Monthly Archives: August 2014

Le lyrisme idyllique de Nick Drake.

 

Artiste:Nick Drake

Albums:
– Five Leaves Left
– Bryter Layter
– Pink Moon

Pour découvrir l’artiste :
– Northern Sky
– Things Behind The Sun
– Cello Song
– Pink Moon
– Hazey Jane I & II

Nick Drake livre

C’était l’hiver dernier, quand la folie de la fin de session universitaire commençait trop tôt à s’emparer de moi.
Nonchalamment, comme à chaque moment angoissant de ma vie, j’ai décidé d’aller m’acheter un disque, question de me donner une raison pour m’asseoir et faire mes travaux déjà trop procrastinés. C’est quand t’as pas trop d’argent et que tu veux quand même ramener un disque chez toi que tu décides de fouiller dans le bac de CD’s à 5$. Cette journée là, c’est la rétrospective Way to Blue (an Introduction to Nick Drake). Je n’avais alors strictement aucune idée de ce que je tenais entre mes mains, c’est toujours assez amusant de faire un achat à l’aveugle.

Ainsi, je reviens tout bonnement chez moi ma curiosité déjà éveillée par le nom des chansons que je peux lire derrière la pochette : River Man, Things Behind the Sun ou Pink Moon. Étrangement, ces seuls titres de chansons m’appellent énormément, comme si cette musique, mais lorsqu’elle n’est pas jouée, se voulait entourée de bonnes augures.
Aussitôt arrivé, je déballe le disque et l’insère dans le lecteur. À partir du moment où j’appuie sur play, tout s’explique. Dès les premières notes de Cello Song, je comprends avoir à faire avec un folk unique en son genre. Le jeu de guitare de Drake en open tuning à peu près impossible à déchiffrer sort clairement du cœur et de l’âme d’un artiste qui ne se base que sur lui-même pour écrire des musiques et des textes extrêmement prenants.
L’écoute de la compilation se poursuivit dans le calme et l’étonnement. Impossible pour moi à ce moment de faire quoi que ce soit d’autre que de m’asseoir et profiter de ces précieuses mélodies. La musique de Nick Drake vient mélanger à la perfection folk, jazz, blues et musique classique dans une poésie si mélancolique qu’on se surprend à y ressentir toute la tristesse de son auteur.

Cette tristesse je ne faisais que me la supposer, me figurer une émotion qui semblait transparaître dans cette musique qu’est celle de Nick Drake. Par contre, c’est quand j’ai fait quelques recherches un peu plus tard cette journée que j’ai compris que l’œuvre de Nick Drake est une plonge dans l’intimité même de cet artiste d’exception décédé en 1974.
Drake personnifie effectivement la figure du poète maudit dont l’œuvre se veut le reflet d’une profonde détresse intérieure. J’avais alors l’impression de pouvoir comparer sa tragédie à celle de Jim Morisson, de Kurt Cobain, d’André Fortin, etc. Cependant, ce qui vient éloigner Nick Drake de tous ces héros des temps modernes, c’est l’aspect « notoriété ». Contrairement à bien des « artistes déchus » tels que ceux que je viens de nommer plus haut, Nick Drake n’était en fait pas vraiment connu. Du moins, il ne l’était pas de son vivant.

Premièrement, Drake n’est pas arrivé à faire vendre beaucoup de copies de ses trois albums (Five Leaves Left, Bryter Layter et Pink Moon) pour deux raisons majeures. Nick Drake était un homme dépressif et asocial qui refusait de donner des entrevues et qui ne donnait que très peu de spectacles. Ainsi, il ne put s’attirer les faveurs des médias britanniques de l’époque.

Malgré tout, le temps fait parfois bien les choses et la musique de Nick Drake, décédé en 1974 deux ans après la sortie du maintenant mythique Pink Moon a su garder vivante la légende d’un artiste à la carrière éphémère. Il est d’ailleurs aujourd’hui cité par bien des artistes comme une influence majeure, on peut par exemple nommer ici Peter Buck de R.E.M ou encore Robert Smith de The Cure. Il faut parfois savoir faire la part des choses entre la vie et l’œuvre d’un artiste. Par contre, pour Nick Drake je vous suggère fortement d’aller en lire un peu sur l’homme lui-même, car sa musique, comme je l’ai mentionné plus tôt, se veut d’une profonde intimité et constitue une histoire magnifique d’une profonde tristesse.
Pour ma part, la musique intemporelle de Nick Drake reste aujourd’hui accrochée à moi comme une musique confidente qui s’écoute le matin lorsque tout est encore possible. Autant par journée de pluie que de soleil, les chansons de Nick Drake se justifient d’elles-mêmes par le jeu de guitare et la voix de celui qui les a écrites comme des chansons chantres de la nature et du temps qui, et Nick Drake nous le fait très bien comprendre, bouge parfois peut être un peu trop rapidement.

