronique, des tonnes de variantes dans ce genre qui; et c’est là ce qui vient créer toutes ces variétés, se veut une projection directe de la création de l’artiste qui performe.

Ce petit topo sur la musique folk s’en suivra dans un autre article sur les racines de ce genre indémodable! En attendant, laissons nous sur un classique d’un auteur-compositeur folk que nous connaissons tous bien.

LE PARLEUR

Il faut se dire plus souvent que l’on s’aime

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Il y a un peu plus d’un an, Félix-Antoine Couturier nous faisait découvrir une nouvelle facette de sa personne.  On le connaissait pour son rôle au sein de Kodiak et O Linea, mais voilà qu’il démarrait sa carrière solo.  J’ai moi-même assisté au lancement de son premier EP, Fuir Le Plancher, à la Sala Rossa cet été là.  Ma copine et moi avions eu la chance de l’entendre interpréter les 5 pièces du EP.  Elle qui n’était pas convaincue de l’endroit où je l’avais amenée s’avéra bien aimer le spectacle!  Ayant appris qu’il sortirait son premier album dans moins de deux mois, j’en profite pour remettre son EP dans mon lecteur, au grand plaisir de ma copine qui se met à fredonner les paroles en jouant au Sims 2…

Dès la première pièce du EP, la joie dégagée par Félix-Antoine Couturier a de quoi surprendre.  D’ailleurs son message est très bien véhiculé, il faut se dire plus souvent que l’on s’aime.  C’est le titre de la première chanson sur Fuir Le Plancher, une chanson qui nous montre le débordement d’amour de Félix-Antoine.  C’est par le biais de textes très personnels que le musiciens de St-Jean-sur-Richelieu nous transporte dans ce nouveau projet.  Les pièces Si J’étais Là, Dans cette vie et Lundi montrent bien le style particulier de Félix-Antoine.  Il nous offre des textes relatant des expériences personnelles, des anecdotes et des pensées du musicien.  Plus on écoute l’album plus on ressent réellement qu’on apprend à connaître le Johannais.  La pièce Reste À Moi conclue en beauté ce court voyage offert par Félix-Antoine.  C’est certainement la piste la plus personnelle sur le EP, des arrangements très intéressants font se démarquer cette pièce des autres.

Il ne fait aucun doute que Fuir Le Plancher est une oeuvre très intime.  Félix-Antoine ne me surprend pas avec l’annonce de la sortie de son premier album.  Il semble très à l’aise sur scène et il sait comment charmer son public dès son entrée sous les projecteurs. Je vous encourage fortement à vous déplacer pour le voir performer.  Je suis persuadé qu’on entendra beaucoup parler de Félix-Antoine Couturier en 2015, son premier album Comme Un Seul Homme paraîtra le 12 Novembre prochain sous l’étiquette Slam Disques!

LE FRÈRE

Voici la préférée de ma copine, puisque je n’arrivais pas à me décider!

Une surprise Irlandaise

Le marché de la musique est en déclin depuis déjà plusieurs années.  Avec l’accès plus que facile au téléchargement en quelques clics, seul les mélomanes achètent encore leur disques en copies physiques!  Radiohead avait fait un grand pas en 2007 en offrant en version digital l’album In Rainbows au prix désiré par le client.  7 ans plus tard, c’est U2 qui suit le pas en offrant son tout nouvel album, Songs Of Innocence, gratuitement sur la plateforme Itunes.

U2

Déjà que la sortie d’un nouvel album du légendaire groupe irlandais U2 allait faire beaucoup parler, sa gratuité en fit tout un événement!  J’avais déjà prévu m’attarder sur cet album, sachant que Danger Mouse (Broken Bells, The Black Keys…) avait produit l’album.  Sans être un grand fan du quatuor irlandais, je respecte l’évolution et l’engagement du groupe, et je sais que dès que Danger Mouse se mêle d’un projet, il en ressort toujours quelque chose d’intéressant!  Bono présente cet album comme étant l’album le plus personnel de leur répertoire.  Effectivement, on ressent beaucoup cet émotion sur ce nouvel album.  Pour un groupe qui avait l’habitude de s’associer a des causes humanitaires, de critiquer et vouloir toucher des cordes sensibles, cette fois ci ils décident de se dévoiler eux-mêmes.

