Monthly Archives: August 2014

La Symphonie Rapaillée, ou pousser une idée à sa quintessence.

Pochette Douze homes

Comment fait-on aujourd’hui pour tenter d’ouvrir son entourage à la poésie? Souvent, c’est en passant par les chansons à textes. Le projet Douze Hommes Rapaillés, c’est un projet qui prend ses racines dans la sortie du premier album d’une série maintenant portée à trois. C’est avec cet album et son successeur que j’essaie, de temps en temps, de faire entrer la poésie dans la vie des gens autour de moi. La qualité musicale de ces deux productions étant sans aucun doute irréprochable, les mélomanes en sont donc déjà conquis d’avance. La Symphonie Rapaillée, c’est tout simplement la suite logique aux deux premiers opus. Gilles Bélanger, Martin Léon, Louis-Jean Cormier et les autres Hommes Rapaillés qui avaient su avec brio nous ouvrir les portes de la poésie de Gaston Miron réussissent cette fois avec l’aide de Blair Thomson, compositeur torontois qui avait entre autres déjà auparavant revisité avec l’Orchestre Symphonique de Montréal certaines chansons de Michel Rivard (qui interprètre sur cet album la langoureuse pièce Oh! Secourez-moi), à nous permettre d’approfondir cette fois la musique classique. Comme premier vers, ils ont choisi de répéter à l’unisson « Je t’écris pour te dire que je t’aime ». C’est donc sur la profonde sensibilité de Miron qu’on plonge à nouveau bien à l’aise dans l’univers lyrique de ce poète intemporel.

Ce qui surprend tout d’abord avec La Symphonie Rapaillée, ce sont les arrangements classiques peu conventionnels de Blair Thomson puisque les textes, quant à eux, sont repris des deux albums précédents. En effet, c’est avec audace que l’équipe derrière la réalisation de ce disque a choisi de fonctionner différemment en ce qui attrait aux arrangements classiques sur un album de musique populaire. La formule classique se veut bien simple : on applique un orchestre symphonique aux enregistrements d’origine. Cette fois, on remarque très rapidement qu’on a à faire à des compositions musicales originales. Des musiques premières, on a conservé que les mélodies vocales, et encore. On constate aussitôt qu’Au long de tes hanches chantée par Louis-Jean Cormier lance le bal que les voix ont elles aussi été réenregistrées pour se marier à la perfection à des arrangements classiques à la fois grandioses et épurés, il en va de même pour toutes les autres pièces.

Rien n’est laissé au hasard sur cet album où Thomson a de toute évidence choisi de laisser de l’espace aux textes en optant pour un orchestre symphonique réduit qui nous apporte des musiques venant envelopper les mots de Miron plutôt que de les accompagner. Autrement dit, avec ce nouvel apport musical, on apprend un peu plus à connaître la personnalité du poète, mais on comprend par-dessus toute la grande sensibilité des poèmes eux-mêmes. La dominante instrumentale de l’album est laissée aux cordes, mais on remarque aussi l’utilisation des bois ou encore du xylophone de bois qui viennent nous remettre à l’oreille l’aspect extrêmement organique des 12 poèmes choisis pour cette troisième sortie.

Avec brio les Hommes Rapaillés nous reviennentdonc avec un album très rafraichissant. Cependant, Blair Thomson est arrivé, avec des chansons déjà existantes, à ne pas venir effacer ce qui avait déjà été fait, c’est pourquoi je me plais toujours à redécouvrir les deux premiers opus avec un œil très différent, ceux-ci se voulant à mon avis un peu plus tourmentés. C’est d’ailleurs là qu’on comprend que le poème a cette magnifique qualité de transporter en lui tout un univers d’émotions.

Merci aux Hommes rapaillés, merci à l’Homme rapaillé.
Qui me font chaque jour
Revenir un peu plus toujours
D’en dehors du monde.