LE PARLEUR

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Le Madchester débarque à Sydney!

Howlin

Je ne sais pas si c’est la pochette de l’album ou le nom du groupe qui a attiré mon attention, (voire même le fait qu’il est originaire de Sydney en Australie!) mais je dois dire que je me suis senti obligé d’écouter ce que ce nouveau band avait à offrir.   Jagwar Ma, c’est la composition de l’animal du même nom et du surnom de Jono, le cerveau du groupe.  Leur premier album s’intitule Howlin, sorti il y a un peu plus d’un an fut produit par nul autre que Jono Ma lui-même et co-écrit avec Gabriel Winterfield, le chanteur du groupe.

Comme vous le savez sûrement, on ne peut plus nier que la musique électronique prend une ampleur imposante dans l’industrie. Des dizaines de festivals et des centaines d’événements toute l’année, c’est ce qui t’attend, fan d’électro!  J’adore la musique électronique et je crois qu’elle a toujours eu sa place dans l’industrie même si son importance se fait davantage sentir aujourd’hui.  On se rappellera le grand succès Give Up des Postal Service il y a déjà plus de 10 ans.

Vous rappelez-vous les Happy Mondays?  Ce band Britannique des 80’s est a l’origine du Madchester, un mouvement musical croisant le Rock et le House.  (Il faut savoir que vers la fin des années 80, c’était vraiment quelque chose de voir ces groupes, les Happy Mondays ou même les Stone Roses, mélanger ainsi des genres de musiques pour créer un son totalement inconnu du public.)  Pour moi, Jagwar Ma me plonge dans cette ambiance, ils mélangent le rock psychédélique, la pop, la dance et l’expérimental!  Le tout est orchestré d’une manière fabuleuse, jamais on ne sent submergés par l’ampleur du son mis au point sur Howlin.  Autant cet album peut être utilisé pour danser, autant il est apaisant et relaxant.

La production de l’album m’a surprise au plus haut point, les titres s’enchaînent à la perfection, nous tenant en haleine et tombant toujours sur le bon mood au bon moment.  On a pas envie de l’arrêter avant la dernière note car il forme un tout.  (D’ailleurs le dernier titre Backwards Berlin mérite notre attention.  Si à lui même, seul, il semble vide, il terminera parfaitement l’écoute de Howlin)  Mes coups de coeurs, The Throw, le premier single du groupe qui dévoile assez bien le genre que désire créer Jagwar Ma et son côté Madchester.  La sixième piste intitulé Four me fait vraiment ressentir la vibe Jagwar Ma par son petit côté simpliste en surface! Sinon, Man I Need fera probablement partie de votre top 3 également!  Je vous conseille d’écouter Howlin en bonne compagnie lors d’une soirée, parfait si vous voulez découvrir de nouveaux sons, revivre la vibe Madchester et découvrir ce band qui fera sans aucun doute beaucoup jaser dans les prochaines années!

LE FRÈRE

Philippe Brach : La Foire et l’Ordre.

Philipe Brach tortue

Artiste : Philippe Brach
Album : La foire et l’ordre

Il est toujours assez agréable de voir sortir de nulle-part un vent de fraîcheur musical bien québécois. En avril 2014, c’est avec La Foire et l’Ordre que Philippe Brach est parvenu à nous faire boire dans ses textes comme on boit avec joie une vieille 24 d’O’Keefe oubliée dans le fond d’un réfrigérateur d’épicerie de quartier.

D’une férocité très efficace, ce sont tout d’abord les textes de l’album de l’auteur-compositeur-interprète du Saguenay qui parviennent à nous séduire les tympans. Chantées dans une langue familière bien québécoise, les chansons telles que Le matin de raisons, Ressac sur la peau ou encore la déjantée Dans ma tête que Brach parvient très rapidement à convaincre celui ou celle qui choisira de donner lui donner une chance.
Cette musique qui nous fut offerte le printemps dernier n’aurait pu porter le nom d’un groupe. On sent dès la première écoute que c’est un album très personnel, que Brach a fait le ménage dans sa tête pour nous convaincre avec brio qu’il valait la peine d’être écouté.