Songs Of Innocence c’est un album qui nous fera sentir que U2 en a encore à nous offrir, même après près de 40 ans d’existence.  L’album s’ouvre sur une chanson en hommage à Joey Ramone, The Miracle (Of Joey Ramone) montre parfaitement l’énergie qu’on ressentira tout au long de l’oeuvre.  Une pièce que j’affectionne particulièrement, Volcano, complètement au centre de l’album.  La piste vocale de Bono s’enchaîne parfaitement aux accords lourds qui l’accompagnent.  D’ailleurs c’est probablement une pièce qui fera office de single dans les prochains mois, je gagerais là-dessus!  Ce qui est intéressant sur Songs Of Innocence, c’est la variété de son qu’on y retrouve.  D’un genre très 80’s, U2 restent fidèle à leurs racines, The Edge et Bono nous offrent encore beaucoup de bruits et back vocal qui appuie à la perfection les arrangements musicaux.  Du début jusqu’à la fin, on est entrainé à vouloir chanter et fredonner les 11 titres de l’album.  La pièce Cedarwood Road fait également partie de mes coups de coeur par sa manière de nous tenir en haleine.  Sur la fin de l’album, de Sleep Like a Baby Tonight (une pièce remarquable à écouter sur repeat!) à The Troubles, on comprend l’influence de Danger Mouse, reconnaissant son style d’arrangement, et les sonorités propres au style du producteur.

Somme toute, je suis satisfait de cette oeuvre. U2 aura certainement droit à mon soutien sur ce disque.  Au lieu de nous fournir du remâcher, la bande irlandaise nous montre ce qu’elle peut offrir de nouveau à son public.  Tout ce que j’ai à dire, c’est que j’en veux plus!  Je respectais déjà énormément la carrière du groupe, maintenant je ne douterai pas un moment de leur capacité à me surprendre.  Vous lirez partout que cet album n’est que déception par-dessus déception.  N’en croyez rien et faites-vous votre propre idée, je vous garantis que vous ne serez pas déçu.

LE FRÈRE

Trente : un magnifique présent musical de début d’automne.

Trente

« 30 ans, 30 artistes et 30 chansons », c’est la devise qu’a donné Audiogram, la boîte de production montréalaise, à sa nouvelle compilation, mais quelle compilation!

Il n’en fallait pas plus pour l’équipe d’Audiogram pour réunir 30 de leurs plus respectables auteurs-compositeurs interprètes dans le but de créer un disque ma foi, indéniablement efficace. Ce qui plaît sur le disque, c’est particulièrement que les chansons choisies par les artistes (à quelques exceptions près), ne sont pas automatiquement leur meilleur succès. Ainsi, Jean Leloup aura choisi d’interpréter Johnny Go, un de ses hits qui n’est malgré tout pas le choix facile à mettre sur une compilation. Dans la même veine, Daniel Bélanger a choisi de nous faire cadeau d’une version très minimaliste de sa chanson Ensorcelée et Pierre Lapointe nous offre quant à lui Tel un seul homme dans une version qui rappelle son spectacle qu’il avait donné seul au piano il n’y a pas si longtemps que ça encore. Bien sur, je ne vais pas ici me mettre à nommer toute la brochette d’artistes qui passe sur le disque, mais me contenterai de dire qu’on va de Jim Corcoran à Hôtel Morphée tout en passant par Salomé Leclerc, Pierre Flynn et Bran Van 3000. Ces simples noms nous font rapidement prendre conscience de la grande variété d’artistes qu’a su nous offrir Audiogram au cours de son existence aujourd’hui plus significative qu’elle n’y paraît.

Ce qui est intéressant avec Trente, c’est qu’on peut aussi visionner les enregistrement de ces chansons, toutes en noir et blanc et suivant la même ligne directrice; c’est-à-dire d’établir une connexion entre l’artiste et sa performance de manière à nous montrer de quoi telle ou telle chanson pouvait avoir l’air avant d’être arrangée et mise sur disque. Ainsi, plusieurs versions se font très intimes et très intéressantes, aucun fla-fla n’est au rendez-vous sur cette compilation. D’ailleurs, ce minimalisme est également prôné dans la direction photographique du projet qui s’affirme, comme mentionné plus haut, en noir et blanc, mais surtout en un seul plan fixe, ce qui nous permet d’avant tout se concentrer sur la musique. Aussi, pour les lecteurs musiciens, vous en profiterez pour remarquer l’éventail d’équipement d’enregistrement de qualité qui passe sous nos yeux lors de ces trente performances; rien d’autre que des micros à en faire baver tout ingénieur de son amateur.

Du fait que cette nouvelle sortie d’Audiogram ne constitue qu’une compilation, je ne n’approfondirai pas ici les chansons qu’on peut y entendre. Il suffit en fait de se laisser porter par la vague d’artistes bien d’ici et de morceaux qui ont déjà su avec brio traverser les années et les oreilles de maints auditeurs. Bonne écoute!

LE PARLEUR

http://audiogram.com/trente/