 

LE PARLEUR

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The Civil Wars: Barton Hollow

<<J’écoute The Civil Wars depuis 1 mois sans arrêt, je pense que c’est mon band préféré.>>

Je n’ai pas vu ma soeur depuis plus de 3 mois, elle m’envoie ce message.  Je comprends que pendant tout ce temps, on a tout de même été connectés.  The Civil Wars, c’est un duo formé de deux musiciens exceptionnels.  C’est deux voix qui s’harmonisent à la perfection.  The Civil Wars c’est la beauté de Joy Williams et le charme de John Paul White.  Ce fut un choix plus que certain pour moi de les prendre en guise de première publication  sur ce Blog.  

TCW

Artiste: The Civil Wars

Album: Barton Hollow (2011)

Le 5 août dernier, The Civil Wars annonçait leur séparation officielle. Quelle meilleure raison pour revenir sur leur premier album?  Cette replongée dans Barton Hollow, gagnant d’un Grammy Awards, me fait regretter que l’harmonie entre les deux musiciens ne soit plus possible.  Dès les premières notes de 20Years, on sent l’atmosphère que désire créer le duo.  Le talent musical de John Paul White se fait ressentir, c’est certainement sa petite touche personnelle qui nous fait oublier que nous avons à faire à un album folk.  Suit alors I’ve Got This Friend, là ou on nous plonge directement dans la vibe folk américaine, orchestrée à la perfection!  Sans flafla ni longueur, The Civil Wars nous offre un album simple et vrai, un album ou l’émotion est ressentie.

Impossible de ne pas parler de l’harmonie des deux voix qui nous sont offertes.  C’est La Mort et To Whom It May Concern ne nous permettent pas de passer à côté!  La voix douce et chaleureuse de John Paul White s’accompagnant parfaitement avec la voix féminine et puissante de Joy Williams.  Les deux musiciens utilisent à bon escient leur force, l’arrangement des pistes valorisent les échanges entre les deux voix, on a l’impression d’assister à quelque chose de profond.  Poison & Wine est assurément un point fort de cet album, l’émotion qui en ressort ne trompe pas.  L’album s’écoute très rapidement et en toutes occasions, que ce soit pour accompagner un souper, en guise de fond musicaux ou même pour accompagner une sieste!  (Je dois avouer qu’il est dans mon top5 des albums à écouter pour bien dormir!)

Jusqu’à My Father’s Father, la première moitié de l’album, on nous laissait planer dans un environnement très calme.  C’est à Barton Hollow, la pièce éponyme, qu’on nous montre un côté plus rythmé du duo.  Avec la même formule vocale, c’est un succès!  C’est sur cette pièce qu’on réalise la puissance vocale de Joy Williams, qui a tout pour nous épater.  John Paul White a droit à son heure de gloire, la pièce The Violet Hour. L’instrumentale vient conclure l’intensité de Barton Hollow pour nous transporter jusqu’aux dernières pistes de l’album.  Là on a droit a d’excellentes pistes, dont Falling qui mérite son ovation pour la façon qu’elle a de nous faire voyager dans la tête des musiciens.  Barton Hollow se termine sur la pièce Birds Of A Feather, qui nous laisse sur un goût étrange en bouche, ayant des airs de comptines pour enfants.  (Ne manquent que des clappements de mains pour accompagner le tout!)  Le duo nous a montré tout au long de l’album de quoi il était capable, le potentiel qu’il avait et le rôle qu’il prendrait dans l’industrie, on comprend très bien le style qu’ils désirent créer.  Barton Hollow ne fait cependant que nous aguicher, ce n’est qu’un bref résumé de ce que peut nous offrir The Civil Wars, on désire en avoir davantage, sentant qu’il s’agit d’un oeuvre incomplète.  Peut-être n’étions-nous pas prêts à recevoir ce duo?  On attendra alors jusqu’en 2013 pour obtenir la suite avec un album éponyme, The Civil Wars, complet et démontrant l’ampleur du projet.

LE FRÈRE