La foire et l’ordre, c’est aussi le chant de l’amour malaisé, de la folie et de l’angoisse. Le chanteur s’y donne à cœur joie pour nous mettre en pleine face des problèmes personnels auxquels il a su dire au revoir avec ce projet. Ainsi, ces noires thématiques sont également abordées de manière à nous ouvrir la porte sur l’espoir en toute chose. Résultat : un album couvrant une gamme impressionnante d’émotions chantées dans un jouale qui nous crache en pleine face tout le méchant qu’on se garde tous en dedans. La foire et l’ordre fait du bien.

Chacune des chansons de cet opus se fait remarquer par la belle condescendance qu’elles savent transpirer. Je pense par exemple ici à Ravin, Race-Pape (ou l’ironie se chante à son meilleur) ainsi que Downtown. Aussi, une chanson telle que T’aurais pas pu nous prendre à deux nous mène à un point culminant d’une mélancolie musicale très bien dosée.

Venons-en d’ailleurs au son

Ancré dans l’héritage d’une chanson bien québécoise, ce premier opus de Philippe Brach saura satisfaire les fans des Colocs comme il saura faire sourire ceux qui on embarqué dans la folie de Bernard Adamus. Un album très moderne, il aurait cependant pu sortir il y a 20 ans et n’en aurait pas perdu une plume en efficacité. D’un son intemporel qui sait brillamment mélanger le folk, le rock et le country en allant par-ci par-là toucher à quelques envolées psychédéliques, La foire et l’ordre vient, comme une tonne de brique, nous rappeler que tout est parfois dans la simplicité. À la réalisation et aux arrangements on salue ici Pierre-Philippe Côté qui a su colorer l’album d’une façon à bien entourer la voix de Philippe Brach sans pour autant lui enlever toute la place qu’elle mérite. Parlant de voix, il faut aussi savoir que la voix de tête, ou falsetto, est ici intelligemment incorporée à des morceaux par Brach et se fait la signature vocale de cet artiste qui semble s’être rapidement forgé une place bien à l’aise au sein des critiques.
Pour terminer, sachez qu’il est assez facile de trouver plusieurs performances live de Brach sur les internet et qu’il vaut la peine de le regarder aller. La folie de l’album prend tout son sens lorsque l’on regarde Brach et son band en spectacle. Il est certainement un artiste bien d’ici qu’on saura suivre assidûment d’ici la sortie d’un deuxième album qu’on espère tout aussi rafraîchissant.

LE PARLEUR

http://philippebrach.bandcamp.com/

Roger Waters’ The Wall live immortalisé sur film.

Roger Waters The  Wall

L’annonce est maintenant faite! Tous ceux qui avaient fait le vœu de pouvoir voir et revoir sans arrêt le spectacle de l’épique tournée The Wall de Roger Waters, sachez que nous aurons finalement droit à un DVD/ documentaire de ce concert à grand déploiement.

Bien des fans québécois savent que la portion nord-américaine de cette tournée s’était terminée le 21 juillet 2012 sur les plaines d’Abraham devant plus de 75 000 fans déjà plus que convertis à cette musique. Pour ma part, je me souviens avoir battu mon record d’attente avant un spectacle en me plantant les pieds près de Grande-Allée durant 12 heures et demie (et je n’étais pas le premier sur place). Nous avions eu droit à un spectacle plus grand que nature où tout était encore plus grandiloquent qu’en salle de concert; c’était tout simplement sublime.

Étant donné l’aspect unique qu’avait apporté ce spectacle sur les plaines d’Abraham, on ose maintenant espérer que certaines portions du film maintenant annoncé seront consacrées à cette finale nord-américaine absolument mémorable.

Il faut aussi avouer que c’est assez drôle de voir que Pink Floyd annonce la sortie de The Endless River pour rapidement se faire suivre par une autre annonce « Pinkfloydesque » de la part de l’ex-membre qu’est Roger Waters. Le groupe n’est peut-être plus complet, mais il reste cependant que l’automne se voudra très lucratif pour la marque commerciale qu’est Pink Floyd. Est-ce un hasard? À vous de voir! Parlant profit, sachez d’ailleurs que la tournée The Wall avait rapporté plus de 428 000 000 de dollars, des chiffres qu’on ne peut omettre de mentionner lorsqu’on pense à la grosse machine qu’est aujourd’hui devenue Pink Floyd. Reste cependant que la qualité de leur musique ne s’en est jamais faite ressentir, ce qui fait du bien à savoir dans un monde où la musique devient davantage un produit de consommation chez le grand public plutôt qu’une production artistique.

Nous suivrons très certainement les développements du côté de monsieur Waters autant que de la sortie prochaine de The Endless River.

Sachez que le film en question ici fera sa première au Festival International du Film de Toronto.

À suivre…

LE PARLEUR

Temples : la rétrospection à son meilleur.

Temples image

Présentement en tournée nord-américaine, le groupe pop-psychédélique du Royaume-Uni Temples a rapidement su attirer l’attention des médias britanniques pour se construire, à l’aide de son premier album Sun structures, une notoriété encore grandissante. Cette montée en flèche depuis février dernier semble s’expliquer d’elle-même lorsqu’on observe le bagage de la formation formée par James Edward Bagshaw et Thomas Edward JamesWalmsley en 2012.
En effet, malgré la rapide ascension du groupe de Kettering qui a fait ses classes en tournée dans de gros festivals Européens avec The Vaccines ou encore Kasabian, on peut comprendre assez rapidement qu’on a à faire à une machine bien huilée et à des musiciens de talent. Supportés par Heavenly Recordings, le quintette que forment les membres de Temples a su bien se préparer à en arriver à s’auto produire et arriver au bon moment pour se glisser dans les mailles du show businnes britannique. Reste cependant à voir si la portion très pop des fondements psychédéliques du groupe lui permettra de s’attirer les oreilles des ondes radiophoniques et de passer à un autre stade lorsqu’ils devront entrer à nouveau en studio.
Il n’est par contre jamais bon de se hâter, ne nous lançons donc pas dans trop de projections futures et venons en au son.
L’arrivée des Temples sur la scène britannique se veut certes stratégiquement infaillible, car ils savent user brillamment de possibilités créatives qui se présentent à eux pour nous offrir une musique moderne extrêmement efficace entièrement plongée dans un univers musical qui nous rappelle une époque bouillonnante de l’histoire de la musique populaire. Avec les Temples, on plonge dans la boucane de l’âge d’or du psychédélique de la fin des années 60 et du début des années 70. Depuis son entrée étourdissante dans la culture populaire, le psychédélique a toujours su s’immiscTemples album coverer dans la mémoire collective pour s’établir à chaque fois un peu plus solidement. On en est à cette renaissance qui arrive enfin au 21e siècle après que des groupes tel que The Brian Jonestown Massacre aient porté le flambeau au courant des années 90.
Les Temples nous font cadeau d’un vent frais qui ne va certes rien révolutionner. Cependant, chaque groupe joue un rôle dans les engrenages de la musique et c’est avec des chansons comme Golden Throne, Sun Structures et Shelter Song que ces musiciens rappelle au grand public que le son psychédélique fut jadis le point de convergence intellectuelle de toute une génération.

Quand on observe des performances live du groupe, on ne ressent pas de nostalgie, mais plutôt un certain contentement de contempler un genre de musique unique qui a su traverser le temps avec classe; un genre qui fait attention à ne pas vieillir mal. Sans trop essayer de tomber dans la comparaison, il est assez inévitable d’associer les influences des légendes que sont The Beatles ou encore The Doors, c’est d’ailleurs pourquoi l’écoute de Sun Structures fonctionne si bien à l’oreille. Il est aussi impossible de ne pas avoir l’impression que les musiciens de cette formation de Kettering ont décidé de sortir de la poussière le vieil équipement de Pink Floyd pour nous offrir une musique qui s’écoute avec de gros écouteurs comme se goûte un vin bien vieilli. Il suffit de regarder la vieille Gretsch de James Edward Bagshaw ou encore sa magnifique Danelectro 12 cordes pour comprendre rapidement ce à quoi on doit s’attendre aux premières notes d’un album réalisé avec professionnalisme, modernisme et minutie.
Très personnellement, il me semble que la douce mélancolie et les couleurs musicales de chansons telles que Move with the Seasons ou Colours To Life, deux titres fort bien alignés au milieu de l’album constituent ce qui donne envie de toujours plus approfondir l’écoute d’un album qui s’écoute si bien en vinyle sur une vieille table allemande.
Si votre écoute de cet album vous fut agréable, il est certes une bonne nouvelle! Sachez que les Temples seront de passage au Cabaret du Mile End le mercredi 22 août accompagnés des Américains de The Districts. Le prix des billets en vaut la peine! Il en aura sans doute plus à lire sur Temples dans un futur proche!

LE PARLEUR

https://www.facebook.com/templesofficial?fref=ts

http://templestheband.com/

 

The Hunting Party!

J’aime quand un groupe repousse ses limites, qu’à chaque album on découvre quelque chose de nouveau.  Nous le savons très bien, plusieurs groupes ont de la difficulté à se renouveler, chaque album n’étant que la pâle copie de leur “Hits”.  Alors quand je vois un groupe se réinventer sur chacun de ses albums, je ne peux qu’applaudir la tentative, même si le résultat n’est pas toujours aussi parfait que ces fameux “Hits” qui nous font encore rêver.

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Sorti le 17 Juin passé, Linkin Park nous en mettent plein la vue cette année avec The Hunting party!  Le groupe avait eu la chance sur ses 3 derniers albums de travailler avec un producteur reconnu, Rick Rubin (RHCP, Tom Petty, AC/DC, SOAD, Audioslave…).  Cette fois ci, on a nul autre que Mike Shinoda lui-même à la production du party, une lourde tâche d’auto-production pour le groupe.  À chaque fois que je découvre un de leur nouveau single, je suis stupéfait, un son totalement différent, mais la même petite touche qu’ils ont qui permet de les reconnaître parmi mille.  En 2007 on nous offrait un album très profond, en 2010 on nous surprenait avec un album aux teintes majoritairement électroniques et en 2012 on redécouvrait un groupe qui semblait avoir retrouvé le goût des vieux succès avec Living Things.  Cette fois ci, The Hunting Party nous replonge 14 ans plus tôt, à la sortie de Hybrid Theory.  Le groupe avoue avoir posé un regard différent sur ce nouvel opus.  Un son plus lourd, des riffs imposants et une puissance vocale infaillible.  On reconnaît la formule qui les a fait connaître par le passé.

Fait intéressant sur cet album, les collaborations!  Rakim, Page Hamilton, Daron Malakian et Tom Morello.  Chacun d’eux amène sa touche au party, sans toutefois venir voler la vedette.  C’est ce qui rend ces collaborations aussi intéressantes.  On ressent que les musiciens ont travaillé de paire dans l’écriture des pistes.   La pièce instrumentale Drawbar en collaboration avec Tom Morello est le meilleur exemple d’une collaboration réussie. On assiste à un jam qui semble plutôt simple aux premiers abords mais l’on est transporté complètement vers Final Masquerade, une pièce qui nous fera revivre les meilleurs moments de l’album.  Nul besoin de plus, Tom Morello amène un minimum remarquable; un deux minutes qui suffit à nous faire dire “Oui!”.  C’est ce qui impressionne tout au long de l’album, on a envie de crier les paroles, on a envie de danser, on a envie de sauter!  Linkin Park a toujours été un band fait pour le live, et cet album ne fera pas exception.  Guilty All The Same, qui fut le single, mari à la perfection l’intensité de Chester avec le rap de Mike et Rakim.  Until it’s Gone a tout pour nous rappelé New Divide et What I’ve Done, évidemment elle fut sélectionnée en guise de single pour le nouveau Transformer.

Une production bien montée, des chansons entraînantes avec des morceaux qui nous permettent tout de même de relaxer.  The Hunting Party porte bien son nom, on sent un petit côté “hanté” dans cet album.  C’est ce qui fait son charme et qui nous pousse à l’apprécier.  Néanmoins, certains titres nous laissent un goût amer, parlons ici de War.  Ce titre aux sonorités punk rock ne fait que nous faire décrocher de l’ambiance créé plus tôt sur l’album.  Même après de nombreuses écoutes, je ne comprend toujours pas le rôle du morceau parmi les autres.  On est rapidement remis en haleine, Rebellion, All For Nothing, Wastelands et A Line In The Sand nous font oublier ce faux pas.  Somme toute, on est content d’entendre un album de Linkin Park qui s’oriente vers un son plus familier du groupe, qui nous avait habitué depuis quelques années à des albums un brin plus expérimentaux!  Le groupe passe le test, ils auront droit je crois à encore quelques années de gloire.  Des futurs has-been en venir?  Linkin Park devront encore nous montrer de quoi ils sont capables et continuer d’innover encore et encore.


LE FRÈRE

PS: Sachez que Linkin Park seront en show à Montréal le 23 août prochain au Parc Jean-Drapeau dans le cadre du Carnivores Tour avec Thirty Seconds To Mars et AFI.

 

Pink Floyd : un flot mélodique éternel qui transcende les générations.

bodypaintlg (2) Certains attendaient cette nouvelle comme l’arrivée du messie, comme l’impossible qui se présentait à leurs oreilles. Une chose est sure, c’est que l’annonce de la sortie du nouvel album de Pink Floyd The Endless River aura le mérite d’avoir fait jaser un peu partout dans le monde et ce sur à peu près toutes les plateformes médiatiques. Il semble évident qu’une telle nouvelle fasse couler autant d’encre et en fasse baver plus d’un, Pink Floyd a toujours su créer cet engouement, même avant 1973, l’année de la sortie du fameux Dark Side of the Moon. Pour les fans, ce qui est d’autant plus alléchant, c’est que The Endless River se constitue de musiques originales jamais entendues du public. On aura effectivement droit à un nouvel album studio de la part de Pink Floyd. Par contre, rien ne sert de s’emballer trop intensément et trop rapidement, c’est d’ailleurs un peu le but ce cet article. Quand on connaît ne serait-ce qu’un peu Pink Floyd, on sait pertinemment qu’ils trainent avec eux quelques démons. Le plus connu : celui de la chicane entre Roger Waters et David Gilmour. Aujourd’hui plutôt relayée à une ignorance respectueuse, on sait que le bassiste et parolier Waters ainsi que le compositeur et guitariste Gilmour on déjà rejoué ensembles à quelques reprises. On peut par exemple ici penser au Live 8 de 2005, le dernier spectacle de Pink Floyd en formation entière (bien évidemment sans Syd Barett, paix à son âme). Ensuite, Gilmour et Mason se sont également présentés un soir de 2011  à l’O2 Arena de Londres pour se joindre au grandiose spectacle The Wall de Waters. Malgré ces quelques mémorables retrouvailles, il est limpide que la participation de Roger Waters à The Endless River semblait d’ores et déjà une idée farfelue. Ainsi, comme on devait s’y attendre, il fut rapidement mis au clair que le bassiste ne participerait pas à ce dernier projet de Pink Floyd qui se fonde majoritairement sur des compositions datant de l’époque de Division Bell. Ceux qui sont calés en Pink Floyd sauront déjà que Nick Mason avait lancé l’idée d’enregistrer un album instrumental intitulé The Big Spliff après la sortie de Division Bell. Gilmour, Wright et Mason avaient donc commencé à travailler sur ce projet pour finalement l’abandonner peu de temps après. Cependant, et c’est là que tout devient intéressant. Richard Wright avait déjà enregistré une quantité considérable de matériel pour ce projet. Ces enregistrements, Gilmour et Mason les réutilisent en hommage au défunt claviériste pour nous arriver avec leur premier album studio en 20 ans. Ils auront remis la machine en marche comme si rien ne s’était arrêté (le titre de l’album y prend tout son sens d’ailleurs) en retournant au magnifique studio flottant de David Gilmour, l’Astoria (pour les intéressés, allez voir sur google, ça en vaut le coup). Cette nouvelle étant maintenant mise en place sur le blogue, nous pourrons maintenant suivre les déroulements de cet important mouvement dans le monde de la culture jusqu’au mois d’octobre quand paraîtra The Endless River. D’ici là, on ne peut que soulever des questions. On se doute bien évidemment que la musique sur ce prochain opus conservera la signature du Pink Floyd de la première moitié des années 90. Ainsi, on aura probablement droit à un album à caractère ambiant. La question à soulever de ce côté, et c’est sur celle-ci que je vais m’arrêter pour cet article : auront nous droit à la grogne de la nouvelle génération de mélomanes? Je m’explique. Il est clair qu’avec « les Internets » chaque nouvelle est accompagnée de son lot de haine de la part de bien des internautes. Le phénomène « électro-ambiant » est assez prenant chez beaucoup de jeunes amateurs de musique. Ainsi, respecteront-ils l’héritage d’un groupe pionnier dans l’innovation électronique et dans la structuration ambiante de la musique, ou lirons-nous un peu partout sur internet en octobre que The Endless River est un album à caractère ambiant comme s’en font bien d’autres de nos jours? Les gens ont parfois tendance à avoir la mémoire courte! C’est du moins une sortie que nous attendons tous impatiemment, reste à voir comment débutera la guerre entre haine et amour aveugle.

LE PARLEUR